Patriotisme économique

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Ce mardi a été commémoré le 49è anniversaire de l’attentat de Sarakawa, présidé par le Chef de l’Etat Faure Gnassingbé. En effet, le 24 janvier 1974, l’avion dans lequel se trouvait feu Gnassingbé Eyadéma s’était écrasé dans cette localité. Les milieux financiers étrangers avaient été accusés d’être les instigateurs de cet accident, en raison de leur hostilité à la nationalisation de l’exploitation des mines de phosphate. 50 ans plus tard, la symbolique de la commémoration de ce tragique évènement est surtout un appel au patriotisme économique, unique gage d’une croissance inclusive et d’un développement durable.

Il ne s’agit pas nécessairement ici ni d’ailleurs dans l’esprit de feu président Eyadéma de militer pour l’adoption d’une politique de préférence nationale, sans discernement ni en toutes circonstances. Mais de considérer que l’intérêt de notre pays doit être préservé et protégé, en face des velléités capitalistes et libérales, quoi qu’il en coûte.

Dans le nouveau contexte de la mondialisation, nous avons le devoir d’assurer la sécurité à nos ressortissants, en disposant, en toute indépendance, des moyens nécessaires à cet effet et d’une capacité de décision autonome. Nous devons être capables de maîtriser les intérêts essentiels de notre nation, au besoin en nous opposant aux exigences de la mondialisation. Nous ne devons pas abandonner à la discrétion d’autres pays ou des individus étrangers, des productions à caractère stratégique.

De fait, l’héritage né du 24 janvier 1974 doit être reçu comme un ensemble de politiques qui mettent le contrôle interne de l’économie, du travail, et la formation du capital, même si cela nécessite des restrictions, y compris à la circulation de la main-d’œuvre, des biens et des capitaux.

Ou encore remet en cause les avantages du libre-échange. Il ne faut pas avoir peur des mots tels que protectionnisme, encore moins de la substitution des importations par des produits locaux. La cause est entendue : il ne s’agit ni plus ni moins que de promouvoir l’excellence économique du pays.

Ainsi, nous devons reconnaître, encourager et soutenir les bras, l’expertise et l’intelligence dont regorge celui-ci en les mettant à l’épreuve et en les sollicitant. Bâtir la terre de nos aïeux pour nous et pour les générations futures, relève d’abord de la responsabilité des Togolais, mais encore faut-il leur en donner les moyens et l’opportunité.

De fait, Etat, administrations publiques centrales, collectivités locales, consommateurs et entreprises sont invités à favoriser les activités nationales. Ils devront partager le sentiment d’appartenir à un système économique et social dont il convient d’assurer la pérennité. Ce message, vieux d’un demi-siècle, est plus que jamais d’actualité.