Faire aimer l’école à un enfant dès la maternelle: Quelles stratégies ?

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Des enfants de la maternelle encadrés par des jardinières

Ils sont près de 3 millions d’élèves du préscolaire, du primaire et du secondaire à avoir retrouvé lundi dernier  le chemin des cours , après trois mois de vacances. Cette rentrée 2021 se fait dans un contexte de gratuité des frais d’inscription et de scolarité dans les collèges et lycées publics, décidée par le gouvernement. Parmi les classes qui ont repris, la maternelle ou le jardin d’enfants. C’est le premier pas d’un enfant à l’école.   Comme une fondation, il  doit être bien fait pour supporter facilement le poids des autres briques qui viendront par la suite.   Comment y intégrer facilement et correctement un enfant pour qu’il prenne vite et bien le goût de l’école ?

L’entrée à la maternelle marque le début de la grande aventure d’un enfant à l’école. Il est important que ce premier contact soit agréable. En effet, si la transition à la maternelle se passe bien, le nouvel apprenant  a davantage  de chances d’être motivé  par la suite et de mieux  réussir tout au long de son parcours  primaire et même secondaire.

Selon Angèle Gadossi, institutrice, tout réside dans l’accueil qui est réservé dès le départ à l’enfant. Pour lui faire aimer l’école,  conseille-t-elle,  il faut bien l’accueillir. « L’aider à intégrer le groupe par des jeux de rôle, des chants bien mimés et des danses. La décoration de la salle est un aspect important à ne pas négliger, elle intéresse beaucoup les enfants», ajoute l’institutrice.

Le jour de la rentrée n’est pas une tâche aisée pour les institutrices de la maternelle, affectueusement appelées « Tatas ».

Entre pleurs, sorties brusques, agitations diverses, l’encadreuse devient la maman de tous les enfants pour mieux les supporter. L’adaptation se fait de façon progressive car chaque enfant est unique en son genre.    « Nous faisons comme leur maman et comme si nous étions à la maison :   on les met au dos, on les chérit,  on leur chante des chansons, on met les jouets à leur disposition pour qu’ils cessent de pleurer » confie Mme Afi Wotobenawo Busuwokpo,  dit « Tata Véronique », institutrice  au complexe scolaire El-Shaddaï. «  A la rentrée, c’est difficile pour les enfants de se détacher pour la première fois de leurs parents. Après quelques semaines, ils entrent dans le bain. A tel point qu’il n’est pas rare de voir certains refuser de rentrer à la maison ou demander à leurs parents les week-ends de les ramener à l’école» révèle –t-elle.

Etre la «  Tata » des enfants n’est pas de tout repos. Pour embrasser cette carrière, il faut beaucoup de patience souligne Mme Busuwokpo. «  Les enfants peuvent faire des besoins sur eux par exemple. La Tata doit faire preuve beaucoup de tempérance pour gérer cette situation comme beaucoup d’autres » insiste-t-elle. Ce que confirme Yawa Amouzou, une autre « Tata », en poste  dans une école publique à Lomé. « Mais lorsqu’on les traite avec amour et affection, ils se tiennent bien »  soutient-elle.

 Les parents ont la clé

Les parents ont un rôle important à jouer pour que l’enfant ait une bonne image de l’école. Leur engagement est un élément clé pour que celui-ci réussisse et soit motivé en classe. « Lorsque vous vous intéressez à ce que votre enfant fait à l’école,  en lui demandant par exemple ce qu’il a appris aujourd’hui ou avec qui il a joué, il réalise qu’il est important pour vous. Il a encore plus envie d’apprendre. Lorsque vous allez aux réunions d’école et que vous participez à certaines activités de la classe (spectacles, expositions, sorties), votre enfant comprend que l’école, c’est important. Sa motivation augmente », a relevé Messan Lawson, président d’une association de parents d’élèves. Il conseille par ailleurs  d’encourager l’enfant  pour ses efforts et non seulement pour ses résultats.  «Il comprend ainsi que l’effort est nécessaire pour réussir. Lorsque vous félicitez votre enfant en décrivant ce que vous avez aimé dans son travail  comme les couleurs qu’il a utilisées pour  son dessin, il développe son estime de soi et sa confiance en lui », ajoute  M. Lawson.

Les avantages de la scolarisation précoce

Inscrire un enfant à la maternelle a beaucoup d’avantages, notamment savoir lire et compter très tôt.  A cela, s’ajoute l’adaptation à l’environnement scolaire. « L’enfant qui a fait la maternelle sait déjà comment tenir un stylo, un cahier etc.  par exemple. Il est initié en quelque sorte à ce qui l’attend au CP1 », analyse  Mawussi Kwami Edzave, directeur du cours primaire El-Shaddaï. Aussi, y aurait-il souvent une différence de niveau entre l’enfant qui a fait la maternelle et celui qui rentre directement au CP1.  « A la maternelle, ils maîtrisent déjà les chiffres de 1 à 9 ainsi que les couleurs principales», affirme  le surveillant général dudit établissement, Logan Komi. Toutefois, relativise-t-il, tout dépend du quotient intellectuel de chaque enfant.

Pour rappel, le  ‘’Précis de législation et d’administration scolaires’’ préfacé par l’ancien ministre  de l’Enseignement des premiers et deuxième degrés Komla Agbétiafa,  définit le jardin d’enfants comme « un établissement de première éducation où les enfants reçoivent les soins que réclame leur développement psycho-moteur, socio-affectif et mental ».

Les enfants y entrent en principe à l’âge de 2 ans révolus pour une période de 3 ans.  La première session pour les enfants de deux ans à trois ans ; la deuxième pour les enfants de trois ans à quatre ans et la troisième pour les enfants de 4 ans à 5 ans.

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