Le roadshow de Faure Gnassingbé sur le PND

0
830

Lancé le 4 mars dernier à Lomé, le Plan national de développement (PND, 2018-2022) continue d’être promu par les autorités du pays au plan local comme à l’international. La semaine dernière, du 25 au 26 mars à Kigali au Rwanda, lors de la 7e édition du Africa Ceo Forum, le document a été au centre d’un panel de haut niveau lors de la session « Invest In Togo », inaugurée par le Chef de l’Etat lui-même. Ce rendez-vous a été une occasion pour la délégation togolaise, conduite par M. Faure Gnassingbé de détailler aux 1500 investisseurs présents les ambitions du pays sur les cinq prochaines années. D’un coût estimé à 4 622 milliards de francs CFA (7 milliards d’euros), ce Plan entend s’adosser sur les résultats de la Stratégie de croissance accélérée et de promotion de l’emploi mise en oeuvre entre 2013 et 2017 qui a permis au pays d’engranger une croissance moyenne de 5,6 % contre un taux moyen de 3,9 % sur la période 2007- 2013.

Dans le scénario optimiste, l’impact du PND permettrait à la croissance de s’accélérer à partir de 2019 pour s’établir à 7,6 % en 2022, soit une moyenne de 6,6%. Adopté par le gouvernement en août 2018, le PND, conçu pour la période 2018-2022 vise la transformation structurelle de l’économie togolaise qui a affiché une croissance proche de 5% en fin d’année 2018. D’après les projections du PND, l’effet du plan serait tel qu’il permettrait au pays de créer au moins 500 000 emplois, et in fine d’accroître le revenu par tête de 9,7 %. Il s’articule autour de trois axes à savoir, créer un hub logistique d’excellence et un centre d’affaires de premier ordre dans la sous-région, développer des pôles de transformation agricole, manufacturiers et d’industries extractives et consolider le développement social et renforcer les mécanismes d’inclusion.

Toutes ces informations ont été communiquées par le Chef de l’Etat et ses lieutenants lors de cette rencontre internationale. Dans une brève présentation, le premier responsable a vanté le mérite du référentiel mais aussi dévoilé les opportunités de son pays. « Le Togo dispose du premier port en eau profonde en Afrique de l’ouest. Malgré la taille de son économie, le pays fait partie du top cinq des pays de l’Afrique les mieux connectés par la voie maritime », a-t-il souligné précisant qu’en Afrique de l’ouest, « nous essayons de faire une place nous basant sur les qualités qui sont les nôtres ». Un autre atout du Togo a-t-il précisé, l’environnement bancaire. « Le Togo abrite plusieurs banques importantes de la sous-région et le taux d’emploi le plus élevé dans l’espace communautaire ». Il fait partie des pays les plus réformateurs en Afrique en matière de climat des affaires. Au Rwanda, Faure Gnassingbé a aussi échangé avec son homologue Paul Kagame, deux chefs d’Etat qui se vouent une certaine admiration. Il a visité le «Tomorrow’s Rural Home » en français « le foyer rural de demain » développé par BBOXXun utilitaire de nouvelle génération- à Bugesera au sud de Kigali. Accueilli sur place par le ministre rwandais des Infrastructures, Claver Gatete et les responsables de la société britannique, il a été briefé sur le concept du foyer, les objectifs ainsi que d’autres détails techniques. Le Togo espère s’en inspirer.
Des réactions positives…

Le PND du Togo reste ambitieux et c’est unanimement le refrain servi par quelques investisseurs qui ont été reçus par le Chef de l’Etat ou lors des panels. Pour le directeur Afrique de l’Ouest et Centrale de la Société financière internationale, Aliou Maiga « le Togo est petit en superficie mais dispose d’un atout majeur en termes de transport logistique pour son port en eau profonde qui le classe 1er en Afrique de l’Ouest ».
Grégory Krief, directeur de MSC Togo affirmera pour sa part : « le hub logistique de Lomé est une réalité » et le projet majeur lancé dans le domaine de la sécurité maritime par le Togo « rassure les investisseurs que nous sommes ». La Société financière internationale et l’Africa Finance Corporation, se sont tous les deux déclarés intéressés par le PND. Autre soutien inattendu, celui du l’opérateur panafricain de fibre optique Liquid Telecom qui a publiquement manifesté son intention d’investir au Togo. Le Togo a aussi profité de cette rencontre pour lancer quelques initiatives axées principalement sur le numérique. La première, BLOC, est un fond d’impact lancé en partenariat avec Bamboo Capital Partners, et Moeda Seeds Bank. Il vise à mobiliser 100 millions d’euros pour financer exclusivement les entreprises qui utilisent les nouvelles technologies. Un exemple du « leadership du Togo en Afrique en tant que pionnier des nouvelles technologies et de la chaîne d’approvisionnement », a déclaré Cina Lawson. Rwanda, direction Afrique du Sud Juste à la fin de la rencontre de Kigali, le Chef de l’Etat a fait un tour chez son homologue Sud Africain. Le langage était le même : le PND. Selon le communiqué officiel publié par la présidence de la république, des entreprises de la nation arcen-ciel sont attendues à Lomé prochainement.