« Le développement de la route doit être accompagné par un entretien efficace de la route afin de garantir sa durabilité dans le temps »

0
216

Pendant trois jours, Lomé accueille pour la première fois, une réunion du groupe focal Afrique de l’Ouest de l’association des Fonds d’entretien routiers africains. Pour parler des enjeux et des objectifs de cette rencontre qui démarre ce mercredi  et pour laquelle une quarantaine de participants venus d’une dizaine de pays sont attendus, mais également de sa société, FOCUS INFOS a rencontré le Directeur général de la Société Autonome de Financement de l’Entretien Routier ( SAFER), Sylvain Atoute OUTCHANTCHA. Lecture.

 

FOCUS INFOS : La Société Autonome de Financement de l’Entretien Routier (SAFER) et le Groupe Focal Afrique de l’Ouest (GFAO) de l’Association des Fonds d’Entretien Routiers Africains (AFERA) organisent du 25 au 27 septembre 2018 à Lomé (TOGO) la dixième réunion du Groupe Focal Afrique de l’Ouest (GFAO). Quels sont les enjeux de cette rencontre ?

 

Sylvain Atoute OUTCHANTCHA: Depuis les 8ème et 9ème réunions du GFAO de l’AFERA tenues en 2016 à Bamako et Conakry, notre groupe a affiché une ferme volonté de modernisation et de mutation profonde. C’est pourquoi, les assises de Lomé marqueront la consolidation du GFAO avec la mise en place d’un Secrétariat Permanent.

La nouvelle impulsion de notre groupe ne saura être une œuvre pérenne, si la double équation de « la problématique du financement de l’entretien routier» et de la garantie de la qualité des travaux d’entretien routier dans les pays du GFAO ne trouve pas une solution. C’est pourquoi cette 10ème réunion sera consacrée au partag des expériences en la matière.

 

F.I : Quels sont les résultats attendus de la réunion ?

 

SAO  :Au regard des objectifs assignés aux assises de Lomé, notre Groupe, au sortir de sa 10ème rencontre, devra s’assurer entre autres résultats que :

* Les mesures pour un meilleur financement de l’entretien routier et le mécanisme de la durabilité du réseau routier à travers la réalisation des travaux d’entretien routier de qualité sont clairement identifiés ;

* Le Règlement Intérieur du GFAO en projet depuis les précédentes rencontres est signé ;

* Le Cahier des Charges du Secrétariat Permanent du GFAO de l’AFERA est définitivement adopté

* Le partage de bonnes pratiques en matière d’entretien routier est renforcé.

 

F.I : AFERA, GFAO : Quelles sont les missions de ces organisations et peut-on faire aujourd’hui un bilan de leurs actions ?

 

SAO : Créée en 2003 à Libreville, au Gabon et pour siège à AddisAbeba, en Ethiopie, l’Association des Fonds d’Entretien Routier Africains (AFERA) qui compte aujourd’hui 34 pays membres est un réseau de partage de connaissances, d’échange d’expériences et de diffusion de bonnes pratiques. En un mot elle constitue un outil d’intégration sous régionale et africaine.

Les démarches pour la reconnaissance prochaine de l’AFERA en tant qu’institution spécialisée de l’Union Africaine, donnera à notre Association, les moyens de mutualiser nos efforts pour l’amélioration du réseau routier africain, par la recherche des financements conséquents au niveau international.

 

Quant au GFAO, il fait partie des quatre groupes focaux régionaux chargés de favoriser l’échange d’expériences entre les membres d’une même zone géographique, de faciliter la coordination des activités avec le Bureau Exécutif de l’AFERA et de plaider auprès des gouvernements des pays du groupe pour un accompagnement dynamique et efficace des fonds de chaque zone.

 

Il s’agit des groupes focaux de : i) l’Afrique Centrale, ii) l’Afrique de l’Est, iii) l’Afrique Australe et iv) l’Afrique de l’Ouest.

Les reformes qui ont conduit à la création des Fonds d’Entretien Routier et des Fonds Routiers, leurs ont fixé comme principal objectif, la mobilisation de ressources pérennes et suffisantes en vue d’assurer un entretien à hauteur du besoin du réseau routier africain.

 

Dans la plupart de nos pays membres, cet objectif n’est pas atteint, même si d’énormes efforts ont été enregistrés grâce à l’accompagnement de nos différents gouvernements. Nous devons être inventifs. C’est pourquoi, la rencontre de Lomé revêt une importance capitale pour les membres de notre Groupe, au regard des thématiques qui y seront débattues notamment « la problématique du financement de l’entretien routier» et « la problématique de la durabilité de la route et la  qualité des travaux d’entretien routier » dans les pays du groupe.

 

F.I :  Êtes-vous rassuré quant à la qualité de l’accueil de vos collègues ? 

 

S.A.O :La capitale Lomé offre non seulement un paysage rayonnant mais est habituée à abriter les grandes rencontres internationales. De ce point de vue, la rencontre sera un grand succès.

 

F.I : Comment se porte la SAFER ?

 

S.A.O : Ce dont nos compatriotes ont le plus besoin, c’est d’avoir un réseau routier praticable en toutes saisons. Nous l’avons compris et nous y attelons depuis la miseen place de la SAFERen 2013. Aujourd’hui nos actions parlent d’elles-mêmes. Même si nous reconnaissons qu’il reste beaucoup à faire, il est cependant nécessaire de reconnaître aussi que nous avons enregistré des avancées dynamiques. Et cela, les Togolais le savent. A cet égard, nous pouvons affirmer que la SAFER se porte bien et se portera encore mieux dans les prochaines années.

 

F.I :  Des projets à court et moyen termes ?

 

S.A.O :« La route du développement passe par le développement de la route » dit-on. Mais à cela, il faut ajouter que le développement de la route doit être accompagné par un entretien efficace de la route afin de garantir sa durabilité dans le temps. Pour ce faire, face à l’extension et à la modernisation du réseau routier togolais, la SAFER se doit de mobiliser davantage de ressources.

 

A cet effet, nos perspectives à court et à moyen terme consisteront d’une part, à explorer les voies idoines pour accroitre les ressources destinées à l’entretien routier, et d’autre part à utiliser de façon efficace et efficiente les ressources mobilisées pour des travaux de qualité. La SAFER a l’habitude de dire que lorsqu’elle décaisse 100 fcfa elle attend que les travaux d’entretien réalisés soient de qualité et aient une valeur effective des 100 fcfa.

 

Nous saisissons cette opportunité pour exprimer notre sincère reconnaissance au Président de la République Togolaise pour sa politique de développement de la route et son engagement à garantir son entretien régulier par la création du fonds d’entretien routier de 2ème génération doté d’autonomie administrative et financière, la SAFER.

 

Nous invitons tous les acteurs du secteur de la route des pays du groupe à renforcer leur soutien aux différents fonds afin de faire de ces fonds des  instruments à même de garantir la durabilité de la route.

Je vous remercie.

Commentaire

Commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

15 − six =