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STARS IN AFRICA: Jeunesse et entrepreneuriat à l’honneur à Nairobi

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La première édition du forum « Stars in Africa » a réuni les 06 et 07 mars derniers à Nairobi (Kenya) 800 entrepreneurs de 50 pays d’Europe et d’Afrique pour mettre en valeur les acteurs clefs de la formation, l’emploi et l’entrepreneuriat des jeunes. L’idée en a été lancée lors du 6e Forum des affaires UE-Afrique qui a eu lieu  le 27 novembre dernier 2017  à Abidjan (Côte d’Ivoire). Organisée par le  Mouvement des Entreprises Françaises ( MEDEF) à travers le Active Growth & Youth Programs ( AGYP), et soutenue par plusieurs partenaires dont Emergence Capital de notre compatriote Edem TENGUE, la rencontre  s’est tenue dans l’un des incubateurs les plus connus d’Afrique, le iHub. Les initiatives et réformes en cours  pour l’amélioration du climat des affaires  au Togo ainsi que pour  la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes,  ont été entre autres portées par monsieur  TENGUE, au cours du workshop intitulé « Train et undertake ».

A l’ouverture du forum annoncé comme la plus grande rencontre des acteurs du secteur privé dédié à l’entrepreneuriat des jeunes en Afrique, le Président de la République du Kenya  a réaffirmé la volonté de son pays de continuer à favoriser la création d’emplois, en faisant appel aux investisseurs publics et privés.« Aidez-nous à créer des emplois pour endiguer la migration », a ainsi déclaré Uhuru Kenyatta, en s’adressant à la délégation du Medef, à l’Union européenne et au président de l’Organisation internationale des employeurs. Le numéro un kényan a dit croire en un partenariat gagnant-gagnant entre le Kenya et la France, entre l’Afrique et l’Europe. Il a fait le parallèle entre cette initiative et la vision pour l’emploi des jeunes et l’entrepreneuriat qu’il s’est fixé comme priorité pour son nouveau mandat. Plusieurs acteurs clefs de son gouvernement se sont impliqués dans les discussions multilatérales et ont contribué à l’état d’esprit défricheur de la rencontre. Pour sa part, monsieur Pierre Gattaz, président du MEDEF a souligné l’importance d’ouvrir cette première édition dans un incubateur qui reflète l’énergie de l’écosystème entrepreneurial kényan, source de nouvelles opportunités business.  « Nous avons à apprendre de l’Afrique, nous avons à apprendre du Kenya » a-t-il lancé.

De fait, des rencontres B to B,  des séances plénières, des « masters classes ou encore des « keynotes » ont meublé les deux jours du forum. Au menu du thème central «  making youth the pillar of inclusive and sustainable growth of the African continent »  ( faire de la jeunesse le pilier d’un développement durable et inclusive du continent africain), les questions relatives à l’accès aux financements, à la structuration même des entreprises pour être rentables ou encore à  la sacro-sainte question de l’adéquation entre la formation et les besoins en termes de compétences pour entreprendre ont été débattus.  Dans les panels,   des politiques, des institutionnels, des dirigeants de grandes entreprises, mais également ceux de PME-PMI ou encore des startupers, «  des profils divers d’intervenants de très haut niveau, des gens passionnants » a relevé Léonard Cox, un des dirigeants du  Medef. « Le but du jeu, c’est que les patronats s’engagent avec nous dans une dynamique ; qu’ils accompagnent les startups et les jeunes », a plaidé monsieur Cox. Ajoutant : « Nous sommes là pour faire des deals, apprendre des méthodes pour se lancer dans entrepreneuriat. Stars in Africa se veut très pratique à la différence d’autres forums où on est juste là pour se rencontrer. Nous, ce que nous voulons c’est qu’il y ait des actions concrètes qui en ressortent. Nous voulons signer une charte pour engager les chefs d’Etat pour la liberté d’entreprendre. »

COUPE DU MONDE DES IDEES :

