Ethiopie, l’oubliée des Africains

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Il y a un an, l’armée fédérale éthiopienne soutenue par l’armée régionale Amhara et par quelques groupes de milices, lançait une expédition dans le nord du pays contre le TPLF, le Front de libération du peuple du Tigré. Cette offensive militaire était censée restaurer l’ordre dans cette province dissidente.

Ce qui était annoncé comme une opération éclair s’est depuis enlisé et a tourné à une guerre totale. Face à la situation, les pays du continent et l’Union africaine gardent un silence étonnant.  L’histoire est-elle en train de se répéter dans ce pays enclavé de la Corne de l’Afrique et ses 115 millions d’habitants ? A la fin des années 80, le TPLF avait mis en place une coalition avec d’autres groupes ethniques et géographiques pour  renverser  le président  Mengistu Haïlémariam en 1991.

Ce Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien, dominé par le TPLF, avait ensuite dirigé le pays pendant près de 30 ans, avant qu’un mouvement de contestation ne porte l’actuel Premier ministre,  Abiy Ahmed,  au pouvoir en 2018.

Alors qu’elle annonce être  presqu’aux portes d’Addis-Abeba, certains analystes font le parallèle avec  cette nouvelle  coalition de neuf groupes rebelles une fois encore  emmenée par le  TPLF. Même si les capacités militaires et opérationnelles réelles de ce groupe restent encore difficiles à déterminer, et que le gouvernement éthiopien a qualifié l’ annonce de la constitution de ce regroupement de « coup de pub d’organisations n’ayant aucune base populaire », il n’en demeure pas moins que le rapport de force tel qu’il a pu exister au début du conflit en faveur du gouvernement fédéral, a aujourd’hui beaucoup évolué.

De fait,  les risques  d’une guerre totale et durable dans le pays sont réels, de même  l’embrasement de la sous-région. Tout comme ceux d’un irrattrapable recul économique et social d’un pays présenté comme un modèle de développement et de réussite, après de longues périodes de crises et de misère endémique au début des années 80.

Curieusement, ce drame qui se joue tout près de nous, ne semble pas émouvoir les dirigeants du continent.  La communauté internationale a quant à elle satisfait à l’exigence de sa dose d’émotion convenue. Les grands pays ont poussé leur cri d’orfraie traditionnel. Les seuls à rester presque silencieux,  sont les Etats  africains. Même l’Union africaine (UA), dont le siège est pourtant abrité par la capitale éthiopienne comme plusieurs autres institutions régionales, est  aux abonnés absents.

Aucune initiative majeure n’est à mettre à son crédit pour la résolution de ce conflit, démontrant ainsi une énième fois,  son incapacité à apporter des réponses et à imposer son autorité ; si tant est qu’elle en  ait jamais eues.

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