Le Togo en « mode  séduction »  à  Zhejiang (chine)

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C’est à Zhejiang, l’une des plus riches provinces et symbole du miracle économique chinois, que la délégation togolaise à la tête de laquelle se trouve le Chef de l’Etat Faure Gnassingbé, s’apprête à poser ses valises à partir de demain et pour 48 heures, au lendemain du sommet Chine-Afrique qui s’est tenu à Beijing du 03 au 05 septembre. Objectifs affichés : faire la promotion du Togo et attirer les investisseurs. Pour ce faire, politiques mais surtout opérateurs économiques privés nationaux ont été mobilisés et sont du voyage.

A partir 07 septembre, les officiels togolais entament à Zhejiang, une véritable opération de séduction envers les investisseurs de l’Empire du Milieu  pour les attirer dans notre pays. Le choix la 4è province chinoise en termes d’activités économiques n’est pas fortuit. Deux  fois plus grande que le Togo et presque 10 fois plus peuplée, elle est le reflet et l’exemple par excellence du miracle économique de la Chine. Anciennement l’une des plus pauvres, Zhejiang  a été façonnée et a connu un développement fulgurant surtout sous la direction de Xi Jiping, actuel Président de la Chine et anciennement gouverneur de la province. On parle d’ailleurs très souvent du modèle économique du Zhejiang qui combine des infrastructures ultra modernes et une ruralité, les deux s’appuyant sur une exceptionnelle place accordée à l’initiative privée, à la promotion de la petite et moyenne entreprise et à un dynamisme du secteur privé exceptionnel,  même à l’échelle d’un grand pays comme la Chine. « Au-delà de l’aspect symbolique de faire la promotion du Togo dans la « province » du président Xi, le choix du Zhejiang revêt un caractère exemplaire de développement et de transformation structurelle dont peut s’inspirer notre pays  », confie un membre de la délégation togolaise.

«  VENEZ AU TOGO »

«  Venez au Togo, c’est une destination sûre et intéressante » sera le leitmotiv de la délégation officielle lors du Business Forum qui  sera organisé à Zeijhang.  Parmi ceux qui ont fait le déplacement,  figurent bon nombre d’opérateurs économiques  issus de différents secteurs d’activités, notamment portuaires, l’énergie, les infrastructures, l’agriculture, les nouvelles technologies, le commerce, le textile etc…

Chaque année, la Chine accorde  au Togo une enveloppe d’environ 7 milliards de F CFA sous forme de don et de prêt sans intérêt.Elle est non seulement le premier fournisseur du Togo mais également l’un des plus gros contributeurs en matière d’aide depuis 2008.  Avec des investissements directs de l’ordre de 22.59 millions $ ces dernières années  et des projections affichant un montant de 260 millions $, la Chine est un partenaire  de choix pour notre  pays. Le  montant total représenté par le commerce bilatéral en 2014 était  de 2,56 Milliards  $ dont la part de l’exportation de Chine vers le Togo représentait  2,44 Milliards  $ tandis que le Togo y exporte  pour un montant de 167 millions  $ (contre 120 millions $ en 2013). En matière de contrats d’exécution de projet au Togo signés en 2013 et en 2014, le montant total s’élève à 43 millions  $ et 33 millions  $.  Depuis 2008,  ce sont près de 770 millions $ qu’ont représentés les 17 projets sur lesquels les sociétés Chinoises se sont positionnées. Au surplus, le niveau de l’appui économique et technique  au Togo a monté d’un cran ces dernières années avec les investissements massifs intervenus dans le domaine des infrastructures. De fait, selon  le gouvernement togolais, pour renforcer la coopération au bénéfice de notre pays, il est impératif que l’appui chinois soit orienté exclusivement vers le développement.