Interrogé par Focus Infos à la clôture du forum, le directeur du projet auprès de la présidence du patronat français a estimé que cette première fut un véritable succès, aussi bien par le nombre et la diversité des participants ( 800 participants venus de 50 pays d’Afrique et d’Europe, et 30 patronats représentés) , mais aussi par le contenu des échanges. «  Pendant deux jours, nous avons échangé sur la manière de créer de l’emploi pour les jeunes à travers l’entrepreneuriat , dans tous les secteurs….Mais aussi sur les voies et moyens de permettre aux jeunes de s’exprimer avec toutes les possibilités et potentialités  qu’offre le monde moderne » a indiqué monsieur Pierre Arlaud. «Ce qu’il faut retenir des chefs d’entreprises présents à Nairobi, est leur capacité à faire à la fois du business, tout en apportant un plus à la société » a –t-il relevé. Tout en espérant que chaque participant ait saisi l’opportunité du forum pour faire du networking, tisser des liens, mais surtout, qu’il rentre chez lui avec beaucoup de nouvelles idées : «  stars in africa, c’est la coupe du monde des idées » a –t-il conclu.  Réalisé avec l’appui de partenaires locaux, français et internationaux, et ainsi que de jeunes bénévoles, ce forum a mis en lumière les solutions concrètes de diverses communautés participantes ( dont des 5 entreprises venant du Togo : Maersk Line et  Emergence Capital avec Edem Tengué, les start ups  Togo Choco de Komi Agbokou  et  Togo Timati d’Ismaël Tanko, Focus Yakou de Jean-Paul AGBOH , ou encore l’expert-comptable Valère Honyigloh)  pour une croissance inclusive. Cette approche conjointe de l’action économique et sociétale des entreprises a révélé les atouts et la valeur ajoutée du dialogue entre tous les acteurs de l’entrepreneuriat d’Afrique et d’Europe.


Aboubacar Karim, le jeune providentiel de l’agriculture connectée en Afrique

Ingénieur agronome de formation et diplômé de la prestigieuse Université de Laval (Canada), le jeune entrepreneur ivoirien Aboubacar Karim, âgé de 22 ans, fait partie des rares jeunes africains à implémenter les nouvelles technologies à l’agriculture. Et la recette marche. Moins de 12 mois après le lancement de sa start-up technologique Investiv, dont il est co-fondateur, le bébé a déjà à son actif des reconnaissances et des prix qui font pâlir plus d’un : 50.000 dollars US de subvention apportée par le Gouvernement ivoirien, boursier du programme de la fondation Tony Elumelu, le Grand Prix 2017 de la CGECI Academy  (Confédération Générale des Entreprises de Côte d’Ivoire), le patronat ivoirien, etc.

Croisé dans les allées du Senteu Plaza de l’Ihub de Nairobi ce mercredi 7 mars au cours du Forum Stars in Africa organisé par le patronat français le Medef (Mouvement des entreprises de France), Karim a partagé avec nous sa jeune expérience dans le domaine, lui qui a délaissé le Canada pour rentrer au pays pour vendre du poulet et des vêtements jeans pour réunir des fonds afin de se lancer en entrepreneuriat.  Aboubacar Karim promeut une agriculture hyper-connectée en Afrique.

Demandez-lui ‘que veut-il apporter à l’Afrique ?’.  Il vous répondra sans hésiter et sûr de lui-même : ‘Bâtir le futur de l’agriculture africaine en mettant l’agriculture de précision à disposition des petits et moyens producteurs’. Et tous les moyens sont bons pour ce faire, et même ceux qui étaient impensables jusqu’à ce qu’il ne le fasse : utiliser des drones dans l’agriculture en Afrique.

‘Aujourd’hui, notre start-up dispose de drones qui ont la possibilité, en un vol, de détecter sur les parcelles, les zones les moins fertiles, les moins hydratées ou même de faire le diagnostic des maladies phytosanitaires qui sévissent… Une technologie qui permet à l’agriculteur d’être plus efficace dans sa manière de gérer ses ressources et intrants et d’optimiser son travail’.

