La voix des mareyeuses et pêcheurs de Lomé sera entendu à la COP 27

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« Caravanes tambour battant vers la cop 27 Togo », une initiative de mobilisation des peuples africains par les Organisations de la Société Civile à travers le continent pour réclamer la justice climatique à la prochaine conférence des parties qui s’ouvrent le 7 novembre en terre Egyptienne lancé il y a quelques semaines dans plusieurs pays africains se poursuit au Togo. Vendredi dernier, la caravane était au port de pêche et à la maison des pêcheurs de Lomé à la rencontre des femmes mareyeuses et les pêcheurs.

Mettre en lumière les impacts des changements climatiques sur les communautés africaines et leur environnement, et les solutions climatiques intégrées à leurs connaissances traditionnelles et locales, ainsi que des points d’action nécessaires pour lever les obstacles à la justice climatique, tels sont entre autres objectifs de cette caravane organisé par les ONG Jeunes Volontaires pour l’Environnement (JVE), Action des Jeunes pour le Développement Intégral et plusieurs autres organisation de la société civile.

 La rencontre a ainsi permis de s’enquérir des impacts des changements climatiques sur l’activité de la pêche sur les côtes togolaises.

« Il y a encore quelques années nous maitrisons les saisons de pêches où la rentabilité est bonne, et les types de poissons que nous pêchons à chaque saison de l’année, et même comment la production devrait évoluer jour après jour, mais maintenant nous ne maitrisons plus rien du fait que la saison change d’une année à l’autre, la pluviométrie et le vent », raconte Koudagbo Komla, pêcheur au port de pêche de Lomé.

Cette baisse de la rentabilité de l’activité de pêche impacte aussi les mareyeuses dont l’activité dépend de la productivité des pêcheurs en mer.

« Nous ne comprenons plus rien, l’activité de pêche était bien rentable mais depuis quelques années, surtout avec notre arrivé sur le nouveau site. Quand nos pêcheurs vont en mer, nous restons en prière pour qu’ils reviennent avec beaucoup de poissons mais parfois c’est presque les barques vides qu’ils retournent après avoir dépenser tout le carburant acheté », se désole madame Afiwa Sister, mareyeuse.

Les changements climatiques n’en sont pas les seuls causent, la pollution marine est l’une des raisons d’après notre réputé pêcheur Koudagbo.

« La dégradation de l’environnement marin aussi nous porte un coup dur. Il y a des bateaux qui navigue sur nos côtes et qui déversent les vidanges dans l’eau. Cette pollution fait éloigner les poissons de nos côtes », a-t-il précisé au cours des échanges.

Face à ces impacts des changement climatiques et de la dégradation de l’environnement sur l’activité de pêche, les pêcheurs et mareyeuses espèrent une justice climatique et appellent les grands pollueurs à compenser leur perte.

« Notre activité est fortement impacté. S’il y a une action à mener, c’est de nous aider à avoir des moyens de remplacer nos matériels de travail et pour subvenir à nos besoins au vu que notre activité n’est plus bien rentable », souhaitent les mareyeuses et pêcheurs.

D’après l’ONG Jeunes Volontaires pour l’Environnement la voix de ses pêcheurs et mareyeuses sera entendue à la COP27.

« Nous avons pu à cette rencontre échanger avec les pêcheurs et mareyeuses, qui nous ont partagé avec nous leur quotidien, et comment ils perçoivent et vivent les impacts du changement climatique et de la dégradation de l’environnement sur leurs activités. Nous avons aussi pu constater les dégâts causés par l’érosion côtière sur les ménages, et les populations avec la disparition des infrastructures, et d’autres activités économiques au-delà de la pêche qui sont fortement impactés. Ces populations espèrent une justice climatique et nous porterons leur voix, leur témoignage à la COP 27 », a confié Marcelline ATTEGOUA, chargé de coordination de la Caravane à l’ONG JVE.

Pour rappel, la caravane est soutenue par plusieurs organisations nationales et la coordination à l’échelle continentale est assurée par CGLTE, JVE, OXFAM, et SECAM (Conférence des évêques d’Afrique). La caravane devra permettre d’augmenter la pression citoyenne africaine sur leurs gouvernements nationaux et sur les négociations internationales lors de la COP27 pour une meilleure prise en compte des réalités, priorités et aspirations des populations vulnérables.