Les   enjeux du sommet sino-africain de Beijing

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Une quarantaine de dirigeants africains, dont le président togolais Faure GNASSINGBE se réunissent les 03 et 04 septembre à Beijing (Chine) autour du leader chinois XI JIPING, pour la troisième édition du forum de coopération sino-africain, le FOCAC, de retour en Chine, après celle  organisée en décembre 2015 à Johannesburg (Afrique du Sud). Elle sera l’occasion du bilan sur la voie du renforcement du partenariat entre le continent et l’Empire du Milieu et  débouchera sur un Plan d’actions conjoint entre la Chine et l’Afrique sur la période 2019-2021

Organisée autour du thème «  Construire ensemble une communauté de destin sino-africaine encore plus solide pour arriver à une coopération gagnant-gagnant », la 3è édition du FOCAC intervient quelques semaines après la tournée effectuée en  juillet dernier par le président chinois Xi Jiping dans un certain nombre de pays africains, et dans un contexte de guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis,  et au moment où plusieurs pays européens, notamment la Grande-Bretagne et l’Allemagne sont dans une offensive diplomatique et économique sur le continent. De fait, le sommet devra offrir l’opportunité aux dirigeants africains et chinois de faire le point de leur coopération et d’explorer les voies de leur renforcement. Il sera l’occasion pour la Chine de réaffirmer son engagement en faveur d’un partenariat nouveau en Afrique.

En effet, en 2015 à Johannesburg, une série de mesures avaient été annoncées à travers un plan triennal avec la promesse de 60 milliards de dollars d’aide (environ 36.000 milliards de FCFA). Ils étaient  destinés à financer dix programmes de coopération sur trois ans dans plusieurs  domaines notamment de l’agriculture, de l’industrialisation, de la réduction de la pauvreté, de la santé, de la culture, de la sécurité, de la protection de la nature ou encore du développement vert. Le FOCAC qui s’ouvre après-demain devra en faire le bilan.

GRANDE MESSE :

A l’issue du Sommet de Beijing, deux documents majeurs vont être adoptés. Il s’agit de la Déclaration de Beijing, dont le projet est intitulé : « Construire une Communauté de destin Chine-Afrique encore plus solide »  et le Plan triennal d’Action de Beijing 2019-2021. Le Forum de cette année s’est fixé plusieurs objectifs :réaffirmer l’attachement et l’appui du partenariat Chine/Afrique à l’ONU et lancer  un appel à la communauté internationale à œuvrer à l’application de l’Accord de Paris sur le Climat. Le sommet marquera son appréciation sur le dialogue promoteur entre les Etats africains et les pays émergents regroupés au sein des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), dont le dernier sommet s’est tenu au mois de juillet dernier à Johannesburg.  Les Etats africains et la Chine vont en outre  saluer l’ouverture à Beijing d’une Délégation Permanente de l’Union africaine au sein du corps diplomatique accrédité en Chine.

Outre les 54 délégations africaines de haut niveau attendues, le sommet verra la participation du Secrétaire Général de l’ONU, Antonio Guterres, de l’Union Africaine et de 26 organisations africaines et internationales. Sont prévus au programme 27 sideevents dont la 6e Conférence sino-africaine des chefs d’entreprise. Le point de départ se fera sous forme d’un panel de haut niveau  entre les dirigeants chinois et africains et les représentants des milieux d’affaires et des bailleurs de fonds. Au cœur des échanges, l’initiative chinoise baptisée «la nouvelle route de la soie ». Une coordination devra par ailleurs   être établie lors de ce Forum entre cette initiative  chinoise, l’Agenda 2030 du développement durable de l’ONU et l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

Pour rappel, en deux décennies, la Chine est devenue le partenaire économique le plus important pour l’Afrique. Non seulement le commerce sino-africain a été multiplié par 20, mais les investissements chinois ont passé la surmultipliée selon  un rapport publié en 2017  par   McKinsey Africa.

Les relations Chine-Afrique se sont accélérées au cours des dix dernières années, avec une croissance des échanges d’environ 20 % par an, tandis que les investissements directs étrangers progressent encore plus vite, à un rythme annuel de 40 %. Derrière ces chiffres, une réalité du terrain qui traduit une forte présence des entreprises chinoises. Elles opèrent dans de nombreux secteurs de l’économie africaine. Près d’un tiers sont impliqués dans la production, un quart dans les services et environ un cinquième dans le commerce, la construction et l’immobilier. Dans le secteur manufacturier, 12 % de la production industrielle de l’Afrique, soit environ 500 milliards de dollars par an, sont déjà gérés par des entreprises chinoises. Dans les infrastructures, la domination des entreprises chinoises est encore plus prononcée et elles revendiquent près de 50 % du marché de la construction sur le continent, indique le cabinet américain.

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