Le Jour d’après !

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Le 20 avril dernier, disparaissait le président tchadien Idriss Déby Itno (IDI) dans des conditions encore troubles que renforce au lieu de  les dissiper,  la version officielle d’une mort survenue au front. L’absence d’une revendication formelle de sa mort par les rebelles du Front pour l’Alternance et la Concorde au Tchad (FACT) qui se gardent au demeurant et ô surprise, d’en pavoiser, allant jusqu’à proposer un cessez-le feu après avoir éliminé le commandant en chef de l’armée contre laquelle ils sont en guerre ouverte, interroge au minimum sur les circonstances réelles du décès de celui qui présida trois décennies durant,  aux destinées des Tchadiens.

En attendant qu’un jour on en sache davantage sur cette mort aussi surprenante que brutale, les Tchadiens sont déjà dans le Jour d’après. Celui-ci est marqué par ce que certains appellent pudiquement «la prise de responsabilité de l’armée ».

En effet,  ils considèrent qu’en prenant le pouvoir au lendemain du décès d’IDI, l’armée tchadienne a fait ce qu’elle croyait être son devoir : stabiliser les institutions de l’Etat, dans un contexte de rébellion armée, d’atteinte à l’intégrité du territoire, de risques de troubles aggravés à l’ordre public et de désintégration sociale.

Pourtant, s’il faut donner un qualificatif à l’acte posé par les militaires, un seul y correspond : c’est un coup d’Etat. Avec peut-être des «circonstances atténuantes », qui n’enlèvent  en rien à son caractère de coup d’Etat.

Ceci étant, il serait suicidaire pour la nation tchadienne de s’arc-bouter sur ce qualificatif et de ne pas saisir cette opportunité pour bâtir une nouvelle société,  où le rythme de la vie publique n’est plus battu par des kalachnikovs.

Si les militaires ont fait, au mépris de la Constitution, ce qu’ils croyaient être leur devoir, sous l’œil complaisant voire approbateur de la communauté internationale, il appartient désormais aux civils de faire le leur : obliger le régime installé à un dialogue franc porté par une transition inclusive et apaisée.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, la disparition de celui qui incarnait la stabilité et la sécurité du pays pendant plus d’un quart de siècle, peut constituer une chance pour ses compatriotes de se retrouver et au Tchad de se pacifier.

Encore faut-il que les différents acteurs jouent la carte de la sincérité et aient le patriotisme chevillé au corps. Un pari qu’il est malheureusement risqué de prendre dans un pays où la classe politique manie davantage le  fusil que le bulletin de vote.

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