Faire de la rivière EKE un espace de vie : le pari de la municipalité de l’Ogou1

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Les natifs de la préfecture de l’Ogou le savent. La rivière EKE est à Atakpamé  ce que la Seine est à Paris. Malheureusement, cette ressource naturelle n’est pas exploitée et s’est même transformée en un scandale environnemental. De fait, la mairie d’Ogou 1 a décidé  de  valoriser ce cours d’eau qui traverse la ville d’est en ouest. Après plusieurs semaines d’une campagne de teasing qui a tenu la cité des 7 collines en haleine, Florence Kouigan et son équipe viennent de dévoiler leur plan.

Le voile s’est levé ce jour à Atakpamé sur les affiches géantes  qui barraient les rues ces dernières semaines  et portaient cet  intrigant message : « Elle nous parle ; préparons-nous à l’écouter », invitant la population à l’écoute le 17 septembre à 12h précises.  Il s’agit d’un appel  de la municipalité,   dénonçant des pratiques malsaines et polluantes qui ont transformé la rivière EKE , «  jadis limpide en un réceptacle d’ordures de tous ordres ».

L’adresse veut  « rappeler à l’humain l’importance de l’eau, de la vie et d’une rivière »,

Florence Yawa Kouigan, maire de l’Ogou1

ajoutant qu’ « EKE  parle au nom de toutes les rivières du Togo. » Pour la maire d’Ogou 1 Florence Kouigan, il est temps que cesse « ce scandale environnemental sur la terre de nos aïeux ».

Son plan  est de parvenir à terme à assainir l’endroit et de l’aménager pour le valoriser,  en y accueillant des activités socio-économiques (artisans, maraîchers, artistes, loisirs, petite restauration, etc…). D’ores et déjà, un recrutement de jeunes étudiants de l’Ecole africaine des métiers de l’architecture et de l’urbanisme (EAMAU) a été organisé.

Sous l’encadrement de séniors, ils devront proposer des plans d’aménagement paysager et architectural. « Notre travail consistera ensuite à mobiliser des ressources techniques et financières pour dégager complètement le site, agir sur la sensibilisation et le civisme des riverains, et initier l’installation des activités » détaille madame le maire. «  C’est un chantier colossal. Mais nous y consacrerons toute notre énergie ; pour notre ville et pour le Togo »  conclue-t-elle.

Qui est-elle ?

Traversant la ville d’Atakpamé d’est en ouest sur près de dix kilomètres, la rivière EKE  est un cours d’eau impétueux aux allures de collecteur d’eaux pluviales.   Elle parcourt plusieurs quartiers tels que Djedda, Alahamoudou, Kotokoly-Zongo, Djama, Agadomè, Gnagna, Nyekonakpoè, Agbonou, Koèroma et Kamina.

Dans sa traversée de la ville, elle coupe et recoupe la RN5 (Route Nationale) avant d’intercepter la RN1 au carrefour d’Agbonou et de déboucher à Kamina à son intersection avec la RN8.

Elle est alimentée par quatre affluents qui prennent leur source dans les collines voisines.

La rivière EKE tirerait son nom de l’un des nombreux dialectes du milieu, le Woudou, voisin de l’Ewe, et dans lequel EKE  désigne le sable en référence à  celui que charrie la rivière dans son lit reposant sur un fond rocheux.

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