Au sein de la C14, c’est « tu me tiens, je te tiens…. »

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Ce n’est pas encore une clameur. Mais on n’en est plus très loin. Les rumeurs qui circulaient depuis plusieurs jours soutenant  l’analyse de plusieurs observateurs selon laquelle,   la C14 finirait par adhérer au processus électoral en cours, viennent d’être corroborées par un cadre des Forces Démocratiques pour la République (FDR) : KohanKidékiyime Binafam. D’après  le secrétaire national chargé à l’administration de cette formation politique, certains partis membres de la coalition s’apprêteraient bien à participer aux élections législatives prévues le 20 décembre prochain. 

C’est dans un appel « au peuple togolais » publié sur les réseaux sociaux, que KohanBinafam informe que «  selon une source digne de foi, certains partis membres de la C14 s’apprêteraient à abandonner les revendications légitimes du peuple togolais pour accompagner le RPT-UNIR aux prochaines élections législatives… » Selon cet ancien cadre du CAR, «  le prétexte que ces partis ont trouvé, c’est de ne pas laisser le RPT-UNIR aller à ces élections avec les faux opposants que nous connaissons tous ». De fait, ils tenteraient de convaincre toute la C14 de se contenter d’un arrangement de dernière minute comme en 2013 avec le pouvoir qui, en contrepartie, devrait accepter ouvrir une nouvelle de recensement pour deux ou trois jours. Si cette information se confirmait, ce serait un véritable retournement de situation ; la C14 ayant maintes fois soutenu qu’elle ne s’inscrirait  dans le processus en cours que si ses revendications étaient satisfaites : redécoupage électoral, recomposition de la Cour constitutionnelle, 8 des 17 sièges de la CENI etc…

L’ANC se libère-t-elle ?

Ce qui se joue à la C14 n’a  rien de surprenant. Cette coalition formée sur le tas et de façon conjoncturelle regroupe des formations politiques d’inégale audience. En effet, entre l’ANC et ses 16 députés et Les Démocrates de Habia Nicodème dont on peut difficilement identifier les cadres et  les militants, il y a aucune commune mesure sur le plan d’assise, d’implantation et de représentativité nationales.

De fait, si le parti de Jean-Pierre Fabre a tout à perdre d’un boycott des prochaines élections (notamment le statut de chef de file de l’opposition, ses sièges à l’assemblée nationale, une exposition médiatico-politique certaine… tout cela concourant à en faire un interlocuteur privilégié sur l’échiquier politique togolais), ce n’est pas  le cas de la grande majorité des formations membres de la C14. Hormis le CAR dans la zone ouatchi (Yoto et Vo), l’ADDI dans les Savanes et le nouveau venu le PNP, tous les autres partis, y compris la CDPA de Brigitte Adjamagbo-Johnson pourtant présidente du regroupement,  n’ont quasiment aucune chance d’obtenir des sièges lors du prochain scrutin, en se présentant sous leurs propres et seules couleurs. Leur intérêt est donc la poursuite de la crise et le boycott.

Il n’est donc pas surprenant que les premières salves de critiques viennent de monsieur Binafam dont le parti ne peut espérer que très modérément un quelconque siège le 20 décembre prochain.

Le chantage à la trahison, légitime par ailleurs au vu des déclarations et des positions imprudentes et démagogiques antérieures,  que brandissent les autres composantes de la C14 à l’endroit des participationnistes présumés est donc destiné à les dissuader dans leur démarche. Le voyage prévu demain chez le facilitateur Alpha Condé en Guinée devrait faire bouger les lignes et conforter l’ANC et les autres. A moins que les « petits partis » ne prennent finalement le dessus dans ce jeu de mano-à-mano. Ambiance ambiance……

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