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PERSPECTIVES ECONOMIQUES EN AFRIQUE 2018: Malgré les défis, le Togo sur la bonne voie

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La Banque africaine de développement ( BAD)  a dévoilé, le 17 janvier dernier en son siège à Abidjan, en Côte d’Ivoire, l’édition 2018 de son rapport annuel phare intitulé Perspectives économiques en Afrique. Ce rapport fournit des données clés pour analyser l’évolution macro-économique de chaque pays du continent au cours de l’année. Comme à chaque fois, le rapport Perspectives économiques en Afrique édition 2018 essaie d’apporter des innovations, dans un contexte où la crédibilité des rapports de grandes entités internationales est remise en cause. Zoom sur le rapport 2018 et sur ses prévisions en ce qui concerne le Togo dont l’économie, si elle a été stable ces dernières années risque d’être fortement perturbée par la crise socio-politique en cours.

La présentation du rapport Perspectives économiques en Afrique, édition 2018 de la Banque Africaine de Développement a été l’occasion pour l’institution de référence en matière de financement du développement en Afrique, de présenter des données tangibles sur les résultats et perspectives macroéconomiques à travers l’ensemble du continent.  Le rapport Perspectives économiques en Afrique fournit de nombreuses clés pour décrypter et comprendre les réalités socioéconomiques multiples des pays africains, grâce à des évaluations régulières, rigoureuses et comparatives. Il offre des prévisions à court et moyen termes sur l’évolution des principaux indicateurs économiques pour chacun des 54 pays d’Afrique, et fait le point sur les défis socioéconomiques et les progrès enregistrés. Le rapport contient les analyses des économistes de la Banque africaine de développement sur le développement économique de l’Afrique au cours de l’année écoulée et pour les années à venir. Perspectives économiques en Afrique est devenu l’un des rapports les plus importants et attendus de la Banque africaine de développement et une publication de référence pour tous ceux qui s’intéressent au développement de l’Afrique, qu’il s’agisse de chercheurs, d’investisseurs, d’organisations de la société civile, de partenaires au développement ou de médias.

Innovations

L’édition présentée le 17 janvier 2018 à Abidjan développe une analyse rigoureuse et exhaustive de l’état de l’économie africaine, et des profils pays, en détaillant les évolutions récentes majeures et les perspectives pour chacun des 54 États africains.

Nouveauté cette année : une série de rapports portant respectivement sur chacune des cinq sous-régions du continent sera bientôt disponible. Chaque rapport sera autonome et indépendant des autres, et mettra l’accent sur les enjeux et sujets de préoccupation propres à la sous-région dont il traitera, avec une analyse précise et rigoureuse de son environnement économique et social. Comme par le passé, l’ensemble des synthèses économiques et projections de croissance par régions sera mis à jour et publié en mai, lors des Assemblées annuelles de la Banque.

Performances togolaises

Selon la BAD, la croissance économique du Togo est estimée à 4,5 % pour 2017 contre 5 % en 2016. Projetée à 5 % pour 2018, elle pourrait atteindre 5,3 % en 2019, à condition que les précipitations restent favorables, l’agriculture étant l’un des principaux fondements de l’économie du pays. Il est vrai que le secteur primaire demeure incontournable dans l’économie togolaise, avec une contribution de 1,7 point de pourcentage à la croissance en 2017. En 2018–2019, le secteur tertiaire devrait bénéficier de la capacité du port de Lomé étendue grâce à l’installation d’équipements modernes de transbordement. La recrudescence des protestations politiques qui ralentissent l’activité économique depuis août 2017 pourrait entraîner une révision à la baisse de la croissance estimée pour 2017 et projetée pour 2018 et 2019.

Evolution des indicateurs macroéconomiques

En 2015–2016, l’État togolais s’est largement endetté pour financer l’investissement. La dette est passée de 73,3 % du PIB en 2015 à 79,2 % en 2016, dépassant le seuil de 70 % fixé par l’Union économique et monétaire ouest-africaine. Elle est suivie dans le cadre de la Facilité élargie de crédit 2017–2019 (FEC) du Fonds monétaire international (FMI) afin d’être ramenée à 69,9 % en 2019. Pour ce faire, l’État s’est engagé dans une politique de diminution des investissements publics, qui devrait réduire le déficit budgétaire de 9,8 % en 2016 à 4,7 % du PIB en 2019.

Le déficit du compte courant extérieur devrait s’améliorer de 9,7 % en 2016 à 6,8 % en 2019 grâce à la réduction des importations de l’État. L’inflation devrait avoisiner zéro (-0,3 %) en 2017. Combinée à une forte appréciation du franc CFA, elle devrait avoir un impact négatif sur les exportations. La Banque centrale poursuit donc une politique monétaire accommodante en fixant le taux d’intérêt directeur en dessous de 3 %.

Points positifs

Le programme lancé par le Togo en janvier 2017 au titre de la FEC vise à assainir les finances publiques. La première revue du FMI, effectuée en octobre 2017, a conclu que tous les critères de performance quantitatifs étaient atteints, et que les réformes structurelles étaient poursuivies.  En 2017, l’État a commencé à réduire ses investissements à 14 % en 2018, puis à 4,3 % en 2019. Cette diminution devrait mettre un terme aux mécanismes de préfinancement des investissements publics par le truchement des banques commerciales et atténuer ainsi la prédominance de l’État dans le financement de l’activité économique.  La principale source de création de richesses deviendrait l’investissement privé, avec un taux de croissance annuel supérieur à 10 % entre 2017 et 2019. En ce qui concerne l’amélioration de l’environnement des affaires, l’accélération des transferts de propriété pourrait encourager l’investissement privé, dont la part dans l’investissement total devrait évoluer de 52 % en 2015 à 60 % en 2017, puis 62 % en 2018 et 64 % en 2019.

Facteurs négatifs

« Le Togo a fait des progrès en matière de développement, mais la majorité de sa population n’en a pas encore tiré les dividendes », reconnait le rapport. Un Togolais sur deux n’a pas accès à l’eau potable et à l’électricité, 55,1 % de la population vit dans la pauvreté, et le pays ne compte qu’un médecin pour 14 500 habitants.

La formation fournie par l’enseignement supérieur public ne répond ni aux besoins du marché du travail ni aux problèmes de développement du pays. Celui-ci se classe 162e pour l’indice de développement humain du Programme des Nations Unies pour le développement, selon lequel 51 % de la population vit dans une pauvreté multidimensionnelle.

Dans un contexte marqué par la recrudescence de manifestations politiques, l’organisation d’élections législatives et locales en 2018, et éventuellement d’un référendum sur la constitution, pourrait ralentir l’activité économique.

 

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