Le trafic des enfants a encore de beaux jours devant lui

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On les retrouve parfois dans le commerce du sexe, les réseaux de mendicité ou de racolage. Mais pour l’essentiel, les enfants victimes de trafic sont exploités dans le travail domestique qui semble le plus courant, dans le petit commerce ou encore dans les exploitations. Malgré la mobilisation à l’échelle internationale et les politiques menées par différents états, le phénomène ne connaît pas véritablement de courbes descendantes. Il connaît au contraire une ampleur inquiétante, notamment en Afrique Centrale et de l’Ouest.  L’absence de statistiques ne permet pas de le mesurer dans notre pays, même si les acteurs y intervenant confirment qu’il est alarmant.

La technique est simple, usitée et connue de tous ; mais elle marche presque toujours. Pour appâter les enfants et convaincre les parents de les laisser partir, les trafiquants leur font miroiter la réussite sociale, la fin de misère et de la pauvreté et parfois l’aventure, la découverte. Mais souvent au bout, c’est la désillusion.

C’est le cas d’Armand. Son histoire commence avec la rencontre d’un homme, un certain « Stanislas », croisé sur le chemin de l’école. Il avait alors 15 ans et était en classe de 3è dans un village situé à quelques kilomètres de Notsé. A lui et à sa famille, « Stanislas » avait promis un travail dans ses plantations. Bien rémunéré avec plein d’avantages. Après l’obtention de son BEPC, Armand quitte ses parents et se retrouve au service de l’employeur. Très vite, il va se rendre compte qu’il est loin de la vie qu’on lui a promise. Il travaillait sans relâche toute la journée dans la plantation et le soir, se transformait en  coursier pour «  Stanislas ». Au bout de 5 ans, lorsqu’il a voulu partir, il se rendit compte que l’épargne que prétendait lui constituer « Stanislas «  sur un compte avec son salaire n’a jamais existé. «  Retour donc à la case départ après 5 ans de perdues, traumatisé » se lamente Armand.

Quant à Rachel, aujourd’hui âgée de 19 ans, elle raconte comment dès ses 18 mois sa vie a basculé.

 

«Je n’avais que 18 mois lorsque ma mère revendeuse de poisson frais au port de pêche de Lomé m’a remis à sa marâtre qui partait pour le Bénin. Des années  passèrent et la grand-mère chez qui je vivais à Cotonou avant de décéder pris soin de changer mon nom et ma nationalité ce qui me coupa de tout lien familial au Togo. a sa mort, j’étais recueillie par un de ses proches parents. Là, j’étais devenue la bonne à tout faire dans la maison sous la maltraitance. Un jour ne pouvant plus  j’ai fugué. Dans ma fuite, j’ai été conduite à un commissariat qui m’a confié à une ONG de protection de l’enfance qui a organisé mon retour au pays.

Aujourd’hui j’ai pu retrouver ma famille et poursuis mes études dans une école privé grâce aux appuis que m’ont apporté les associations en charge de la protection de l’enfance …»

Qui est responsable ?

Pour l’assistance sociale du Centre KEKELI, Elisabethe MABANGI le premier responsable de la situation est l’Etat. Pour elle, il incombe à celui-ci de mettre en place des programmes de pédagogie et de sensibilisation sur le phénomène.

«  A l’heure où l’on parle d’éducation pour tous, le gouvernement devrait par exemple se rendre dans les marchés pour voir le nombre d’enfants déscolarisés ou analphabètes qui sont exploité par des individus mal intentionnés  ou parfois par leurs propre parents à  des fins lucratives » soutient-elle.

Certes, la société civile a son rôle à jouer. Mais il ne peut qu’être limité et d’appoint car c’est de la compétence régalienne de l’Etat de protéger les enfants » ajoute-t-elle.

Prise en charge :

La prise en charge des victimes du trafic des enfants intervient à plusieurs niveaux. Elle est d’abord judiciaire : parce qu’il existe au Togo un cadre juridique qui protège les enfants. La victime peut approcher la police pour se faire rétablir ses droits lorsqu’elle se sent abusée.

Elle est ensuite sociale : ici l’enfant bénéficie d’une écoute de la part de l’assistant social qui à  son tour,  aura pour mission de rassurer la victime, de la  mettre en confiance tout en élaborant avec l’enfant son projet de vie. Dans ce volet également, les enfants victimes d’abus sexuel ont droit à  une prise en charge sanitaire.

Elle est par ailleurs psychologique : il s’agit d’une consultation qui va détecter les traumatismes psychologiques. A la suite de cette analyse il est élaboré un projet thérapeutique pour  panser  les blessures psychologiques des victimes.

Elle est enfin éducative : pour cette phase, les  éducateurs qui vont essayer de rétablir les bases éducatives des victimes en vue de faciliter leur réinsertion sociale.

 

 

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