QUE DE TEMPS PERDU !

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Sauf revirement de dernière minute, le dialogue inter togolais devrait s’ouvrir  le 15 février prochain à Lomé, comme l’ont annoncé  les  ministres  de la Sécurité nationale du Ghana  Albert Kan-Dapaah  et  d’Etat de la Guinée  Tibou Kamara, représentant leurs chefs d’Etat respectifs, aux termes d’un communiqué rendu public le 1er février dernier à l’issue de leur séjour de 48 heures à Lomé.

Beaucoup, et nous en sommes, ont appelé  le mois d’août dernier, dès le début et au plus fort de la crise, à des rounds de discussions entre les acteurs, pour résoudre les questions fondamentales que posait cette énième période de troubles que connaissait notre pays. A l’heure où toutes les parties prenantes, sous la facilitation d’Alpha Condé et de Nana Kuffo Addo, se sont accordés pour s’asseoir autour d’une table, nous sommes  fort légitime à nous en réjouir. Mais que de temps perdu en atermoiements, alimentés par des postures radicales et populistes, sans aucune prise avec la réalité et qui au final,  auront  coûté cher au pays, en beaucoup de points de vue.

Cependant, mieux vaut tard que jamais, dit l’adage.  Il  faut donc espérer que des solutions pérennes concluent  ces  assises pour sortir définitivement le Togo des  turbulences cycliques. Ce ne sera pas de la sinécure. Les expériences passées incitent à la prudence.  Et les calculs politiciens des uns et des autres, à quelques mois d’élections importantes, peuvent venir rapidement doucher l’enthousiasme qui a suivi l’annonce du dialogue dans le pays, lassé il est vrai par cette crise interminable aux dégâts trop importants

D’ores et déjà, la pression est mise par leurs sympathisants sur certains leaders de l’opposition, contre qui est chantée la petite musique de la trahison. On leur reproche d’avoir assoupli leurs positions initiales relativement à la tenue d’un éventuel dialogue, qu’ils n’envisageaient que dans le cadre d’un départ négocié de Faure Gnassingbé.

Il faut dire qu’en campant des postures jusqu’au-boutistes au plus fort de la crise, ces responsables de l’opposition  ont insulté l’avenir, créant eux-mêmes les conditions d’une incompréhension,  face à ce qui est aujourd’hui un revirement à 180° de leurs positions. Au surplus, ils vont entrer dans une nouvelle séquence, celle  du  dialogue, alors que la mobilisation s’est affaiblie.  C’est le moment pour eux , au cœur de la vague et face à l’adversité y compris de leurs propres militants, de faire preuve de maturité et de responsabilité. Mais pour réussir le pari d’une sortie de crise définitive, il faudra l’engagement et la bonne foi de leurs adversaires. Le pouvoir doit donc donner de signaux au cours des rounds de discussions, de sa disponibilité à opérer les réformes dans une démarche qui préserve le vivre ensemble et les intérêts du pays.

Le temps presse. Si l’on ne peut rattraper celui qui est perdu, il serait irresponsable cependant de continuer à en perdre.

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