La transhumance, si risquée mais !!!

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Alors qu’elle est connue pour être à l’origine de conflits souvent meurtriers entre les bouviers et les paysans autochtones, la transhumance n’est pas moins bénéfique pour les communes concernées par les mouvements saisonniers du bétail. « Ce secteur a un impact important sur l’économie des communes, que beaucoup ignorent », indiquait récemment une association qui a précisé que dans l’unique région des Plateaux, cette activité avait généré 658 millions FCFA aux caisses communales, sur la période 2020-2022. Il s’agit donc d’une manne pour les communes et on aurait tellement voulu qu’elle ne soit suivie d’aucun chagrin.

Mais c’est là où la symphonie reste inachevée. Si les caisses des localités peuvent résonner, c’est parfois au prix de vies sacrifiées, et pour cause. C’est de notoriété que les bœufs occasionnent énormément de dégâts, provoquant généralement l’ire des autochtones et des situations hors de contrôle où des drames peuvent être déplorés, des morts donc parmi les paysans autochtones.

C’est également un secret de Polichinelle que les bergers nomades, accoutumés à la vie « sauvage» où tout se résume à un combat quotidien pour la survie, perdant très rapidement de vue avoir affaire à des humains, font quasi-instinctivement usage de leur coupe-coupe ou machette pour mettre hors d’état de nuire, leur obstacle, fût-il humain.

En conséquence, si le pastoralisme est bénéfique pour l’économie nationale, il devra faire l’objet d’une meilleure régulation afin de générer davantage de ressources.

De fait, ce serait irréaliste d’interdire la transhumance des pays du Sahel vers ceux de la côte, réputés plus propices et plus nourriciers pour le bétail. Quoique les autochtones côtiers se plaignent généralement de la dévastation de leurs champs par les bœufs, et même de viols lors de leurs mouvements saisonniers, les transhumants déplorent de leur côté, l’abattage systématique de leur troupeau.

Ces scènes qui se terminent souvent dans des drames, loin d’être anecdotiques, devraient susciter une réflexion, d’abord des gouvernants et ensuite des autres acteurs, notamment des organisations de la société civile, des représentants des protagonistes, afin de trouver une solution pour prévenir les drames qui se produisent, parfois sous leurs regards hagards. Aux autorités communales de prendre alors leurs responsabilités en encadrant mieux une activité qui est source de revenus pour elles.

Ceci pourrait passer également par l’élaboration d’une législation agropastorale, de la carte de transhumance communautaire intégrée et de l’institutionnalisation de la concertation entre les pays de départ et ceux d’arrivée. Objectif : prendre en compte les préoccupations des acteurs sahéliens et celles des populations vivant dans les pays côtiers, avait suggéré un homme politique togolais.

Et à y regarder de plus près, il n’a pas tort. Il est donc très important, pour la survie des hommes et du bétail, de donner un visage humain à une activité agropastorale qui occasionne tant de pertes en vies humaines.

Gageons que cette dynamique sera appréciée et maintenue !