Sur les marchés, les prix flambent

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La pandémie du COVID-19 ralentit les activités économiques mondiales et beaucoup craignent une crise économique qui succéderait à celle sanitaire. Les ménages doivent faire face par endroits à une inflation galopante. C’est le cas au Togo où malgré le ferme rappel à l’ordre des autorités publiques, les prix flambent sur les marchés. Dossier de FOCUS INFOS.

Les premiers produits à avoir connu une hausse furent les bavettes et les gels hydro-alcooliques, dès la confirmation du premier cas du COVID-19 au Togo le 06 mars dernier. Les masques vendus jusqu’alors à 100FCFA l’unité ont vu leur prix augmenter de 400%. Quant aux gels hydro-alcooliques, leur tarif a triplé, le flacon de 60 ml passant de 500 à 1500 FCFA. De fait, le gouvernement avait condamné cette inflation, appelant chacun au sens de responsabilité pendant cette période de crise. Si cette interpellation semble avoir été entendue par des officines comme les pharmacies, ce n’est pas le cas des marchés.

A Attikpodji au centre de Lomé, où se vendent tomate, piment, oignon, ou encore gombo etc.., les prix sont en constante augmentation : « le panier de tomates négocié encore à 10.000 FCFA avant le COVID-19 est aujourd’hui à 35.000 FCFA », rapporte Da Ablavi revendeuse de tomates. Cette hausse surprend Dodjinon, une détaillante , qui relève qu’on est loin de la saison décembre-janvier où les tomates sont chères.
Tout comme celui de la tomate, le prix du piment vert (communément appelé gboyébéssé) ou encore du gombo, a aussi connu une inflation. « Le panier du piment vert était à 3000 FCFA avant la crise. Aujourd’hui, il se négocie entre 17.000 et 20.000 FCFA. Le petit bol coûte 2000 FCFA environ, contre 500 à 600 FCFA avant », détaille une vendeuse.

L’inflation s’est également installée dans les marchés périphériques, notamment à Totsi ou Agoèassiyéyé. Seul l’oignon semble échapper pour le moment à ce constat, avec un prix toujours négocié à 25.000 FCFA le sac.
Les produits céréaliers comme le riz, le maïs, le mil, le haricot etc. ou le sucre sont logés à la même enseigne que les légumes. En moyenne, le prix du riz a augmenté de 3,5% et de 9% selon sa qualité. Celui du haricot de près de 40% , avec un tarif de 1300 à 1400 FCFA le bol contre 950 et 1000 FCFA auparavant ; tandis que le bol du gari est cédé à 1000FCFA contre 850 FCFA, soit une hausse de 17%.
Quant au sucre, le sac de 50 kgs a connu une hausse de 6,25% pour se négocier désormais à 17.000 FCFA, alors que le kg se vend à 550 FCFA contre 500 FCFA il y a quelques semaines. Dans les boutiques, le carton de pâtes alimentaires autrefois à 4300 FCFA est passé à 5100FCFA voire 5.500 FCFA selon la qualité, avec une hausse moyenne de 18%.
En revanche, le prix du lait, de la tomate en boite de conserve et celui de l’huile reste inchangé. Le bidon de 25 litres connaît même une légère diminution d’environ 10%.

Pluviométrie et bouclage de la ville :

Pour les grossistes de légumes, la hausse du prix de leurs produits s’explique par deux facteurs. D’abord une faible pluviométrie. « Il pleut peu, rendant la culture et la récolte compliquées », explique l’un d’eux. Ensuite, les difficultés d’acheminement des produits vers Lomé. En effet, face au bouclage de la capitale depuis le 21 mars, les forces de sécurité exigeraient des taxes avant le passage des véhicules de marchandises. « Nous payons jusqu’à 5000FCFA par passage selon le type de véhicule », raconte un transporteur. De fait, ceux-ci répercutent ces taxes sur le prix du transport qui a connu une augmentation moyenne de 100%. A cela, il faut ajouter le fait que les grossistes refusent, face à l’incertitude due à la crise sanitaire, de faire des crédits aux détaillants.
Pour les céréaliers, une autre raison explique le surenchérissement des produits : la fermeture des frontières. « Le sucre, le riz et beaucoup d’autres choses que nous vendons sont importés. Avec la fermeture des frontières, les prix flambent automatiquement », explique le boutiquier Aladji.

S’il comprend les raisons évoquées, la Ligue des Consommateurs du Togo (LCT) appelle tout de même à la solidarité et convoque les valeurs humaines pendant cette crise. « C’est une période très cruciale où tout le monde doit avoir une conscience humaine, sociale… », souligne Emmanuel Sogadji. Il relève que cette situation est en partie due aux insuffisances dans le contrôle des prix par les autorités en charge du commerce. « Les services de contrôle de disposent pas suffisamment de ressources humaines et logistiques pour faire le tour des marchés et boutiques », regrette-t-il.

A Lomé, ils ne seraient qu’une vingtaine, sans moyens de déplacement. Il accuse par ailleurs certains opérateurs économiques d’être véreux et de mauvaise foi, invitant le gouvernement à agir et à sévir.

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