Blanche comme la pierre

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Jean-Paul AGBOH,Directeur de Publication Focus Infos

Pour une rare fois ces dernières années, la prise de la pierre sacrée s’est déroulée sans incidents. Ce rite séculaire qui en est à sa 356è édition, a consacré une pierre  blanche ; comme ses devancières de 2017 et 2018. Le Togo  devra ainsi bénéficier d’un climat de paix, au terme de la symbolique de cette couleur. Les cérémonies qui ont précédé le rite ont d’ailleurs servi d’occasion aux prêtres d’invoquer les mânes des ancêtres à qui ils ont demandé une pluie de bénédictions sur notre pays.

Après la crise politique que nous avons connue en 2017 et qui a été à l’origine d’importants préjudices au vivre ensemble ainsi qu’à notre économie, il est bien rassurant d’entendre ce type de message, qu’on croie ou non à ces traditions ancestrales. Surtout à quelques mois d’échéances majeures notamment la présidentielle, qui sera pour la première fois depuis longtemps, à deux tours. Et lorsqu’on sait les tensions que ce scrutin est susceptible de provoquer en Afrique, tout ce qui concourt à créer un climat apaisé ou à pacifier les discours et attitudes dans la période pré-électorale, est le bienvenu. En effet, seuls les Cassandres y trouveraient matière à  circonspection, voire au  rejet.

En toute hypothèse et pour l’heure, c’est une bonne nouvelle de constater que les signaux sont au vert en beaucoup de points de vue. Le personnel politique,  peut-être sonné pour la plupart  d’entre eux par des choix hasardeux et inefficaces, est en pleine remise en cause, et pour les plus sérieux, en phase de reconstruction. Ce qui ne laisse pas place à la conception d’aventures révolutionnaires,  ni à des tentations insurrectionnelles. Le front social est tout aussi calme. A quelques jours de la rentrée scolaire, tout indique qu’elle se déroulerait sans anicroches  ni débrayages surprises. Grâce à la diligence et aux promesses tenues du gouvernement qui a compris l’enjeu de l’éducation et l’importance du respect de la parole officielle donnée.

Mais aussi, grâce aux syndicats qui ont fait preuve de sens de responsabilité et de disponibilité au dialogue, comprenant par ailleurs que l’époque de l’Etat providence est révolue et que le budget d’un pays n’est pas extensible à volonté. Ils ont par ailleurs  fait le ménage aussi bien dans leurs rangs que dans leur motivation, refusant désormais une proximité avec ceux qui voulaient les instrumentaliser pour obtenir par les salles de cours, ce qu’ils n’ont pas pu dans l’hémicycle ou dans la rue. Pour l’instant, tout va bien donc. Pourvu que ça dure.

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