PROGRAMME D’URGENCE DE DéVéLOPPEMENT COMMUNUTAIRE (PUDC) DES REALISATIONS ET DES RéSULTATS AU PROFIT DES COMMUNAUTéS.

0
1541

Ambitieux programme doté de plus 155 milliards de francs CFA (environ 258 millions de dollars US) et piloté par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Programme d’urgence de développement communautaire(PUDC) vise à améliorer de façon significative les conditions de vie des populations vivant dans les zones peu ou mal desservies par les infrastructures et services sociaux et économiques de base et la réduction des inégalités sociales au Togo.  Au cœur du quinquennat social promis par Faure GNASSINGBE, ses résultats  devraient permettre la réduction  des effets de la pauvreté  dans notre pays. 

Au lancement du PUDC, en écho aux ambitions assignées par le gouvernement togolais à ce programme,  Khardiata LO N’DIAYE, la représentante du Programme des Nations Unies pour le Développement ( PNUD)   au Togo avait déclaré que  « le développement n’attend pas, la demande sociale n’attend pas. Il est temps d’intensifier les efforts pour améliorer les conditions de vie de la population ». De fait, plusieurs infrastructures et ouvrages sont réalisés au profit des communautés pour des impacts à court terme. Ainsi, en janvier dernier par exemple,  Faure GNASSINGBE  a donné le coup d’envoi des travaux du pont sur le fleuve Alinmondji (préfecture d’Est-Mono, région des Plateaux).  Long de 124 mètres (ainsi que 11km de piste d’accès), il doit permettre de désenclaver la région. Pour un budget d’environ 4 milliards FCFA, l’ouvrage facilitera la vie des populations d’Alinmondji et de Nyamassila. Il sera possible de rallier très  rapidement le chef-lieu de la préfecture de l’Est-Mono, Elavagno, ville enclavée.

A Guérin-Kouka en novembre, ce fut le lancement des travaux de construction de 406 km de pistes rurales et de la pose de la première pierre du grand marché de cette ville. Les quatre pistes rurales vont relier les localités  de Alloum-Broukou-Namon (20km); Namon-Guérin Kouka (25km) ; Guérin Kouka-Kidjaboum (20km); Kidjaboum-Katchamba (14,7km). Des pistes qui naturellement seront faites en terres en y mettant de la qualité, avec du matériel technique adéquat pour être durable au service des populations.

Les objectifs ici sont multiples : l’interconnexion des pistes au réseau routier va à la fois faciliter la mobilité des populations et favoriser de nouvelles opportunités économiques. Il fluidifiera  également l’acheminement des produits vers les lieux de stockage ou de vente, améliorera l’accessibilité des services sociaux de base et revenus des populations dans l’optique d’une dynamisation des économies locales.

A terme, le PUDC permettra  le désenclavement de plus de 100 localités. Les pistes traverseront 31 agglomérations localisées dans les cinq régions du pays. Dans sa composante 1, c’est la construction et la réhabilitation de plus de 2500 kms de pistes rurales qui sont prévues sur la période 2016-2018 dont 406 km pour la première phase avec une enveloppe globale de onze milliards soixante-trois millions trois cents dix-sept mille  quatre cents cinquante-trois mille francs  (11. 63 317 453 F ) CFA . En effet, le pays dispose aujourd’hui de 10308,6 kms de routes dont 65% de pistes rurales. Surtout, la distribution du réseau routier national est marquée par le déséquilibre d’une région à une autre. Il s’agit donc pour les autorités, afin de favoriser le développement de l’économie à l’échelle des communautés rurales, de combler le gap et le désenclavement des localités.

De fait, le PUDC grâce à la réhabilitation et la construction des pistes rurales, a déjà permis  le désenclavement de plusieurs agglomérations du pays, la praticabilité des pistes rurales en toutes saisons,  la réduction de la pauvreté par la facilitation des échanges des produits locaux entre les différentes localités, marchés nationaux et régionaux, l’accessibilité aux populations, plusieurs services et équipements socio-économiques comme la santé et l’éducation.

Les pistes rurales permettent par ailleurs  aux populations de profiter des potentialités que leur offre la zone et des infrastructures socio-économiques situées sur une route. Une interconnexion entre les populations des villages et la capacité des populations rurales pauvres d’accroître leurs revenus via les nouveaux débouchés.

C’est aussi d’assurer une meilleure connectivité intérieure du pays pour permettre une réduction des coûts de production et des pertes substantielles de produits agricoles périssables et pour garantir un meilleur accès aux marchés et services sociaux de base et aux centres touristiques.

