Interview : Cheffe Olivia de Souza, marraine du FESMA

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Cheffe Olivia de Souza, marraine du FESMA

   Pour nous, il n’y a pas meilleur indicateur que le satisfecit exprimé par les participants …

Cheffe cuisinière et chroniqueuse pour plusieurs émissions TV en Afrique, Olivia de Souza, promotrice de l’atelier de cuisine « l’Atelier des sens » installée à Lomé, est la marraine de la première édition du Festival la Marmite (FESMA) qui s’est tenue dans la capitale togolaise du 9 au 15 mai dernier. Une semaine après la clôture de cet évènement de promotion de la gastronomie togolaise et africaine, organisé par l’agence de communication Focus Yakou, elle dresse dans cet entretien exclusif le bilan et présente les perspectives du FESMA.

Focus Infos : Quel bilan dressez-vous de la première édition du FESMA ?

Olivia de Souza : C’est un pari réussi, en tous points de vue. D’abord, nous avons pris le pari, à travers cette initiative de faire la promotion des productions locales et de valoriser notre savoir –faire culinaire. Tout au long du festival, le nombreux public qui s’est déplacé sur les trois sites dédiés, l’Université de Lomé à  l’ouverture, l’Esplanade du Palais des Congrès pour la foire et l’hôtel du 02 Février en apothéose, a pu ainsi découvrir ou redécouvrir des mets de nos différentes régions et du continent africain, apprécier l’art et le talent des chefs présents. Ce fut le cadre, par ailleurs, de rencontres avec des artisans et des producteurs qui se sont approprié la politique du Consommer local, promue par les autorités publiques.

Ensuite, nous avons pu attirer près de 50 000 visiteurs sur les 6 jours cumulés, avec un pic le week-end, ce qui est une belle performance pour la première édition d’un festival inédit, en pleine année scolaire. Cet intérêt est manifesté également sur la toile et les réseaux sociaux avec près de 10 000 abonnés sur nos différents comptes créés il y a à peine 1 mois et plusieurs milliers de visiteurs sur notre site internet (www.festivalamarmite.com).

Enfin, nous avons voulu créer et installer de façon pérenne dans notre pays, un évènement culturel inscrit à l’agenda international. La première étape est également une réussite, à voir les nombreux chefs venus de différents pays qui se sont déplacés à Lomé, de nombreuses demandes de participation émanant de beaucoup de capitales enregistrées, mais aussi non seulement l’engouement médiatique suscité, notamment sur les grandes chaînes panafricaines et internationales.

Pour nous, il n’y a pas meilleur indicateur que le satisfecit exprimé aussi bien par les participants au colloque organisé à l’Université de Lomé, que les exposants que les visiteurs de la foire, ou encore par les  convives  de la soirée gastronomique de gala.

F.I : Une semaine, n’est-ce pas peu pour promouvoir plus d’une centaine de mets togolais ?

O.S : Je vais vous faire une confidence. La veille de la clôture du festival, les exposants ont signé une pétition réclamant la poursuite de la foire pour une semaine supplémentaire.

C’est dire d’une part le succès de l’évènement, et d’autre part qu’une semaine, était manifestement courte pour les objectifs affichés. Mais nous n’y avons pas donné suite parce que l’autorisation obtenue pour la manifestation n’allait pas au-delà de 8 jours, mais surtout parce que cette première édition a été conçue et structurée pour durer une semaine, en termes financier, logistique et organisationnel. Nous n’avons pas voulu prendre de risques pour un début.

F.I : Pourquoi avoir décerné un prix spécial au Chef de l’Etat au cours de cette édition ?

O.S : Cela nous a paru tout à fait logique et le FESMA est honoré de l’avoir fait. D’une part pour saluer son leadership sur la question du Consommer local dont son gouvernement fait la promotion depuis quelques années et qui s’avère aujourd’hui une nécessité pour presque tous les pays du continent, au regard de l’actualité internationale avec la guerre en Ukraine et des risques d’une crise alimentaire mondiale. Et d’autre part pour le remercier d’avoir soutenu et accepté que le FESMA se déroule sous son haut patronage.

F.I : Que pensez-vous améliorer lors des prochaines éditions ?

O.S : Aucune œuvre humaine n’est parfaite. Pour pérenniser le FESMA et garder le niveau d’exigence qui fut le nôtre et le professionnalisme qui a guidé le travail du Comité d’organisation, il faut nécessairement tirer les leçons de cette première édition. C’est ainsi qu’avec le recul de quelques semaines, avec le concours de tous les acteurs, partenaires et exposants, et dans une démarche inclusive, nous allons analyser les points à améliorer pour les prochaines éditions.

F.I : L’ambition du comité d’organisation, c’est de faire du FESMA un événement à caractère continental. Dites-nous à quoi ressemblera « le FESMA d’Afrique » ?

O.S : Le FESMA est déjà d’Afrique, par son objectif qui est de promouvoir les produits locaux non seulement togolais mais aussi africains, et de valoriser le savoir-faire culinaire continental. Il l’est également au regard de la diversité des chefs qui ont participé à l’évènement et qui sont venus de plusieurs pays du continent. Il l’est enfin en termes organisationnels puisque le festival est co-organisé avec Africa Gastronomie, une organisation regroupant des chefs, cuisiniers et restaurateurs de toute l’Afrique.

F.I : Le vœu du comité d’organisation du FESMA, c’est aussi de faire inscrire un ou plusieurs mets togolais au patrimoine culturel de l’UNESCO. Quel travail sera fait en ce sens, après ce premier acte de FESMA ?

O.S : Le travail a déjà commencé. Il s’agit d’une démarche collective qui mobilise aussi bien les universitaires que les chefs, pour identifier, recenser les mets togolais, établir leur histoire, relever leur spécificité et leur particularité. C’est une œuvre de longue haleine et passionnante.

F.I : Lors   du colloque inaugural à l’Université de Lomé, les  universitaires et autres acteurs de la consommation locale ont formulé des recommandations. Comment le comité d’organisation compte s’organiser en vue de la mise en œuvre de ces recommandations ?

O.S : L’Université de Lomé est un partenaire privilégié du FESMA. Nous travaillerons dans les prochaines semaines à la mise en œuvre des recommandations pertinentes issues de ce colloque.

F.I : A quand la prochaine édition ?

O.S : En 2023, s’il plaît à Dieu. On y travaille déjà en tout cas.  Vous le savez, l’ambition qui rencontre d’ailleurs celle du gouvernement, est de pérenniser le FESMA.

F.I : Un dernier mot ?

O.S : Notre dernier mot sera celui de la gratitude. Gratitude au Chef de l’Etat pour son soutien. Nos remerciements vont également à son gouvernement, notamment à Mme le Premier ministre qui a rendu visite au Festival, aux ministres du Travail, du Tourisme et du Développement à la Base.

Un grand merci à la Secrétaire générale de la Présidence ainsi qu’à celui du Gouvernement pour leur soutien. Notre gratitude va aussi à l’Université de Lomé et à son Président. Nous l’adressons par ailleurs à tous les partenaires et sponsors, sans qui le FESMA n’aurait jamais vu le jour. Et bien évidemment aux exposants ainsi qu’au nombreux public qui s’est déplacé sur le festival ou nous a suivis sur les réseaux sociaux. Rendez-vous l’année prochaine.