Dans ce sens, le Plan National de Développement (PND) adopté le 03 août dernier pour la période 2018-2022, devra être au cœur des négociations en vue d’identifier les axes prioritaires de l’intervention chinoise. Les retombées attendues sont de plusieurs ordres. D’abord sur le plan politique.  Au  moment où la Chine s’ancre encore plus comme le principal partenaire pour le développement de l’Afrique, tenir la promotion du PND dans ce pays  est un signal politique fort et le choix du Zhejiang vient confirmer ainsi cette démarche. On pourra ici noter que plusieurs pays d’Afrique ont fait le choix des pays occidentaux pour la promotion de leurs plans de développement notamment la France et la Belgique. Le choix de la Chine et de la province du Zhejiang est logique et fait du sens pour son impact global et sa capacité de réalisation concrète sur le terrain. Ensuite sur le plan économique. Les entreprises chinoises sont demandeuses d’opportunités en Afrique pour suivre le pas des investissements publics massifs que leur gouvernement a réalisés ses 20 dernières années sur le continent. Cela permet d’une part de  consolider   la stratégie même du grand concept de la « route de la soie »  pour le Togo, et d’autre part d’attirer des investisseurs privés chinois. Il n’y aura   pas de pression sur l’endettement de l’Etat. Le Togo a des atouts à offrir : par le biais d’un tel forum,  il pourra recueillir les exigences du secteur privé chinois pour l’accélération des réformes de son cadre règlementaire et institutionnel pour se rendre plus attractif et apte à absorber les initiatives d’investissements et de développement d’entreprises. En corollaire,  le secteur privé local pourra aussi être un des principaux bénéficiaires de ces améliorations à venir. Sur le plan social.      Le  message sera plus cohérent entre les différentes couches du Togo qui vont s’adresser aux Chinois et cela facilitera l’arrivée de ces derniers, leur installation ainsi que  leur intégration graduelle dans notre pays. Les rapports sociaux n’en seraient que meilleurs pour stimuler plus de coopération et de développement économique

REFERENCE AU PND

Aux investisseurs chinois, les officiels togolais comptent présenter la « bible » de notre stratégie et objectifs de développement sur les 5 prochaines années. Basé sur trois principaux axes, le PND ambitionne d’une part de mettre en place un hub logistique d’excellence et un centre d’affaires de premier ordre dans la sous-région, d’autre part  de développer des pôles de transformation agricole, manufacturiers et d’industries extractives ; l’impact économique de ces  deux axes permettant  de soutenir un troisième axe qui vise à consolider le développement social et renforcer les mécanismes d’inclusion.

Pour financer ce plan, le pays aurait besoin de 4 622,2 milliards FCFA. L’investissement public étant estimé à 35,1% de ce montant soit 1623,1 milliard FCFA, le gouvernement voudrait impliquer le secteur privé pour couvrir le reste, soit 2999,1 milliard de FCFA. D’où l’importance de ce Business Forum dont le Togo attend beaucoup. Ce rendez-vous sera marqué par la signature d’un partenariat stratégique avec des représentants locaux qui ouvrira la voie à des investisseurs chinois importants pour la mise en œuvre du PND. « Des opérateurs togolais entretiennent des relations très privilégiées avec des entreprises chinoises depuis des décennies. L’initiative du forum sur le PND qui regroupe le gouvernement et son secteur privé togolais est donc une aubaine pour le secteur privé non seulement dans le cadre du renforcement des liens avec des privés chinois et de la découverte d’autres opportunités,  mais surtout,  dans celui de  l’alignement des visions et de la stratégie entre le public et le privé » se réjouit un membre du bureau de l’Association des Grandes Entreprises du Togo (AGET).  « Cela facilitera la communion d’intérêts aux yeux des privés chinois :  plus d’attractivité de la place économique et de la destination Togo ne fera que du bien aux opérateurs privés que nous sommes » conclue-t-il.

DESTINATION SURE :

Des atouts, notre pays n’en manque pas. Faure Gnassingbé pourra vanter  la stabilité ainsi que la sécurité qui règnent au Togo, dans un contexte sous régional mouvementé avec des menaces multiformes. Le  Chef de l’Etat pourra  mettre  en avant l’assainissement des finances publiques, l’installation réussie progressive d’une orthodoxie financière ainsi que les réformes tous azimuts en vue d’une amélioration permanente du climat des affaires qui fait progresser chaque année le Togo, dans le classement Doing Business.  Avec un taux de croissance établi autour de 6/7%,  l’économie  togolaise est  bien intégrée grâce à  l’ appartenance du pays à des organisations sous régionales comme l’UEMOA et la CEDEAO. Ceci fait du Togo une porte d’entrée à un marché  de  plus de 300 millions de consommateurs. Face au goulot d’étranglement que constituent les insuffisances des infrastructures, l’indisponibilité des ressources financières et l’inadéquation des ressources humaines, Faure Gnassingbé  essaiera d’attirer les capitaux privés chinois ainsi que les investissements directs  pour contribuer au développement de l’économie togolaise, dans une recherche de solution commune. Et secteurs porteurs, le pays en dispose : infrastructures,  travaux publics, énergie, eau, nouvelles technologies,  télécoms, agriculture, agro-alimentaire,  mines  etc.

Selon nos informations, le  Président de la République bouclera sa tournée dans la province du Zhejiang par une visite des installations du géant en ligne Alibaba, de Hangzou Economic&Technological Development Area ainsi que d’autres entreprises.

La délégation présidentielle se rendra par ailleurs dans la province du Guangdong, 8e province économique du pays en vue de nouer des partenariats dans le secteur textile.

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