Le développement agricole est important pour la croissance économique dans son ensemble et la réduction de la pauvreté, et les infrastructures rurales sont cruciales pour la réalisation ou l’accélération du développement agricole. La relance des investissements pour la construction de nouvelles infrastructures rurales et l’entretien de celles existantes est nécessaire au développement économique et à la réduction de la pauvreté dans les pays pauvres.

L’investissement en infrastructures rurales est intensif en capital pour les prix agricoles bas. Cependant, sans ces investissements, une grande partie du monde continuera à ne pas pouvoir contribuer de manière significative à la croissance économique ; une large part de la population actuelle et future du monde sera reléguée dans la pauvreté, dans la faim, et dans la misère humaine ; et les détériorations dans le capital et la stabilité.

Le but final est de mettre en place ce qu’on appelle des communes motrices.

TEMOIGNAGES 

En visite à Lomé la semaine dernière, l’Administrateur principal du PNUD, Mme Helen CLARK  est allée sur le chantier de l’une des pistes rurales en construction, pour en apprécier l’état d’avancement des travaux. Il s’agit de l’axe Davié-Assomé-Kovié-Noépé. Située à l’ouest de Lomé avec un linéaire de 24km, cet axe après réhabilitation, devra permettre la  revitalisation de  l’économie locale en désenclavant la zone ainsi que l’acheminement des produits maraîchers par les producteurs vers les marchés avoisinants.

Selon les témoignages recueillis par l’équipe de FOCUS INFOS sur place, cet ouvrage changera le visage socio-économique des communautés concernées.  « Bien souvent, le mauvais état des voies d’accès fait  que nous n’arrivons pas à écouler nos produits. Les transporteurs fixent des tarifs prohibitifs à cause de la pénibilité des voies. De même, peu d’acheteurs s’aventurent jusqu’à chez nous et les courageux qui y parviennent, fixent eux-mêmes les prix d’achat au vu des difficultés rencontrées. Au final, nos revenus sont faibles », nous a confié Da Amah, une exploitante rizicole. « La réhabilitation de la piste est un soulagement et apporte un bonheur inouï. Nos ventes vont certainement s’améliorer ».

SOUTIEN INDEFECTIBLE DU PNUD. 

Le PUDC  est exécuté par le PNUD à la demande du gouvernement.

«Le PNUD accompagne les pouvoirs publics dans la mise en œuvre de cette politique sociale » rappelle  la représentante résidente de l’institution onusienne au Togo,  Khardiata LO N’DIAYE.

C’est également le PNUD qui en est le principal bailleur, avec près de   155 milliards de FCFA mis sur la table. « Nous  mettons  toutes nos capacités et nos  ressources en œuvre pour que ce programme sur lequel beaucoup d’espoirs sont fondés,  puisse être un vrai succès. Nous sommes rassurés par l’engagement des structures ministérielles et leur bonne compréhension de l’intervention du PUDC », indique Mme LO N’DIAYE.

A Kovié,  Mme Clark  a vanté « un partenariat solide et les réformes courageuses engagées par le pays »  et souligné que le PNUD était à un tournant décisif’ de sa coopération avec le Togo. « Je sais que le président de la République a mis l’accent sur le volet social. Le PUDC est un programme novateur que nous menons ensemble » a-t-elle déclaré.

Règle d’or de l’accompagnement du PNUD dans le cadre du PUDC, la pérennisation par un transfert de compétences à la partie nationale pour assurer une relève de qualité à la fin de la mission, mais aussi, une approche territoriale et une intervention sur l’ensemble du territoire.

Outre le PNUD, d’autres partenaires accompagnent le programme. Notamment l’Agence Japonaise de Coopération Internationale (JICA) qui a annoncé une enveloppe de 6 milliards de FCFA.

LE PUDC, POUR QUOI FAIRE ?

« Pour lutter contre la pauvreté, plusieurs formes d’intervention ont été mises en œuvre par le gouvernement. Nous avons obtenu des résultats avec une baisse de la pauvreté entre 2006 et 2015. Mais nous constatons, vous constatez que la pauvreté ne recule pas aussi massivement ni aussi vite qu’espéré », a estimé Faure GNASSINGBE, Président de la République à Mandouri (à l’extrême nord du Togo) au lancement fin juin dernier du Programme d’Urgence de Développement Communautaire (PUDC). 

