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Robert Dussey : ‘Nous pensons que le PND a aujourd’hui un partenaire sérieux qui est la Chine’

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La capitale chinoise a abrité les 3 et 4 septembre, le septième Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC), rencontre à laquelle ont pris part plusieurs chefs d’État africains dont le Président Faure Gnassingbé. La Chine va débloquer 60 milliards de dollars supplémentaires au développement économique des pays africains, a promis président chinois Xi Jinping.

Déjà lors du sommet Chine-Afrique, tenu en 2015 à Johannesburg, M. Xi avait annoncé une enveloppe de 60 milliards de dollars d’aide et de prêts pour l’Afrique.

Dans une interview à des journalistes et publiée par l’Agence savoirnews,  le ministre togolais des affaires étrangères Prof. Robert Dussey est largement revenu sur cette grande rencontre, axée sous le thème: »La Chine et l’Afrique: construire ensemble une communauté de destin encore plus solide par la coopération gagnant-gagnant ».

 Monsieur ministre, le septième Forum sur la coopération sino-africaine appartient désormais au passé. Vous avez suivi les débats et même conduit la délégation togolaise au dialogue de haut niveau entre les Chefs d’État et le secteur privé chinois et africain. Quelles sont aujourd’hui, les retombées de ce sommet pour le Togo ?

Prof. Robert Dussey : Il faut d’abord noter que ce Forum a été un succès pour tout le continent africain et pour la Chine, et surtout pour la participation du président de la République Faure Gnassingbé qui, dans son intervention a noté des points essentiels. Vous savez que depuis que les chefs d’État et de gouvernement africains et chinois se retrouvent pour discuter des questions qui les concernent, il n’y a jamais eu un mécanisme de suivi et d’évaluation des différentes décisions qui sont prises. Donc sur  plan politique, le président Faure Gnassingbé, lors de son intervention, a proposéun mécanisme d’évaluation pour le suivi des décisions du focac. C’est ainsi que les chefs d’État africains et chinois ont décidé de la mise en place de ce mécanisme d’évaluation et de suivi pour permettre à la partie africaine, de contribuer aux résultats que nous attendons de ce Forum. Ainsi, les retombées pour le Togo sont à la fois politique, diplomatique et économique.

Sur le plan politique et diplomatique, c’est l’impression que le président de la Républiquea partagée avec ses pairs sur la mise en place de ce mécanisme d’évaluation et de suivi.

Le sur le plan économique, nous avons énormément de projets avec la Chine. Aujourd’hui, nous avons le Plan National de Développement (PND) et la contribution de la Chine pour ce Plan est très importante, vue toutes les actions qui doivent être menées dans le cadre de ce Programme.

Nous attendons que la Chine puisse nous apporter un soutien important. Mais il faut également noter que le PND est d’abord un programme togolais, donc c’est à nous (en tant que togolais) de présenter des projets qui doivent rentrer dans le cadre des discussions que nous aurons avec la Chine. Il y aura bien sûr des questions touchant l’agriculture, les infrastructures, l’éducation, la santé, la formation professionnelle et technique.

Nous pensons que le PND a aujourd’hui un partenaire sérieux qui est la Chine et nous verrons dans les jours à venir, comment le gouvernement mènera des discussions avec la partie chinoise pour avoir une contribution très importante de la Chine, afin de réaliser ce PND pour le bonheur des populations de notre pays.

Dans son discours lors de la première session de la table ronde de haut niveau des chefs d’État et de gouvernement à l’occasion du septième « Forum sur la coopération sino-africaine, le président Faure Gnassingbé a fait un plaidoyer en faveur des jeunes du continent, en ce qui concerne le +transfert de la technologie+.

La question de +transfert de technologie+ est une vieille question, elle n’est pas seulement entre la Chine et l’Afrique. Elle est également entre l’Afrique et tous les pays occidentaux. Les chinois disent qu’ils sont prêts à aider le continent africain dans ce domaine. Mais, il faut noter qu’il y a deux documents qui ont été adoptés lors de ce septième Forum sur la coopération sino-africaine: la déclaration de Beijing et le plan d’action de Beijing.

Dans le plan d’action, il est prévu un transfert de technologie. Mais je vous dis la vérité, il revient aux africains et à nous togolais, d’être prêts à recevoir ce transfert de technologie, parce que les formations seront faites, et il faudrait que nous puissions également être disponibles à accepter ces formations. Mais nous sommes optimistes, parce que nous bénéficions déjà de beaucoup de bourses sur la Chine et nous pensons qu’avec ce transfert de technologie, les étudiants togolais et les jeunes cadres togolais des différents ministères qui viennent en Chine, auront beaucoup davantage à bénéficier de la technologie chinoise, afin de travailler pour le Togo.

Pour le plan triennal (2019-2022/ Plan d’action du Forum sur la coopération sino-africaine), quelles seront les actions concrètes à mener jusqu’au prochain sommet ?

Vous savez, c’est décision continentale africaine. Et ce qui est important, c’est ce que nous, togolais, entendons tirer de l’annonce faite par le président chinois: 60 milliards de dollars donnés aux pays africains. Ce que nous devons Ce qui se fera dans les jours à venir, c’est bien sûr les projets que nous allons introduire. Ce plan triennal n’aura de sens que par rapport aux projets. Et pour nous, ces projets entrent dans le cadre du PND (qui s’est donné le défi de faire du Togo, la « plateforme économique par excellence » dans la sous-région).

Toujours dans son discours, le président togolais a insisté sur certains principes notamment le respect mutuel, la sincérité qui caractérise les relations entre l’Afrique et la Chine. Quel est au fait la particularité de la coopération entre l’Afrique et la Chine par rapport à la coopération avec d’autres structures ou d’autres pays ?

Je pense que s’il y a un forum entre les pays africain et non africains dans lequel toute l’Afrique se sent vraiment à l’aise, c’est le +Forum sur la coopération sino-africaine, parce que la particularité de l’échange entre l’Afrique et la Chine est liée au fait que les chinois ont une autre vision du monde: c’est d’abord le multilatéralisme, essentiellement un soutien au développement du continent africain.

Vous savez que la Chine est le plus grand pays en développement et le continent africain est le continent qui comprend beaucoup plus de pays en développement. Donc, africains et chinois sont sur la même longueur d’onde et l’aide que la Chine apporte au continent africain est une aide vitale. Les chefs d’État et de gouvernement africains n’ont pas hésité à féliciter le président chinois pour l’annonce faite. Ils savent qu’avec la Chine (aujourd’hui), on peut assurer un développement nettement meilleur, par rapport aux autres partenaires. Il ne s’agit pas de négliger ou de penser que les autres partenaires ne nous soutiennent pas. Le soutien de la Chine est déterminant pour le développement du continent africain, parce que les chinois connaissent mieux nos réalités. Et les chinois se passent parfois de certaines leçons que nous recevons de nos partenaires. Je crois que ça met à l’aise tous les chefs d’État et de gouvernement et ça met à l’aise tous les africains, parce qu’avec la Chine, on peut discuter et dans ces discussions on parle de business. Chez les chinois, la coopération est basée sur le principe win /win (gagnant-gagnang). Donc, il n’y a pas de problème, et c’est sans complexe que les chefs d’État africains travaillent avec la Chine, parce qu’elle est le partenaire qui comprend mieux les réalités africaines.

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