Les bonnes et les mauvaises questions de Mgr KPODZRO

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A presque 90 ans, il se découvre une nouvelle  vocation : celle de prendre le leadership de la lutte pour l’alternance au Togo. De fait, depuis plusieurs mois Mgr Philippe Kpodzro, archevêque émérite de Lomé, multiplie les déclarations et les provocations. Les sorties de route aussi. La Jeanne d’Arc version masculine à la sauce togolaise, mobilise la classe politique opposante, la société civile combattante et tous ceux que le pays compte d’adversaires déclarés ou affichés au pouvoir, y compris le «  scénariste » Mohammed Loum dont les versions sur les incendies des marchés de Lomé, sont proportionnelles au  nombre de ses interventions.

Sa démarche revendiquée et assumée est simple : provoquer une convergence des luttes  pour créer les conditions d’une alternance en 2020 et chasser du pouvoir «  le clan et les rapaces  qui se sont installés sur le pays depuis 50 ans ». Qui peut reprocher à un citoyen son désir d’alternance ; celle-ci étant consubstantielle à tout système politique démocratique et pluraliste ? D’autant qu’avant d’être prélat, l’ancien évêque d’Atakpamé est un citoyen et un électeur. Mais il pèche en se revêtant du manteau d’homme de Dieu pour parvenir à ses fins politiques. En effet,  avec ce  combat partisan  mené à la marge de la Conférence des Evêques du Togo qu’il fragilise, avec des moyens et des propos parfois à la limite du délit, Mgr Kpodzro sort de son rôle de « pasteur ». Il s’invite dans l’arène politique dont il devient un des acteurs,  s’exposant ainsi non seulement aux critiques même les plus violentes, mais également aux coups acérés   que réserve  la vie publique.

En outre, les résultats de son nouveau cheval de bataille sont plus qu’aléatoires ; la principale formation politique de l’opposition l’ANC (tout comme le PNP)  avec laquelle il entretient de difficiles rapports,  boycotte  son initiative.

Au surplus, dans les années 90, à la tête de la Conférence nationale souveraine puis du Haut Conseil de la République, le natif de Tomégbé avait eu l’opportunité de créer les conditions apaisées du passage d’un système de parti unique à celui multipartiste et favoriser ainsi une alternance en douceur. Mais il avait choisi, déjà,  d’emprunter la voie tracée par les « radicaux », celle de l’invective, de la stigmatisation et de la promesse de guillotine pour les partisans de l’ancien régime.

Pour autant, l’ancien séminariste de Ouidah  dont les détracteurs évoquent avec une once de méchanceté la sénilité pour expliquer ses positions, n’égrène pas qu’une litanie  de positions hasardeuses. Il a raison par exemple, lorsqu’il s’émeut et condamne le fait que 7 ans après, les auteurs des incendies des marchés de Lomé et de Kara courent toujours.

Ces actes criminels qui ont porté de graves préjudices à notre économie, provoqué de véritables tragédies dans des ménages qui ont tout perdu et parfois la vie, doivent être élucidés. Le président de la République s’y était  engagé.  «   La justice passera,   quoi qu’il en coûte », avait-il martelé. Il faut que cet engagement soit tenu.

Jean-Paul AGBOH

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