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VŒUX A LA NATION : Faure Gnassingbé garde la main

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Connu pour sa parole rare, le président Togolais, Faure Gnassingbé a dans son discours de vœux à la nation prononcé mercredi dernier, dressé un bilan presque positif au terme d’une année 2017 marquée par des manifestations populaires qui réclamaient son départ, avant décliner des perspectives prometteuses.

« L’année 2017 a permis à notre pays d’enregistrer des succès qui méritent d’être reconnus et renforcés en vue d’en élargir la portée et les retombées », a déclaré le chef de l’Etat.

« Conformément aux engagement pris, j’ai veillé avec le gouvernement à l’intensification de nos efforts d’assainissement des finances publiques, et un accent particulier a été mis sur la rationalisation des dépenses. Le déficit primaire s’est ainsi amélioré, avec une incidence positive sur la réduction de la dette publique », a-t-il notamment fait savoir.

Par ailleurs, indique le président Togolais, « l’amélioration des conditions de vie de nos concitoyens et la diversification des mécanismes de soutien de l’Etat aux couches les plus vulnérables de la population sont restées des préoccupations constantes ». En guise d’exemple, a-t-il dit « une attention particulière a été portée à l’inclusion sociale à travers des programmes ambitieux et volontaristes, dotés des moyens adéquats », selon Faure Gnassingbé.

« Je considère comme des signaux encourageants, le dynamisme observé dans la prise en charge par les communautés à la base des questions de développement. Il en est de même des premiers bons résultats notés dans le secteur de la santé, quelques mois après l’introduction de la gestion contractualisée dans les structures pilotes d’Atakpamé et de Blitta », s’est-il réjoui.  Toutefois, reconnait le chef de l’Etat, « si des avancées ont été réalisées dans plusieurs secteurs, l’animation de la vie politique, en revanche, n’a pas toujours été à la mesure de la profonde aspiration du peuple togolais à la concorde et à la paix ».

Le dialogue et un référendum en vue

« Le Togo a fait le choix de la démocratie. Cela implique une architecture institutionnelle stable, qui se conforte progressivement en s’adaptant aux évolutions légitimes souhaitées par le peuple. Il implique aussi que l’ensemble des acteurs politiques accepte de se conformer aux règles, et d’exercer ses prérogatives dans le respect des droits et libertés de tous les citoyens »’ a rappelé le président togolais. Il a appelé les Togolais à ‘transcender leurs divergences’ pour faire évoluer le cadre institutionnel et politique, tout en préservant le tissu social. Et pour lui, seul le dialogue peut permettre de retrouver le chemin du progrès.

S’agissant justement des réformes constitutionnelles (limitation du mandat présidentiel et modification du mode de scrutin), Faure Gnassingbé a souligné que c’était au peuple, seul détenteur de la souveraineté nationale, de se prononcer sur ces réformes. Autrement dit par voie référendaire. « Le Togo mérite que chacun d’entre lui nous donne le meilleur, a-t-il poursuivi. Et le meilleur en mon sens, c’est de valoriser, entretenir et préserver les acquis, puis d’œuvrer à améliorer l’existant en opérant les réformes qui s’imposent dans le respect des principes de l’Etat de droit et de la démocratie.

C’est dans cette optique, que j’ai pris au mois de septembre dernier avec le gouvernement l’initiative de proposer à la représentation nationale une révision de la Constitution, qui limite désormais à deux le nombre des mandats présidentiels et législatifs, et qui introduit, pour l’élection du président de la République, un mode de scrutin uninominal à deux tours. Conformément à notre loi fondamentale, c’est maintenant au peuple togolais tout entier, seul détenteur de la souveraineté nationale, qu’il appartient de se prononcer librement. « Dans l’Etat de droit que nous construisons, nous ne pouvons pas prétendre substituer des voix plus autorisées au suffrage universel », a-t-il martelé.

 

Les jeunes au centre des perspectives

Une rencontre présidentielle pour les jeunes togolais a été également annoncée par le chef de l’Etat, Faure Essozimna Gnassingbé, dans son message. Elle permettra au Président togolais de recueillir les attentes des jeunes et de débattre, avec eux, des différents projets qu’il compte mettre en œuvre pour cette couche. Pour le chef de l’Etat Faure Esozimna Gnassingbé, la jeunesse togolaise, connue pour son dynamisme et son engagement, mérite d’être soutenue et accompagnée. Et il demeure persuadé « que les solutions les plus pertinentes aux problématiques de l’éducation, de l’emploi et de l’insertion des jeunes sont celles qui sont nourries » par les réflexions et contributions des jeunes, indique-t-il.

Comme projets annoncés par le Président Faure Gnassingbé pour les jeunes, figurent ceux relatifs à la récompense du mérite scolaire, au renforcement de l’autonomie, et à l’appui à l’entrepreneuriat. Plus loin, indique le chef de l’Etat, un quota allant jusqu’à 20 % pour les entreprises des jeunes et des femmes dans l’attribution des marchés publics ainsi qu’un allègement des procédures à ces derniers sont prévus. Abondant dans le sens de l’importance de la formation professionnelle pour les jeunes, le Président Faure Gnassingbé indique qu’un « accent sera mis sur la qualité de la formation professionnelle, car c’est d’elle que proviennent les outils et compétences nécessaires à une réelle participation des jeunes au développement ».

Comme mesure concrète annoncée, dix nouveaux instituts de formation, à l’instar de l’Institut de Formation pour l’Agro-Développement (IFAD) dont les travaux de construction ont démarré en début du mois de décembre 2017, seront créés au cours des cinq années à venir. Ces instituts formeront pour des domaines à grand besoin de main d’œuvre tels que la logistique, le bâtiment, les transports et le numérique.

Un faisceau d’annonces qui rassureront, sans doute, les jeunes togolais en ce qui concerne la prise en compte de leurs préoccupations dans la politique sociale du mandat en cours du chef de l’Etat togolais, Faure Essozimna Gnassingbé.

 

« On veut des actions »

Réagissant sur la radio BBC, le leader du Parti national panafricain (PNP), Tikpi Atchadam dit ne pas comprendre le président togolais dans son mouvement.

« Il dit une chose et son contraire, il avance dans son discours et il recule, je ne saisis pas son mouvement », a-t-il lancé avant d’ajouter que le chef de l’Etat a exprimé sa volonté de discuter avec eux mais, poursuit-il, « la main tendue du président est une main armée ».

Pour le prouver, l’acteur politique de l’opposition évoque la continuation des arrestations et des violations de droits de l’homme et des enlèvements et il y a encore, selon lui, cent (100) personnes arrêtées lors des manifestations pacifiques et qui croupissent en prison.

« Les mesures d’apaisement pour lesquelles le président guinéen, Alpha Condé a travaillé, ne bougent pas. Il a seulement libéré des imams et c’est tout », regrette M. Atchadam. A la coalition des 14 partis politiques de l’opposition, on a foi au processus de négociation conduit par les présidents guinéen et ghanéen et on s’attend en ce début d’année à ce que toutes les mesures d’apaisement seront réalisées pour que le dialogue puisse être effectif. « La balle est dans le camp du pouvoir qui ne veut pas bouger ; il parle du dialogue et en même temps, il en a peur », estime Tikpi Atchadam.

Monsieur Faure Gnassingbé est venu provoquer les Togolais. Il ne propose pas la solution, mais il l’impose’, estime pour sa part Eric Dupuy, l’un des responsables de la coalition de l’opposition.

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