« Les Togolais de l’extérieur ne peuvent et ne doivent plus rester spectateurs et loin du développement de notre pays » : Edem d’Almeida

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Edem d’Almeida, fondateur d'Africa Global Recycling

Sa dernière innovation est ECOBOX, un point de vente multiservice  développé avec son partenaire stratégique le groupe TOGOCOM.  Depuis son retour au Togo,  Edem d’Almeida a réussi en dix ans à faire de sa start-up Africa Global Recycling (AGR) lancée dans le garage familial, un acteur de premier plan dans la valorisation des déchets ainsi que  l’un des pionniers des solutions intégrées de projets RSE ou environnementaux. C’est dans ses bureaux situés à Wuiti que celui qui se définit comme un « afro-optimiste » nous a reçu pour cette interview exclusive.

Focus Infos : Vous êtes l’une des figures de la diaspora, rentrée au Togo et qui a lancé son entreprise. Qu’est-ce qui vous a motivé ?  

Edem d’Almeida : Je veux avant tout être un apporteur de solutions et un acteur de développement de mon pays. A la faveur de l’appel constant lancé par le Chef de l’Etat à l’adresse des Togolais de la diaspora et fort de mes compétences acquises à l’extérieur, je suis rentré pour apporter ma pierre à la construction de notre édifice commun. Je m’emploie aujourd’hui à démontrer que la situation de notre pays est propice pour sauter le pas, en dépit des sacrifices de toutes natures que cela requiert. D’autant plus que les investisseurs étrangers accourent de partout pour investir au Togo, et plus généralement en Afrique, plus que jamais le continent des opportunités.

De fait, les Togolais de l’extérieur ne peuvent et ne doivent plus rester spectateurs et loin du développement de notre pays.

Pour ma part, j’ai tout à donner au Togo et je continuerai de tout lui donner : de la passion, de la confiance en l’avenir, de l’engagement, du rêve, de l’innovation et de la réussite…

F.I : Vous êtes installé depuis quelques années maintenant. Quelles sont les leçons que vous avez apprises et que pouvez-vous partager en terme d’expérience ?

E.A. Cela fait effectivement 9 ans que je suis rentré au Togo. Presque une décennie, remplie de leçons : des expériences heureuses et malheureuses qui me permettent, toutes, d’avancer.

Je mets à disposition des gouvernants et de tous, mes compétences et mon expertise sur les sujets liés aux problématiques environnementaux, à la gestion des déchets ou encore à la responsabilité sociale et sociétale (RSE) pour apporter ma modeste contribution à l’atteinte de nos Objectifs de Développement Durable ( ODD). L’expérience de mon parcours est un cas d’école.

Aux jeunes entrepreneurs, je partage volontiers les leçons de mon parcours entrepreneurial pour tenter de leur éviter les mêmes erreurs ou pièges auxquels j’ai été et continue d’être confronté.

Aux compatriotes de la diaspora, avec qui j’interagis beaucoup, je partage cet optimisme et cette foi en notre Togo. Il ne faut pas avoir peur de rentrer, il ne faut pas avoir peur d’entreprendre, de se casser les dents, il ne faut pas douter du Togo ; il est riche de potentialités et c’est à nous de le construire d’abord.

F.I : A vous entendre, on a l’impression que c’est facile d’entreprendre et de réussir….

Sören Kierkegaard disait : « Ce n’est pas le chemin qui est difficile, c’est le difficile qui est le chemin. »

Tout dépend de la définition que nous donnons à la réussite. Pour moi, c’est la satisfaction de générer de l’impact positif et de me sentir utile. Il est évident que nous ne pouvons être tous des entrepreneurs. Il faut de tout pour faire un monde. Il y a bien des domaines où je suis moins bon, voire mauvais. La volonté, l’engagement, la patience, la vision et la passion ne suffisent pas en réalité. Il faut du travail, des opportunités à saisir mais aussi un cadre favorable à faciliter la réussite des jeunes entrepreneurs.

F.I : Votre start-up Africa Global Recycling (AGR) est spécialisée dans la gestion et la revalorisation des déchets. Quelques chiffres clés à partager avec nous ?

E.A : Nous avons plus de 10 000 tonnes de déchets valorisés au compteur depuis la création avec un investissement de plus d’un million d’euros à ce jour. AGR, aujourd’hui, c’est 50 emplois permanents et près de 130 emplois indirects.  Malgré les impacts de la crise sanitaire sur nos activités, nous avons valorisé 2000 tonnes de déchets en 2020.

C’est également un programme d’éducation « Moi Jeu Tri » qui a vu le jour en 2016, porté désormais par l’Association du même nom avec 55 000 enfants bénéficiaires au Togo et en Côte d’Ivoire.

F.I : Quelle solution apporte votre dernière initiative intitulée ECOBOX, ce projet lancé  dans la préfecture des  Lacs avec votre partenaire TOGOCOM ?

E.A : Nos insuffisances en matière d’assainissement, d’emplois des jeunes, d’initiatives économiques dans les territoires pour les plus vulnérables ont été amplifiées par la crise du COVID19, et risquent de l’être davantage.

En concevant « ECOBOX » au plus fort de la crise sanitaire en 2020, notre volonté a été d’apporter notre contribution aux efforts déjà déployés par les collectivités locales et le gouvernement pour l’employabilité des jeunes notamment.

C’est un partenariat novateur à plusieurs dimensions, avec le Groupe TOGOCOM  dans le cadre de sa démarche de responsabilité sociale (RSE) qui conjugue Développement Local, Entrepreneuriat des jeunes, Education et Environnement.

« ECOBOX » est à la fois un nouveau type de point de vente des produits et services TMONEY, et un point de rachat de déchets recyclables auprès des populations mais aussi la possibilité d’y créer d’autres activités génératrices de revenus dans le numérique, la micro-assurance, le micro-crédit par exemple. Le déchet prend de la valeur et devient un moyen de transaction.

Au-delà de ces aspects, il s’agit d’un programme plus ambitieux d’accompagnement à l’entrepreneuriat et de mentorat des jeunes de 3 ans. Les jeunes sélectionnés, tous anciens bénéficiaires du Volontariat d’Engagement Citoyen du Programme du Volontariat National du Togo (PROVONAT), bénéficient de formations et de fonds d’amorçage pour faire grandir leur entreprise dont ils seront entièrement propriétaires au bout de 3 ans.

Si les premiers « ECOBOX » sont déployés à Aného dans la Commune des Lacs 1, notre ambition est d’en faire bénéficier les 117 communes du Togo en associant les dispositifs de l’Etat et d’autres entreprises dans divers secteurs d’activités

Je voudrais remercier mesdames  Cina Lawson et Myriam d’Almeida-Dossou, respectivement Ministre de l’Economie numérique et Ministre du Développement à la base et de l’Emploi des jeunes, pour leur intérêt et leur soutien dans la mise en œuvre de ce projet.

La Rédaction

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