Elle permet également à l’agriculteur de connaître les limites exactes de sa parcelle ce qui permet d’éviter aussi les différends terriens entres producteurs, et même de faire la simulation prévisionnelle des récoltes, poursuit-il. ‘La dernière innovation de notre start-up est la possibilité donnée à des exploitants agricoles qui résident à l’étranger de garder un œil et de faire un suivi de leur exploitation. Et ce, grâce à une plateforme que nous avons développé en ligne où il y a des rapports de visite agronomique, et même la possibilité d’effectuer une visite de son champ avec des images en 3D grâce à des casques de réalité virtuelles’.

L’Agro-business de A À Z

Même si le modèle économique de sa start-up semble être basé sur l’utilisation de drones et des technologies, fort de ses atouts d’ingénieur agricole, Karim s’est également positionné sur la chaîne de l’agro-business : de la production à la commercialisation.  ‘Pour diversifier le modèle, nous livrons des intrants agricoles après évaluation de leur qualité aux producteurs que nous suivons, explique-t-il. Et ce n’est pas tout, nous avons également développé une marque pour permettre d’écouler la production de ces plantations pour leur permettre d’optimiser les revenus’.

‘Finalement, nous nous retrouvons dans un modèle circulaire où nous aidons le producteur depuis la production jusqu’à la commercialisation’, conclu-t-il. Aboubacar Karim, un jeune qui sait surmonter ses difficultés entrepreneuriales Les difficultés n’épargnent aucun entrepreneur. Et Aboubacar Karim n’a pas fait exception. Mais celui-ci a su les surmonter pour construire son entreprise. Des expériences qu’il n’hésite pas de partager comme ‘ses leçons entrepreneuriales’ avec ses congénères. Les défis rencontrés au lancement de l’entreprise ont été de divers ordres, nous dit-il.

Au niveau du financement, nous avons pu palier cette situation en vendant des produits où l’investissement n’était pas élevé pour pouvoir engranger des fonds pour ensuite l’investir dans le projet entrepreneurial. ‘J’ai par exemple vendu des vêtements jeans, des poulets, et fait de petits métiers pour avoir des bénéfices et ensuite l’injecter dans le projet’.

Le second défi a été celui de la nouvelle technologie. ‘Sous nos cieux, les gens ne sont pas toujours réactifs aux nouvelles technologies et pour cela, nous avons dû faire beaucoup de promotion de notre entreprise pour montrer que les drones peuvent être utilisés en agriculture ce que beaucoup ne croyaient pas’. «Notre jeune âge a failli nous coûter à nos débuts  puisque les gens pensaient qu’on manquait d’expérience. Ce que nous avions pallié par le travail bien fait et les bons résultats pour les clients qui nous ont fait confiance au début».

Eviter l’incantation, élargir son réseau, se former : ses crédos

Malgré le début promoteur, Karim garde la tête sur les épaules. Pour lui, d’autres jeunes peuvent autant faire comme lui s’ils ont une grande vision. ‘Il faut penser le futur et éviter de se limiter’, défend-il. Il est important de ne pas se limiter à la seule incantation « Je vais faire, je veux faire ». Il faut réellement démarrer. Il faut commencer, car c’est ce qui vous permettra de connaître les réalités du domaine dans lequel vous voulez évoluer. Même si c’est difficile, il faut persévérer’.

Le jeune entrepreneur reconnaît également l’importance du réseau.’ Il faut élargir son réseau, car c’est un atout qui vous permet d’avoir des conseils de devanciers, du financement, etc.’.

‘Au-delà de tout, il faut se mettre dans une logique de formation et avoir les bases de la gestion d’une entreprise en l’occurrence, la comptabilité, la gestion de sa ressource humaine, le management. Car, un entrepreneur n’est pas forcément un manager. Mais pour monter l’entreprise et la faire grandir, il faut allier style d’entrepreneur et être un manager’.

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