Le renouveau de l’hôtellerie togolaise se dessine à l’ère du Plan national de développement (PND, 2018-2022)

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Au Togo, le ministre du Tourisme annonce une nouvelle gouvernance dans le secteur de l’hôtellerie. Elle devrait déboucher sur la mise à niveau de 700 unités d’hébergement, toutes catégories confondues que compte le pays. Ce, afin de leur conférer un label de qualité, porteur pour la compétitivité de la Destination Togo, en ligne avec l’axe 1 du Plan National de Développement où les pouvoirs publics ambitionnent de mettre en place un hub logistique d’excellence et un centre d’affaires de premier ordre dans la sous-région.

Il s’agira d’instaurer une nouvelle gouvernance dans le sous-secteur, de renforcer les capacités des personnels et encourager la construction et l’exploitation d’unités hôtelières selon les normes internationales. Le plan est basé sur une relance du secteur pour la promotion du tourisme d’affaires. Objectif : redonner au secteur touristique de sa superbe d’antan.

La destination Togo dans sa phase glorieuse.

Le Togo a été une destination très fréquentée dans les années 60 à 80,  et où les établissements d’hébergement ont poussé pour soutenir le bon élan du tourisme. Avec la construction de l’hôtel Le Bénin, le premier gratte-ciel togolais en bordure de mer, le pays a atteint la phase de plein régime en matière touristique. Cette période glorieuse a vu la construction des établissements par le privé à l’instar de l’hôtel Tropicana, l’hôtel Ahodikpé et de nombreuses autres petites structures de maisons individuelles à étages avec parking et jardins privés. Sans oublier les atouts qu’offraient l’hôtel de la paix, l’hôtel Sarakawa, et l’hôtel du 2 février.

Cet essor du sous-secteur hôtelier va connaitre son déclin avec les crises politiques que le pays connaitra vers fin 80 et 90 faisant fuir les touristes. Faute de recettes, certains établissements hôteliers n’ont pas résisté au choc. Tropicana et la Paix sont devenus des abris pour des réfugiés et animaux.

Faire renaître le tourisme de ses cendres

Pour le gouvernement, le Togo a tous les atouts pour redevenir la destination « To Go » et un centre majeur du tourisme d’affaires dans la sous-région ouest africaine. D’où, en amont la politique de relance de l’hôtellerie lancée avec la réhabilitation de l’hôtel 2 février par un groupe d’investisseurs dans un cadre de concession. « Le potentiel de croissance est là », souligne le gouvernement dans le PND consulté par votre journal. L’ambition est d’accroitre la part du tourisme dans la création de richesse de 4% du PIB en 2015 à 6,2% en  2022 notamment grâce à la promotion du tourisme d’affaires. « Aussi, le nombre de visiteurs pour 100 habitants devrait passer de 3,2 en 2015 à 5 en 2022 et les recettes par visiteur de 520$ en 2015 à près de 700$ en 2022 et contribuer à créer au moins 10.000 emplois décents », indique le document.

De manière spécifique, la stratégie du gouvernement devra s’attacher à définir un positionnement clair (Go to Togo) et promouvoir la destination touristique Togo à travers la diversification, l’accroissement et la valorisation de l’offre touristique (culturelle, artisanale, écologique, économique et social) et hôtelière à travers la labélisation systématique et le rating, la facilitation du financement des investissements dans le secteur touristique et hôtelier et l’amélioration du cadre juridique et organisationnel du secteur.

Via la relance du secteur hôtelier

Tout se met en branle pour réaliser cet objectif en amont du développement du tourisme d’affaires engagé par les pouvoirs publics. Pour les hôtels publics, l’Etat Togolais envisage de réhabiliter ceux tombés en « faillite » comme la Paix ou Tropicana et les mettre sous contractualisation. Les dossiers seraient déjà avancés.

Sur le site de l’hôtel Tropicana, le gouvernement prévoit la construction d’une station balnéaire avec un port de plaisance, d’un hôtel 5 étoiles de 400 chambres et d’un autre de grand standing 4 étoiles par le groupe. Les hôtels Le Bénin (ex Ibis) et Sarakara sont actuellement confiés à une administration provisoire locale en attendant d’éventuels preneurs. 2 février par contre est en passe d’être repris par une autre société après la rupture de contrat avec Kalyan.

Se référant aux années glorieuses du tourisme au Togo et au rôle majeur qu’ont joué les hôtels à cet égard, le ministère en charge du secteur reste engagé à apporter un nouvel élan et un nouveau souffle au secteur hôtelier. « Le nouvel élan s’inscrit dans le cadre de la politique nationale de relance du secteur touristique relevée à  l’axe 1 et  3 du Programme National de

Développement (PND) du Togo », précise Atara Tfanaba, secrétaire général du ministère du Tourisme. Sous d’autres volets, l’Etat veut encourager les entrepreneurs à bâtir des établissements hôteliers qui respectent des normes internationales. La dynamique ainsi amorcée, devrait s’inscrire dans une stratégie globale de relance de l’hôtellerie. L’attention particulière des pouvoirs publics pour un essor du secteur touristique sur les 5 prochaines années, avec en toile de fond la valorisation de certains sites touristiques, devrait également contribuer à cette embellie annoncée.

Notons que le secteur hôtelier togolais, un secteur pourvoyeur d’emplois. En 2017, le cumul des chiffres a donné 12 000 emplois. Il génère comme chiffre d’affaires par an près de 45 milliards F Cfa et emploie 70% de femmes.