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Mme Myriam Dossou, DG de L’Institut National d’Assurance Maladie « 2017-2022 : focus sur la gestion spécifique du risque maladie et la maîtrise des coûts »

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L’Institut National d’Assurance Maladie (INAM) fait de l’accessibilité financière aux soins de santé sa priorité absolue. Myriam Dossou, directrice générale, sait que son institution a acquis un savoir-faire en gestion de risques maladie ainsi qu’ une connaissance approfondie de la demande et de l’offre de soins notamment des contraintes liées au mécanisme de tiers payant dans la prise en charge de ses bénéficiaires. Ce savoir-faire national renforcé ne peut que servir la prise en charge de nouvelles populations.

Marchés Africains : Comment fonctionne l’INAM et quelles prestations offre-t-il ? 

Myriam Dossou : L’INAM gère le régime obligatoire d’assurance maladie des fonctionnaires, des agents des collectivités locales, des retraités de la fonction publique et des militaires (en fonction et retraités). Établissement public doté de la personnalité juridique et d’une autonomie de gestion administrative et financière, il a été créé en 2011 par une loi dont les décrets d’application fixent les statuts, les relations avec les assujettis et le cadre de conventionnement avec l’offre de soins, définissent les mécanismes de financement et de recouvrement des cotisations et précisent que l’INAM peut se voir confier par le gouvernement toute autre mission en rapport avec son activité, donc prendre en charge d’autres groupes.

La gouvernance de l’INAM est assurée par un conseil de surveillance composé de cinq ministres et un conseil d’administration de douze membres composé à parité de représentants des employeurs et des travailleurs désignés par leurs organisations. Les délégations régionales sont passées de 6 à 7 avec l’ouverture d’un bureau à Kpalimé.

L’INAM couvre pour le cotisant et ses ayants droits (conjoint + 4 enfants) les frais de consultation, d’hospitalisation et de médicaments, les actes médicaux, chirurgicaux et paramédicaux, les actes d’analyse de biologie et d’imagerie médicale, les frais de prestations de soins liés à l’état de grossesse et à l’accouchement, les frais de vaccins obligatoires et enfin les frais d’appareillage.

Avec le tiers payant, l’INAM paie régulièrement sa part de 80 % aux prestataires de soins, ce qui lui vaut une fidélité des assurés et surtout la prise en charge sans interruption des prestations délivrées dans les centres de soins publics et privés. Les tarifs publics établis par le ministère de la Santé constituent le référentiel de base de l’INAM, auquel s’ajoute une liste d’actes de soins et de produits pharmaceutiques définie par l’INAM conformément aux textes.

À ce jour, l’INAM compte presque 300 000 bénéficiaires, avec environ 90 000 assurés principaux, certes moins de 10 % de la population du Togo et une catégorie qui n’est pas la plus démunie, mais qui reste ainsi à l’abri des grosses factures de soins et surtout a permis de développer une expertise nationale qui servira dans la prise en charge de populations moins nanties.

Quelles ont été les réalisations de l’INAM en 2015 ?

Myriam Dossou : L’année 2015 a surtout consacré nos efforts d’amélioration des services grâce à la performance de notre organisation. Nous avons mis à jour la liste des médicaments et des actes pour une prise en charge durable, en insistant sur le caractère curatif des médicaments et sur le pronostic vital de la maladie.

Nous avons initié la phase d’étude pour  un  saut qualitatif du système d’informations nécessaire au renforcement de la gestion du risque et la qualité des services. Nous avons aussi opéré une série de réformes internes et créé des outils de gouvernance essentiels : Un comité d’audit, une charte d’audit et un projet de cartographie de risques. En termes d’innovation, nous avons poursuivi l’amélioration  du dispositif de suivi des soins avec les carnets permettant aux médecins d’avoir une historique du patient.

Déjà, en 2014, en l’absence d’un système électronique pour réduire la fraude, nous avions élaboré un système de suivi des droits par des vignettes. L’année 2015 a été celle de la fin d’un premier cycle où s’est confirmée la croissance de consommation des soins, donc l’engouement pour le produit « Inam » et une satisfaction des « consommateurs ». Toutefois, il demeure de grands défis : maîtrise des coûts, gestion des risques (notamment la fraude par usurpation d’identité), sur-prescription et surconsommation.

Quel est pour le Togo l’enjeu de la création d’une couverture pour les classes modestes, et l’INAM en aura-t-il la charge ?

Myriam Dossou : La vision du chef de l’État est on ne peut plus claire : construire un modèle pérenne de financement de la couverture sociale pour tous sur des bases solides de solidarité et d’équité, dans un contexte où l’activité économique est majoritairement de type informel. Les groupes vulnérables sont les premières cibles, et les dispositifs de gratuité de soins et de prise en charge des indigents qui existaient avant l’INAM continuent de fonctionner.

Actuellement, l’INAM est l’assureur maladie de référence, celui qui a le réseau de conventionnement le plus vaste : près de 6 028 prescripteurs autorisés et 1 065 centres conventionnés.

Aucun autre acteur d’assurance n’a la capacité de gérer cela. Couvrir près de 300 000 bénéficiaires nous a permis de connaître les questions essentielles à se poser pour  étendre la couverture maladie et de réfléchir aux réponses les plus efficaces.

Les meilleures conditions sont créées au Togo pour mutualiser l’expérience des divers intervenants, optimiser les moyens de gestion mis en œuvre et utiliser les leviers adéquats pour plus d’équité et une meilleure redistribution des ressources mobilisées dans le cadre d’une assurance universelle. Il faut éviter la fragmentation et favoriser le regroupement afin que les services regroupés sous le vocable assurance maladie universelle soient mis en musique de  façon efficiente. Si nous convenons que la couverture dont vous parlez inclut la gestion des fonds, la gestion des risques pour le pilotage de l’équilibre technique et financier, l’identification, l’affiliation, l’immatriculation, le recouvrement des cotisations, le contrôle médical et la régulation, la gestion des référentiels médicaux de l’assurance maladie et les autres services administratifs, où voyez- vous l’INAM ?

Pour 2017, comment se déclinent les actions de votre feuille de route ?

Myriam Dossou : Pour la période 2017-2022, deux axes sont prioritaires : la consolidation et le renforcement de la gestion des risques maladie et la maîtrise des coûts. Nous participons activement à une réflexion déjà assez avancée sur l’inclusion de nouveaux groupes.

La refonte du système d’information est aussi une réponse à la problématique du contrôle interne et de la qualité totale. Ce projet d’envergure devra mobiliser les équipes dans les prochains mois, avec tous les aspects de conduite du changement et d’appropriation par les partenaires.

Il comporte un volet de carte santé biométrique multi applicative, les échanges automatisés, la dématérialisation, la gestion des données, les infrastructures, etc. C’est avec cet arsenal que sera constolidé le triangle  gestion du risque maladie- maîtrise des coûts-amélioration du service rendu aux usagers.

Parallèllement, il faudra développer des synergies avec l’offre de soin privée et publique, qui est aussi en pleine évolution, pour le volet prévention et mise à jour des réferentiels et des normes, afin d’offrir le meilleur de la qualité à nos assurés.

Source: Marchés Publics, Edition Togo, 

Hors série N°51 – Janvier 2017

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