GESTION DES MARCHES A LOME : La sous-location, une mauvaise pratique!

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Nombreux sont ces commerçants et commerçantes installés dans les marchés de la commune de Lomé victimes d’une pratique qui frise à la limite, de  l’escroquerie. Il s’agit de la sous-location, une vieille pratique entretenue par les anciens occupants des places et boutiques. Ces derniers s’érigeant en propriétaires louent les places et boutiques, propriétés de l’EPAM, structure chargée de la gestion des Marchés de la ville de Lomé à des montants exorbitants. Cette pratique qui se fait dans l’ombre viole la procédure d’attribution des places et boutiques et va à l’encontre de la politique sociale de l’EPAM. Dans la trentaine de marchés dont dispose l’EPAM, ne doit occuper ou s’installer que la personne qui aura introduit une demande d’autorisation et signé un contrat de location ou d’occupation et les prix des droits de places sont connus et se fixent en fonction de la dimension de l’espace occupé ou de la boutique.

Ainsi au marché d’Adawlato, les occupants payent 3500 FCFA, à Attikpodzi entre 2500 et 3000 FCFA. Au marché de Kégué, ces prix varient de 2500 F à 5000 FCFA par mois selon l’espace occupé, et à Agbadahonou de 1000 F à 3000 FCFA. A Hédzanawé, les frais de location des espaces sont fixés entre 2250 et 3500 FCFA. Construits par l’Etat avec l’appui des partenaires techniques et financiers, ces marchés sont mis à la disposition de l’EPAM.

Sous-location : une escroquerie ?

La sous-location semble s’ériger dans les marchés de l’EPAM en une  pratique normale. Un tour dans les marchés d’Attikpodzi, Adawlato, de Hédzranawé, de Totsi et des entretiens que nous avons eus  nous renseignent davantage sur l’ampleur du phénomène. Cependant par peur de représailles (nous sommes en Afrique) ou de perte de places ou de boutiques, les commerçants et commerçantes victimes de cette pratique déloyale n’ont pas voulu se confier à nous, ceux qui ont accepté l’ont fait sous le sceau de l’anonymat. Ce phénomène semble s’étendre à presque tous les marchés de la commune de Lomé, et prend la forme d’une escroquerie à l’analyse des témoignages.

Relativement aux droits de places,

au marché d’Adawlato par exemple, les places qui sont à 3500 sont sousloués à 10 500 FCFA avec un ou deux ans d’avance. Concernant les prix de location des boutiques, les « pseudo-propriétaires » se sucrent allègrement sur le dos des commerçants et commerçantes qui démènent malgré la mévente pour leur verser à chaque fin des mois des tarifs hors du commun.

Par exemple au marché d’Attikpodzi, pour une boutique à 21 000, montant fixé par l’Epam, un «pseudopropriétaire » perçoit la somme de 91 000 F CFA soit une différence de 70 000 empoché injustement par un individu au détriment de l’Epam. « Nous avons peur de dénoncer cela, et aussi c’est très récemment que nous avons compris la pratique

et découvert que les personnes qui nous ont loué les places ne sont pas les vrais propriétaires. Depuis que l’EPAM nous a sensibilisés, nous ne payons plus doublement mais nous sommes menacés. J’ai même une convocation d’un huissier que j’ai transmise à l’EPAM qui m’a rassuré de ne pas céder les lieux », confie Mogan Yaovi, installé dans l’une des boutiques au marché d’Attikpodzi qui payait avant 2019 un total de 100 000 FCFA, soit 70 000 au « propriétaire » et seulement 30  000 FCFA à l’EPAM.

Certains de ces propriétaires autoproclamés tentent même de vendre leur espace occupé ou boutique dans les marchés. « Je voulais louer une boutique et le propriétaire qui était mon interlocuteur m’a

proposé un contrat de vente que j’ai refusé car sachant qu’un marché est une propriété de l’Etat », confie Mme Rose qui reconnait avoir été prudente de se rapprocher de l’EPAM.

Un manque à gagner pour l’EPAM

La pratique de la sous-location qui se généralise dans les marchés de la commune de Lomé, constitue un manque à gagner. Obligés de verser plus du double des taxes normales fixées, les commerçants confient ne pas parvenir à payer à temps ou normalement à l’EPAM leurs redevances surtout quand les recettes ne sont pas conséquentes. Situation confirmée par les agents de l’EPAM rencontrés dans les marchés visités. De plus, le critère social sur la base duquel l’EPAM a fixé les prix des places et boutiques dans les marchés est ainsi remis en cause par des citoyens qui ne veulent qu’un gain facile.

« La sous-location est une pratique que nous combattons à l’EPAM car elle remet en cause nos efforts de fixer des prix de location à la portée de tous car la construction des marchés est à caractère social. C’est d’ailleurs de mauvaise foi que certains concitoyens entretiennent cette pratique car le fait d’occuper en premier l’espace de vente dans le marché ne fait pas d’eux des propriétaires. Les espaces de vente appartiennent à l’EPAM et ne peuvent être cédés ni vendus par

un occupant qui décide de ne plus les exploiter. Ce dernier devrait obligatoirement informer nos services », confie-t-on à la direction de l’EPAM.

C’est face à cette situation qui va à l’encontre de la politique sociale du gouvernement et sape les efforts de l’administration de l’Epam de mettre à disposition de ses partenaires des infrastructures marchandes et de qualité que la nouvelle directrice générale, Mme Somialo PotcholiKadja, a initié depuis son arrivée en février 2018, des campagnes de sensibilisation et d’information qui se poursuivent dans  les marchés.

Ces initiatives visent un double objectif, d’une part, inviter les commerçants et commerçantes à s’adresser directement à l’Epam pour tout problème de places et boutiques et d’autre part parvenir à éradiquer ce phénomène qui cause d’énormes préjudices aux commerçants et à l’Epam.Dans cette dynamique, les sous-locataires ont été invités à n’avoir pour interlocuteur que l’Epam en venant satisfaire aux conditions d’autorisation d’installation ou d’attribution des places et boutiques.

« Les prix des droits de place et boutiques dans les marchés sont harmonisés et uniformisés et ne sauraient faire l’objet de spéculation ou de marchandage, nous en appelons à la vigilance de nos partenaires commerçantes et commerçants », indique un haut responsable de l’Epam contacté.

 

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