La difficile immunité collective

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Lors de son séjour parisien dans le cadre du Forum organisé par le Conseil des investisseurs français en Afrique (CIAN), la Première Ministre Victoire Tomégah-Dogbé a annoncé l’arrivée d’ici à la fin du troisième trimestre, de 3 millions de vaccins directement achetés par le gouvernement.  Avec déjà 300 mille personnes ayant reçu deux doses et la nouvelle campagne qui démarre avec le vaccin Pfizer ce 7 juillet, l’objectif d’une immunité collective est en ligne de mire, sous l’inquiétante menace du variant Delta.

Reste que l’efficacité du vaccin et surtout la remise en cause de celui du laboratoire Astrazenecca par plusieurs pays occidentaux, ne concourent pas à inciter les sceptiques à aller se faire vacciner.

Un peu plus d’un an après le début de la pandémie de la Covid-19, le Togo peut se targuer d’une gestion exemplaire de la crise. Avec ses 7 millions d’habitants, il n’a recensé que 14 082 cas confirmés, dont 414 encore actifs, 13 536 guéris et 132 décès au 05 juillet 2021. Au-delà du bilan médical, la riposte c’est aussi les mesures socio-économiques qui ont permis de mieux amortir le choc que plusieurs autres pays sur le continent, bien que les indicateurs ne seront  véritablement éloquents qu’au sortir de la crise, à moyen et long terme. En attendant, la course vers l’immunité collective, au Togo comme ailleurs, est l’objectif à atteindre pour les autorités, pour envisager un retour à la normale, à la vie d’avant.

Cela passe nécessairement par une vaccination de masse. 300.000 personnes  ont  déjà  été vaccinées avec des doses provenant du laboratoire AstraZeneca. Une nouvelle campagne démarre avec 100.000 doses Pfizer ; tous ces lots étant fournis grâce au dispositif Covax. Le gouvernement togolais devrait se procurer lui-même d’ici à septembre, 3 000.000  doses. Autant dire que tout est fait pour atteindre cette immunité collective au plus tôt et en finir avec cette crise aux multiples conséquences. Surtout que le variant Delta, identifié en octobre 2020 en Inde et détecté dans de nombreux pays dont une dizaine en Afrique et pas encore officiellement au Togo, est considéré comme plus agressif et plus dangereux.  A tel point que beaucoup de médecins et d’autorités sanitaires qui recensent les cas de contamination et de décès, commencent à émettre l’idée d’une troisième vague plus dévastatrice que les deux premières sur le continent.

Sauf qu’il en faudrait davantage pour convaincre les nombreux sceptiques de la vertu des vaccins.Pour renforcer leur conviction, ils ont plusieurs arguments difficilement démontables. Les vaccins n’assurent pas l’immunité ; les cas sont légions de personnes vaccinées mais contaminées. Surtout, le refus par les Européens de faire entrer sur leur territoire ceux qui ont reçu la dose du laboratoire AstraZeneca  très majoritairement administrée en Afrique, donne du grain à moudre à ceux qui remettent en cause sa fiabilité. A ce rythme, l’immunité collective risque de ne pas être pour demain.

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