Le programme a donc été pensé et mis en place par le gouvernement togolais pour accélérer la lutte contre la pauvreté et réduire les inégalités sociales. Seront réalisées dans son  cadre, des infrastructures socio-économiques de base, notamment des bâtiments scolaires, des cliniques mobiles, des points de forage d’eau, des pistes rurales… Les acteurs nationaux et locaux verront leurs capacités institutionnelles renforcées. Le mécanisme  fait également la part belle au développement de l’entrepreneuriat rural et à un système de géolocalisation des infrastructures et équipements.

« Les différents rapports montrent que la pauvreté a connu une baisse au Togo entre 2006 et 2015 (58,3%). Toutefois, cette dynamique positive n’occulte pas la nécessité d’intensifier les efforts déjà en cours surtout dans le milieu rural et la périphérie des grandes villes où continue à se concentrer la pauvreté » avait  déclaré pour sa part, la Représentante résidente du PNUD au Togo, Mme Khardiata LO N’DIAYE.

« Je suis convaincu que le premier facteur de cohésion sociale, c’est l’inclusion sociale. Nous devons tout mettre en œuvre pour une croissance effective et inclusive. Une croissance qui ne laisse personne sur le côté et qui touche tous les territoires de notre pays », a renchéri le Chef de l’État.

De fait, le PUDC  se structure autour de quatre composantes principales :  la réalisation des infrastructures socio-communautaires, les bâtiments scolaires, les cliniques mobiles, les points de forage d’eau, les pistes rurales (1), le renforcement des capacités des populations (2), l’entrepreneuriat rural (3) et la géolocalisation (4).

L’atteinte des ODD au centre des préoccupations

Le 25 septembre 2015, les pays ont adopté  un ensemble d’objectifs de développement durable (ODD) pour éradiquer la pauvreté, protéger la planète et garantir la prospérité pour tous dans le cadre d’un nouvel agenda de développement durable. Chaque objectif a des cibles spécifiques à atteindre dans les 15 prochaines années. Le PUDC a été calqué sur les ODD.

Plan triennal (2016–2018), le PUDC vise primo, à renforcer l’accès des populations aux infrastructures et équipements socio économiques de base, secundo à développer les capacités techniques, organisationnelles des acteurs publics, privés et communautaires, impliqués dans l’offre de services sociaux et économiques au niveau national et local, tertio à promouvoir l’entreprenariat rural et local, renforcer la productivité des populations rurales, valoriser la production agricole à travers l’accès  aux techniques de production et de transformation, et faciliter l’accès aux services financiers et enfin à développer et mettre en place un système d’information géo référencé des infrastructures et équipements sur l’ensemble du territoire couplé au système de suivi évaluation du Programme. Un système qui devrait permettre de suivre et mesurer les progrès du PUDC et de servir de référence unique pour les institutions chargées du pilotage de la politique économique et sociale du pays.

Selon le document de base du programme, il devrait bénéficier aux populations des zones rurales et péri-urbaines peu ou mal desservies par les infrastructures et aux couches défavorisées et vulnérables, notamment les femmes, les jeunes et les groupements communautaires dans une approche fondée sur la participation, l’implication, l’appropriation nationale et l’autonomisation des bénéficiaires.

Il faut dire que les populations bénéficiaires ont été au centre du processus d’élaboration du programme. Ce sont elles mêmes qui ont exprimé leurs différents besoins dans le cadre du programme aux émissaires du gouvernement qui ont noté une « large adhésion et une participation massive des populations. »

Recadrage stratégique 

En conseil des ministres le 23 mars dernier, le gouvernement a modifié le décret N° 2016-003/PR du 03 janvier 2016 relatif au Programme d’urgence de développement communautaire (PUDC). « Pour la mise en œuvre du PUDC, il est prévu un cadre organisationnel de coordination et de supervision. A la mise en place effective du comité de pilotage tel que prévu par le précédent décret, il s’est avéré nécessaire de placer ledit cadre organisationnel et de supervision à un niveau stratégique, Présidence de la République, pour assurer un suivi des actions. Ce comité est désormais présidé par le Premier ministre et composé des ministères techniques concernés par le programme », indique le communiqué final du conseil des ministres, avant de conclure que le décret vise « à corriger les faiblesses organisationnelles et structurelles constatées et à favoriser une implémentation plus rapide et plus efficiente du programme pour le plus grand bien des populations. »

C’est donc ce nouveau comité qui aura pour mission de piloter le programme au niveau stratégique. C’est dire que le gouvernement suit de près le projet, et travaille à y apporter des améliorations stratégiques pour le plus grand bien des populations.

Commentaire

Commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

deux × 1 =