Honteuse petite musique

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Il y a 9 mois, les djihadistes attaquaient pour la première fois notre pays. Après cette incursion dans la préfecture de Kpendjal repoussée par les Forces Armées Togolaises (FAT), trois autres suivront, opérées dans la même région, avec un bilan qui s’établit aujourd’hui à une trentaine de morts et plusieurs blessés, dont des civils.

Face à l’ignominie, les Togolais font bloc. Ils condamnent systématiquement les odieuses attaques dont notre pays est victime. De tous les bords et dans tous les rangs, quelle que soit leur appartenance politique ou religieuse, nos compatriotes disent non à la barbarie. Des partis politiques aux organisations de la société civile, en passant par les leaders religieux, tous sont montés au créneau pour exprimer leurs compassions aux victimes et leur solidarité aux forces de défense et de sécurité. Cette belle unanimité est une importante victoire d’étape face aux djihadistes qui pensent, à tort, pouvoir soumettre la terre de nos Aïeux à leurs pratiques moyenâgeuses.

C’est la raison pour laquelle ce consensus national motivé par le sursaut patriotique, doit se renforcer et s’inscrire dans le temps long qu’est celui des combats contre le terrorisme, comme nous l’apprennent, l’histoire lointaine et contemporaine ainsi que la douloureuse expérience de nos voisins régionaux.

Dans ce contexte, ceux qui tentent de faire sonner leur petite musique relativiste devraient avoir honte. Certes, la situation sécuritaire caractérisée par les menaces djihadistes ne saurait mettre entre parenthèses la vie politique. Elle ne saurait pas non plus constituer un prétexte pour interdire tout débat public, lié notamment aux motivations fondamentales de cette déferlante criminelle, aux méthodes et moyens de la combattre.

Pour autant, ceux qui en saisissent l’occasion pour régler leurs vils comptes personnels ou politiques, brisant ainsi la nécessaire chaîne d’union nationale, devront interroger leur conscience pour savoir si leur combat peut tout justifier. En effet, face à la barbarie et à l’ignominie, les seules réactions de sens sont la condamnation et la compassion.

Les personnalités publiques ou prétendument leaders d’opinion aux attitudes veules, qui en creux et en réalité, se réjouissent de la déstabilisation du pays, estimant à tort que le terrorisme servirait leur cause, devraient se rendre à cette évidence : les égorgeurs de pauvres civils n’ont pas d’amis.

Ils tuent indifféremment, quelle que soit l’appartenance politique, qu’ils n’interrogent d’ailleurs pas avant de commettre l’horreur. A leur intention, ces mots d’un ancien dirigeant occidental, bien à propos dans notre contexte : « lorsqu’on commence à expliquer l’inexplicable, c’est qu’on se prépare à justifier l’injustifiable >>