Apnée du sommeil : Une maladie mortelle qu’on peut éviter

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Une personne qui ronfle bruyamment souvent durant son sommeil, fait l’objet de moquerie de la part de ses proches. Pourtant, elle développe une pathologie appelée syndrome d’apnée du sommeil (SAS). Très fréquente chez beaucoup de personnes, elle est peu connue comme une maladie respiratoire à risque. Généralement observée chez des personnes en surpoids, l’apnée du sommeil est une suspension momentanée de la respiration, caractérisée par des pauses respiratoires pendant le sommeil. Ces pauses respiratoires durent environ 10 secondes et peuvent parfois dépasser 30 secondes chez certains. Elle devient une complication et nécessite une prise en charge immédiate dès lors que la pause respiratoire se produit plus de 5 fois par heure. Dans certains cas, elle survient jusqu’à plus de 30 fois par heure. Cette pathologie touche essentiellement les hommes de la trentaine. Selon des études, 5% à 10% de la population mondiale en souffrent.

En dehors du ronflement bruyant, les personnes souffrant de l’apnée du sommeil ont la plupart du temps, un sommeil très agité qui se traduit par une fatigue au réveil,  des maux de tête, une somnolence excessive durant la journée et des céphalées matinales.

Les causes Les causes de cette pathologie  sont de deux ordres. D’abord obstructive (principale cause). Elle relève du surpoids,  des troubles métaboliques et  de l’hypertrophie locale. Dans ce

cas,  on assiste à un relâchement de la langue et des muscles de la gorge, qui ne sont pas assez toniques et bloquent le passage de l’air lors de la respiration. «Ainsi, la personne tente de respirer, mais l’air ne circule pas à cause de l’obstruction des voies respiratoires », explique Dr Kougnaglo François. Ce relâchement excessif concerne surtout les personnes âgées, dont les muscles sont moins toniques. Chez les personnes obèses, l’excès de graisse au cou diminue le calibre des voies respiratoires. « L’autre cause est neurologique. Ce qui est une anomalie du contrôle de la respiration par le système nerveux. Nous parlons en ce moment de l’apnée

centrale du sommeil », nous informe le Dr Kougnaglo. Cette cause plus rare, est due à un mauvais fonctionnement du cerveau, qui cesse de communiquer avec  les muscles respiratoires. Dans ce cas, contrairement aux apnées obstructives, précise le médecin, « la personne ne fait pas d’effort respiratoire ». Cette cause est souvent observée chez les personnes atteintes d’une maladie cardiaque ou neurologique comme la méningite et la maladie de Parkinson.

L’usage de somnifères, de narcotiques ou d’alcool est également un facteur de risque. «La prise de l’alcool à un degré donné avant le coucher provoque une diminution des facultés qui empêche les voies respiratoires de réagir normalement. Car quand vous prenez l’alcool jusqu’à l’ivresse, l’organisme ne contrôle plus rien », informe le docteur.

Pathologie à risque méconnue par les Togolais

À court terme, les personnes atteintes de l’apnée du sommeil ressentent  la fatigue, des maux de tête, de l’irritabilité. Si la pathologie n’est pas traitée, elle provoque chez les personnes qui en souffrent, la dépression, l’hypertension artérielle, et  d’autre troubles comme les cardinaux vasculaires et infarctus du myocarde. En effet, l’apnée du sommeil augmente de façon importante le risque de maladie cardiovasculaire. Car chaque pause respiratoire entraîne un déficit d’oxygénation du cerveau, et chaque micro-réveil brutal provoque une augmentation de la pression artérielle et du rythme cardiaque. Ainsi, les apnées sont associées à un risque accru de problèmes cardiovasculaires, tels que : hypertension, accident vasculaire cérébral, troubles du rythme cardiaque et insuffisance cardiaque. Le risque de mourir subitement pendant le sommeil est alors possible. La fatigue et la somnolence que provoque l’apnée du sommeil, diminuent à long terme la qualité de vie des personnes atteintes et souffrent souvent de dépression et

d’isolement. Beaucoup de Togolais souffrent  également de cette pathologie mais ignorent  son existence et les risques possibles. D’après les études réalisées par Dr Adambounou et ses collaborateurs pneumologues au CHU Sylvanus Olympio, en Janvier 2017, la triade cardinale du SAS (Syndrome d’Apnée du Sommeil)  au Togo est de 16,33 chez les hommes et 5,46 chez la femme. D’après Dr Kougnaglo, cette affection étant méconnue  au Togo,  la prévalence n’est pas encore établie sur la base des enregistrements  polysomnographie ???

Un risque évitable Le syndrome d’apnée du sommeil est l’une des pathologies dont la prise en charge exige d’importants investissements financiers. « Le coût du traitement est élevé et n’est même pas disponible au Togo », révèle Dr Kougnaglo. Une étude réalisée par Dr Adjoh et ses collaborateurs, précise que le coût de la prise en charge directe est de 201,23 Euros soit 132.000 francs CFA. Et le coût direct lié au traitement est de 1.475.000 de francs CFA soit 35 fois le SIMG du Togolais. Pour éviter tout risque, il est conseillé des activités physiques régulièrement pour réduire  le surpoids qui en est le principal facteur de risque. Il est aussi recommandé de bien manger pour éviter l’obésité et la prise d’alcool avec modération avant le coucher.

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