“Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose”

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Victoire DOGBE, Premier Ministre du Togo

Tout est parti la semaine dernière d’une intervention à l’Assemblée nationale, réunie pour débattre de la demande du Gouvernement d’une prorogation de l’état d’urgence.  Alors qu’elle répondait à une question du président du groupe parlementaire NET-PDP Gerry TAAMA, le Premier Ministre Mme Victoire DOGBE a insisté  sur la nécessité pour les Togolais de se faire vacciner massivement, afin   que le pays atteigne l’immunité collective, seul gage d’un retour quasi-total à la « vie d’avant », attendue par tous.

Parlons-en! Une chronique de Jean-Paul AGBOH AHOUELETE

Très vite, se sont répandues  sur les réseaux sociaux, des informations selon lesquelles, la Cheffe du gouvernement aurait déclaré vouloir utiliser le cas échéant, des vaccins périmés pour éviter le gaspillage des fonds publics alloués à l’approvisionnement des vaccins. Le démenti formel du député TAAMA, avec publication des grandes lignes de la réponse de Mme DOGBE n’y changeront rien. Encore moins le communiqué du Gouvernement qui, en substance et de façon subtile, rappelle le contenu de la déclaration du Premier Ministre. La rumeur se répandit comme une traînée de poudre, reprise par des auto-proclamés leaders d’opinions, de prétendus lanceurs d’alerte, et sans surprise, par les opposants pavloviens, planqués derrière leurs ordinateurs.  Même quelques figures du paysage public et de la classe politique de l’opposition, considérées comme plus sérieuses, se sont laissées embarquées, de plein gré pour certains,  dans cette intoxication ignoble, faisant d’une femme à qui on peut tout reprocher sauf son  cynisme et son  manque d’humanité, l’initiatrice d’une campagne d’inoculation de vaccins périmés.

Pourtant, si on peut regretter par moments une communication gouvernementale clair-obscur sur le débat relatif à la vaccination, que ne facilitent  pas des sorties parfois hasardeuses et contre-productives de certains ministres, l’intervention   de l’ancienne directrice de cabinet de Faure Gnassingbé, ne souffrait d’aucune ambiguïté.  Et ne devrait pas prêter flanc à une interprétation aussi légère que calomnieuse. «Le Togo dispose actuellement de stocks de vaccins qui vont au-delà du million de doses. D’autres sont en cours d’acheminement, car le pays en a commandé 4 millions, pour 20 milliards FCFA. L’objectif du Gouvernement est d’amener les populations à prendre ces vaccins, car il n’y a pas d’autres solutions pour lutter contre le virus. Il n’est pas question d’acheter des vaccins et de les jeter après, pour cause de péremption. Nous ne souhaitons pas jeter les vaccins comme certains pays qui ont été obligés de le faire, faute d’une campagne vaccinale réussie. » Tels sont en substance les propos de Mme DOGBE, ainsi que l’ont rapporté les nombreux députés  présents à la séance, tout comme les médias. Pour peu qu’on soit de bonne foi, on l’aura compris, le Premier Ministre souhaite la mobilisation des Togolais autour de la campagne vaccinale pour atteindre l’immunité collective, afin que les fonds investis ne le soient pas à perte.

Cette séquence renseigne malheureusement sur l’état d’esprit d’un certain nombre d’internautes et d’acteurs publics. Ceux-ci,  au soutien ou sous le prétexte de leur engagement, adoptent  la désinformation ainsi que  l’intoxication comme  moyens privilégiés d’actions, faisant ainsi leurs cette citation  attribuée  à l’écrivain français Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais « Calomnions, calomnions, il en restera toujours quelque chose… ». En cela, ils sont encouragés par l’impunité quasi-totale qui règne sur les réseaux sociaux, convaincus d’être à l’abri d’éventuelles poursuites et de conséquences judiciaires de leurs actes. Dans ce contexte, de tels comportements ne peuvent que continuer à prospérer.  A preuve, la campagne nauséabonde est intervenue dans la même semaine qu’un fait divers, également commenté de manière délibérément malveillante sur les réseaux sociaux :  un député togolais aurait porté plainte pour avoir été retiré d’une plateforme WhatsApp. Ridicule, bien évidemment. Sauf que l’objet de la plainte n’était pas celui-là, mais plutôt les injures et la diffamation dont prétend avoir été victime l’élu sur ladite plateforme, comme l’atteste son fac-similé publié sur internet.  Mais de cela, les manipulateurs de l’information n’en ont  cure. Car en effet, ceux –là même qui, drapés de vertus et dressés en hérauts de la droiture, passent leurs journées à donner des leçons de moral, ne sont jamais confondus à se les appliquer.

Face à ce torrent de boue, la majorité a fait preuve d’un très surprenant silence, n’assurant même pas un service minimum pour voler au secours de la Cheffe du Gouvernement. Mais cela, est une autre histoire. A lundi prochain !

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