La face cachée de Dubaï

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Dubaï
Des travailleurs à Dubaï

Dubaï, ses gratte-ciel impressionnants à l’image de la plus haute tour du monde la Burj Khalifa ( 828 m), ses projets immobiliers pharaoniques, ses centres commerciaux flambants neufs, la plus grande galerie marchande du monde , ses boutiques de grandes marques,  ses  luxueux hôtels 7 étoiles en forme de voile (Burj al-Arab), ses  îles artificielles rappelant les palmiers, ses yatchs de milliardaires,……Derrière cette carte postale paradisiaque vers laquelle se bousculent businessmen et touristes, se cache une réalité, moins reluisante celle-là : l’enfer qu’y vivent les « petites mains », ces travailleurs immigrés  qui ont bâti cette ville et continuent à en construire la légende au quotidien.

Il y a trois ans, G.A, un Togolais  d’une vingtaine d’années quittait le pays  pour Dubaï, des rêves pleins la tête. Mais c’est un jeune homme désabusé qui a souhaité garder l’anonymat « pour ne pas insulter l’avenir», que FOCUS INFOS a rencontré dans le cadre de ce dossier.    Ce mécanicien de formation qui n’arrivait pas à « construire sa vie et à fonder  une famille faute de revenus réguliers et suffisants » confie avoir émigré en absence de perspectives professionnelles à Lomé.  Entre plusieurs opportunités, il a choisi les Emirats Arabes Unis (EAU) , précédés sur le continent par leur image d’eldorado et convaincu par leur dynamisme économique. «  Ca bouge là-bas », lui aurait soutenu  un de ses oncles, qui y séjourne régulièrement pour affaires.

Le choix de cette destination a été également dicté par la facilité des démarches à accomplir pour le voyage. «  Il vous faut simplement votre passeport à jour et deux photos scannés, que vous envoyez par mail ou tout autre moyen à un intermédiaire qui a ses entrées dans une entreprise sur place qui vous fait une promesse d’embauche » révèle-t-il. «  Vous recevez ensuite votre visa électronique que vous imprimez sur du papier volant. Il est ensuite apposé dans votre passeport une fois à Dubaï et lorsque vous aurez trouvé un emploi » détaille-t-il. Coût total  du précieux sésame : entre 1.500.000 et 1.800.000 FCFA.

Ces formalités simplifiées et réduites à l’extrême, associées à d’énormes besoins en mains d’œuvres,  encouragent l’immigration du travail dans le pays, où se ruent des millions d’ouvriers. De fait, selon plusieurs estimations, en proportion de leur population, les  Emirats Arabes Unis (EAU) disposent du cinquième plus gros «stock» mondial de travailleurs immigrés : 7,8 millions de personnes de 200 nationalités, soit 84 %  d’étrangers sur les  9,2 millions d’habitants des Emirats. La seule agglomération de Dubaï,  compte 3,2 millions d’étrangers. Cette immigration est conçue pour rester temporaire – sans regroupement familial. Selon G.A,  les contrats sont à durée déterminée, de trois ans en général renouvelables- même si certains prennent le risque  d’y demeurer  plusieurs années, enchaînant les CDD et retournant quand ils le peuvent, voir leur famille au pays.

Précarité:

Une fois débarqués à Dubaï à bord le plus souvent d’Ethiopian Airlines qui assure plusieurs liaisons hebdomadaires depuis Addis-Abeba la capitale éthiopienne pour un tarif moyen de 350.000 FCFA,   ou  de  Rwandair qui concurrence depuis peu la première compagnie aérienne africaine avec un prix compétitif autour de 250.000 F depuis Accra , les candidats à l’immigration vont subir une batterie d’analyses  médicales :  un test sanguin et dépistage de la tuberculose, des hépatites B et C, du SIDA. Etre positif équivaut à la fin du rêve, à la déportation  et au retour prématuré au pays. L’enthousiasme de ceux qui auront franchi cette étape va être cependant rapidement  douché. Ils vont être victimes d’une chaîne d’exploitation qui va les épuiser dans des travaux harassants.

Le système  qui régit les relations entre employeur et employé dans tous les pays du Golfe et dans les EAU s’appelle le kafala.  En anglais, ce terme se traduit par sponsoring. Le «sponsor» émirati exerce une véritable tutelle sur «ses» immigrés. Il gère les formalités administratives – visas de travail, permis de séjour… – et peut payer leurs frais de voyage. Il fixe les conditions de travail, les horaires et les congés, dans le cadre de contrats qui sont toujours à durée déterminée. Il a des droits, dont il tend à abuser, en confisquant par exemple

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