RAPO2022 : le Togo fortement représenté à Niamey

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La 11ème Réunion annuelle du partenariat de Ouagadougou (RAPO) se tient du 12 au 15 décembre 2022 dans la capitale nigérienne, Niamey. Des délégations des 9 pays francophones, membre du réseau, y prennent part dont celle du Togo fortement mobilisée pour la rencontre.

Elle est conduite par le secrétaire général du ministère de la santé, de l’hygiène publique et de l’accès universel aux soins, Docteur Kokou Wotobe et composé des représentants des différents ministères : santé, action sociale, économie et finances. On constate également une forte représentation de la société civile avec les différentes associations comme, entre autres l’ATBEF, l’Association des femmes juristes du Togo, les leaders religieux, les représentants des collectivités locales, les jeunes et les partenaires qui accompagnent le pays dans la mise en œuvre de son plan stratégique.

Le thème retenu cette année pour la RAPO est : « Planification familiale et développement socio-économique ». En début de la journée du 14 décembre, le Togo et d’autres pays ont présenté les efforts, défis et perspectives en ce qui concerne la mise en œuvre des projets en lien avec la santé de la reproduction et la planification familiale. C’est la docteure Makilioubè Tchandana, responsable de la Division santé maternelle et infantile, qui a donné le ton avec le modèle « multisectorialité et planification familiale » développé par le Togo. « Cette multisectorialité est vraiment nécessaire pour l’atteinte des objectifs au niveau des différents secteurs sociaux, santé, éducation, protection de l’enfant et rentre en ligne droite de la feuille de route gouvernementale », a-t-elle commenté.

Le projet, selon Docteur Amétépé Abram Agossou est développé par l’Association togolaise pour le bien-être familial (ATBEF) dans trois régions différentes au Togo notamment Plateaux, Kara et Savanes.

La multisectorialité en lien avec la santé de reproduction en général et la planification familiale en particulier fonctionne à travers la mise en place des cadres multisectoriels de façon décentralisée. « Le projet, recherche action, mise en œuvre par l’ATBEF, consiste à mettre en place un cadre multisectoriel qui regroupe tous les ministères connexes dans la zone afin de porter  des approches de solution aux problèmes liés à la jeunesse, aux problèmes de santé spécifiquement, des problèmes de respect des droits, des problèmes d’accès aux services des jeunes et adolescents, des problèmes liés au maintien de la jeune fille à l’école et aussi le financement à travers la municipalité et le secteur privé », a détaillé Edem Dodzi, chargé de la mobilisation des ressources à l’ATBEF.

Les efforts du projet ont permis, en effet, d’atteindre des résultats salutaires. « De 2018 à 2021, il est constaté une diminution des grossesses précoces en milieu scolaire qui passe de 1,9 à 1,6 ; pour les avortements provoqués, on constate une diminution de 1700 à 1500 ; des cas de viol résolus par la prise en charge médical, psychologique et juridique atteint 121 cas résolus ; la formation de 45 prestataires au Togo à offrir des services médicaux de qualité aux jeunes dans la zone d’intervention du projet. La multisectorialité a permis aussi l’implication effective des leaders religieux et traditionnels, des maires, des préfets, des agents sociaux et des prestataires de services de santé », a souligné Edem Dzotsi.

Par ailleurs, dans la mise en œuvre de la multisectorialité, le Togo fait face à des défis notamment la gouvernance, la mobilisation des ressources domestiques et la synergie d’action au niveau des différents secteurs.

Entre autres perspectives, un plaidoyer est en cours à l’endroit de l’Etat, de l’Assemblée nationale, des communes et du secteur privé pour la mobilisation des ressources domestiques en faveur de la Planification familiale en général et de l’accessibilité des produits PF en particulier avec une attention particulière aux jeunes.

Le Partenariat de Ouagadougou a été lancé lors de la Conférence Régionale sur la Population, le Développement et la Planification Familiale tenue à Ouagadougou au Burkina Faso en février 2011 par les 9 gouvernements des pays francophones de l’Afrique de l’Ouest et leurs partenaires techniques et financiers pour accélérer les progrès dans l’utilisation des services de planification familiale au Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Togo.