L’hypergamie masculine, une tendance contre les codes traditionnels ?

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Tony Bou, psychologue au Centre convivial des femmes

Comme une malédiction. Mais est-ce vraiment le cas ?

Du grec hyper qui signifie au-dessus de , au-delà et de gamos mariage, rapport sexuel), l’hypergamie est le fait pour un individu de préférer des conjoints ayant un niveau ou un statut social plus élevé que le sien , ou plus généralement, dans une société, le fait de privilégier des alliances de ce type. L’hypergamie masculine se définirait donc comme l’attirance de certains hommes pour des partenaires féminines plus âgées, plus riches, plus puissantes et qui les domineraient, selon Dr Tony Bou, psychologue clinicien au Centre convivial des femmes.

Dans les codes traditionnels, les hommes se mettent en couple avec des femmes plus jeunes, belles et en bonne santé, pouvant leur assurer une descendance. Tandis que les femmes privilégieraient les partenaires masculins plus âgés, beaux, forts et riches, avec un statut social important, capable de protéger le couple et leurs éventuelles progénitures en toutes circonstances. De nos jours, ces certitudes semblent être battues en brèche et les choses semblent se passer à l’envers.

Evolution

Il semble que la réalité modifie ce tableau. Ainsi, en fait de prince charmant fort, beau et puissant etc., et à défaut d’en trouver et de les séduire, beaucoup de femmes se contentent d’abord d’un géniteur. Puis usant de la technique du singe allant de liane en liane, elles passeront éventuellement à un homme riche pour assurer à leur descendance « une protection sociale ». Pour celles qui ont déjà formé un couple avec un homme riche, elles chercheront un partenaire reproductif secondaire, plus clairement un amant qu’elles entretiendront financièrement et protègeront. Cette situation serait la cause de l’hypergamie masculine.

A cela, il faut ajouter que beaucoup de femmes font aujourd’hui de longues études, deviennent carriéristes ou en toute hypothèse, sont financièrement indépendantes. De fait, elles ont des difficultés à rencontrer des hommes célibataires de leur génération qui eux, se lancent à la quête de partenaires plus jeunes, et sont peu séduits par l’idée de se mettre en couple avec ce profil de femmes, à la réputation d’ « indépendantes et de suffisantes ».

Aussi, celles-ci se rabattent-elles sur des hommes plus jeunes, socialement moins nantis. Ces derniers, souvent en difficultés financières et n’ayant pas encore réussi à s’installer sur le plan professionnel, éprouvent des difficultés à séduire les filles de leur génération. Ils se mettent donc en couple avec ces femmes plus âgées, qui leur assurent le gîte et le couvert.
Moïse Akpa, artiste, se confie : « moi je ne me vois pas aujourd’hui épouser un femme qui se cherche comme moi. Cette galère, je préfère la vivre, seul. S’il faut être deux, autant que la femme ait au moins un peu de moyens même si c’est ma grande sœur car moi je m’en fous de l’âge ».

L’hypergamie, doit-on en avoir honte?

Pour Tony Brou, dans l’absolu, l’hypergamie masculine n’est pas une pathologie. « C’est une paraphilie qui est une attirance sexuelle qui parait anormale. Elle ne fait de mal à aucun des deux partenaires », ajoute-t-il. C’est le regard de la société et le jugement qu’elle porte sur ce type de relation qui en font un sujet d’interrogation voire de honte.

Selon lui, cette pratique est bien au contraire profitable à l’humanité en ce qu’elle contribue à garantir la survie de l’espèce humaine en amenant les hommes à assumer leurs choix et les femmes à choisir des mâles aptes à protéger leur descendance. Elle contribue également à diminuer le célibat définitif des hommes socialement peu ou pas insérés.

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