UN BON DEBUT !

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L’affaire avait fait grand bruit en 2015. Cinq (5) personnes avaient alors été interpellées et emprisonnées dans le cadre d’une rocambolesque affaire de détournement de la bagatelle somme de dix-sept (17) milliards de FCFA au préjudice de l’Office Togolais des Recettes (OTR), créé en décembre en 2012, qui cherchait ses marques et n’avait pas encore atteint sa vitesse de croisière. Malgré leur tentative de destruction des preuves à travers une intrusion dans le système informatique dénommé Sydonia, les 5 indélicats, dont un caissier, un informaticien, un agent des douanes, salariés de l’OTR, associés à un transitaire et à un déclarant en douanes, n’ont pas pu échapper aux enquêteurs et autres auditeurs, lancés à leurs trousses.

Quatre (4) ans après, en dépit de leur aveu partiel parce que ne portant que sur huit (8) millions de FCFA, des plaidoiries de leurs avocats et même du réquisitoire du Procureur, la justice a eu contre eux la main lourde au terme de leur procès tenu la semaine dernière : sept (7) ans de prison ferme pour chacun des prévenus, condamnés solidairement à payer à l’OTR, 17 milliards FCFA de dommages et intérêts. Comme pour en faire des exemples.

En effet, c’est la lecture que l’on peut faire de ce jugement qui n’a pas autant fait le buzz que l’affaire elle-même, 4 années plus tôt. Certes, beaucoup de zones d’ombres continuent à planer sur ce dossier qui n’a sans doute pas dévoilé toutes ses ramifications, ni révélé l’étendue des responsabilités. Un goût d’inachevé donc, voire pour les sceptiques, une once de procès de « seconds couteaux ».

N’empêche que ce premier pas vers la sanction de ceux qui privatisent impunément et depuis trop longtemps l’argent public est à saluer. Et à amplifier. L’impunité renforce l’idée d’un club d’ «intouchables » et entretient une atmosphère à la « cosa nostra », incompatibles avec l’ambition d’une émergence économique et d’un Etat moderne, que porte résolument le Plan National de Développement (PND). Aucun pays ne peut bâtir une économie structurée, forte, performante et inclusive au bénéfice de sa population, s’il ne lutte pas efficacement et sévèrement contre la corruption endémique et le détournement des deniers publics.

Ce combat passe par l’obligation de reddition des comptes qui doit incomber à tous ceux qui ont en charge la gestion de l’argent des Togolais et une nécessaire sanction, lorsque ces comptes ne sont pas exacts. En attendant que la Haute Autorité de prévention et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées (HAPLUCIA), convainque une opinion sceptique grâce à l’aboutissement de dossiers instruits, la justice semble à travers la décision de la semaine dernière, avoir donné l’exemple. Reste à confirmer que cette sentence ne fut pas qu’un simple feu de paille.

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