L’importante contribution de l’économie bleue au développement du Togo

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Les activités maritimes représentent un apport important dans l’économie du Togo, environ 75% des recettes fiscales du pays selon les données officielles, grâce particulièrement aux activités de pêche et de transit de marchandises au Port autonome de Lomé (PAL). La pêche, elle seule, emploie plus de 20 000 personnes et contribue à près de 4,5% du PIB du pays, selon les plus récentes données. En ce mois de juin qui est consacré aux activités maritimes dans le monde, Focus Infos fait un zoom sur l’économie bleue au Togo.

Les chiffres d’affaires du port en hausse

Le Port autonome de Lomé avec une profondeur de 16,6 mètres soit la plus profonde de la côte ouest-africaine et pouvant accueillir des navires de 3ème génération, constitue le poumon de l’économie togolaise.

Au fil des années, il enregistre une croissance en termes de chiffre d’affaires. De 2017 à 2021, les recettes du PAL ont évolué de 26 milliards FCFA à 35 milliards FCFA, ce qui traduit une hausse de 34% en 5 ans. Précisément, les recettes sont passées de 26 milliards FCFA en 2017 à 29 milliards FCFA en 2018. Elles vont progresser légèrement de 3% pour atteindre 30 milliards FCFA en 2019, puis près de 31 milliards en 2020.

La tendance haussière des chiffres d’affaires, faut-il le relever, est une résultante de la progression du trafic enregistrée par la plateforme portuaire. En effet, on note une hausse de 52% entre 2020 et 2021, soit 19 millions de tonnes de marchandises en 2020 contre 29 millions tonnes en 2021 qui ont transité par le Port de Lomé.

D’après les autorités portuaires, le transbordement a connu une augmentation de 18 % entre 2020 (1.342.546 conteneurs) et 2021 (1.585.101 conteneurs). En 2021 également, le PAL a accueilli 1629 navires contre 1510 en 2020, soit une progression de 7%.

Ces  différentes  performances ont permis au port de Lomé de faire son entrée dans le classement des 100 premiers ports les plus importants de la planète, et dans le Top 5 africain d’après la revue britannique Lloyd’s List, spécialisée sur les questions maritimes.

Des réformes au PAL

L’ensemble des performances enregistrées au cours de ces dernières années, selon le Directeur général du PAL, le Contre-Amiral Fogan Adégnon, est porté par les réformes engagées dans le secteur maritime.

Ces réformes sont, entre autres, la dématérialisation de la totalité des procédures d’enlèvement des marchandises avec le paiement en ligne des factures, l’opérationnalisation des services du port, depuis quelques années, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, ou encore la réduction du temps des procédures administratives.

Ces différentes réformes engagées, selon Edem Tengué, s’inscrivent dans la politique d’investissement visant à faire du Port de Lomé la première destination de choix pour les grands armateurs du monde ainsi qu’un hub logistique dans la sous-région.

La pêche se développe

Le secteur de la pêche est en plein essor au Togo. En témoignent les chiffres de la production halieutique ces 5 dernières années. Selon les statistiques de la Direction de la Pêche et de l’Aquaculture (DPA), la production a atteint plus de 37 000 tonnes de poissons capturés, entre 2018 et 2019. Ces quantités sont portées par le Port de pêche de Lomé, qui a tiré, d’une année à l’autre, 17 260 tonnes et 17 534 tonnes, respectivement. Le reste de la production enregistrée provient notamment des sites de pêche de Kodjoviakopé (frontière Togo Ghana) et de Payédémé (frontière Togo Bénin) et le Lac Nangbéto.

Ce qui démontre la surreprésentation de ce port lancé officiellement en 2019, dans le système halieutique togolais. « Ces progrès s’expliquent par l’attractivité du nouveau port, inauguré en 2019, qui offre un cadre moderne aux acteurs de la pêche », s’est félicité le ministre de tutelle, Edem Kokou Tengue.

D’après les statistiques, en 2021, plus de 4000 tonnes de poissons ont été pêchées depuis le Port de Pêche artisanale de Lomé (POPEL). Ce qui correspond à une hausse de près de 18% par rapport aux 3450 tonnes de 2020, selon les informations publiées par le ministère de l’économie maritime et de la pêche.

Lutte contre la pêche illicite

D’après les données du Fonds des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FOA) rapportées par le ministre Edem Tengué, « la pêche illégale serait responsable de la prise annuelle de 11 à 26 millions de tonnes de poissons, privant ainsi l’économie mondiale de 10 à 23 milliards de dollars ». De ce fait, le Togo s’est engagé dans la lutte contre la pêche illégale non déclarée.

L’Assemblée nationale a adopté plusieurs lois relatives à la lutte contre la piraterie, les autres actes illicites et l’exercice par l’État de ses pouvoirs de police en mer, à la réglementation de la pêche et de l’aquaculture au Togo, au code de la marine marchande.

Il est à noter que le Togo, pour lutter contre la pêche illégale, a pris des initiatives, notamment l’adoption d’une loi portant réglementation de la pêche et de l’aquaculture.

L’économie de 8 millions d’habitants a aussi pris des dispositions juridiques selon lesquelles « les navires d’un pays tiers ayant à bord des produits de pêche, communiquent aux autorités togolaises, les pièces relatives à ces produits qui démontrent leur non provenance de la pêche illégale ».

Il a également dans la même dynamique, adhéré à plusieurs conventions internationales dont celle des Nations unies sur la conservation et la gestion des poissons chevauchants et les stocks de grands migrateurs de 1995.

Appel à une prise de conscience

A l’occasion de la journée mondiale des océans, le Ministre de l’économie maritime Edem Tengué a appelé les acteurs de la filière au Togo, à une exploitation raisonnable des produits des espaces aquatiques.

« La préservation des océans exige que nous allions au-delà du cadre juridique et réglementaire. Nous sommes en pleine crise des océans ! Nous prenons l’océan pour un dépotoir. L’océan reçoit beaucoup plus qu’il ne peut supporter (gaz à effet de serre, le fumier et les engrais, le plastique, la pollution pétrolière et bien plus encore). Cela conduit à la destruction des écosystèmes marins. Toutes les 60 secondes, un camion de plastique pénètre dans l’océan et 8 millions de tonnes de déchets plastiques y sont rejetés chaque année», a alerté l’autorité qui établissait le lien avec le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat qui conclut que « l’océan est désormais plus chaud », plus acide et moins productif et les phénomènes extrêmes gagnent en intensité.