Un retour triomphal, forcément !

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Ainsi donc, après une décennie passée hors de son pays et pour une bonne partie dans les geôles de la Cour pénale internationale (CPI), Laurent Gbagbo devrait être en principe de retour en Côte d’Ivoire le 17 juin prochain. En principe parce que même si le gouvernement ivoirien a fini par concéder ce jour, les partisans de l’ancien président ne peuvent pas être tout à fait rassurés et évacuer la position tranchée du ministre de la Communication,  qui soutenait que le caractère non consensuel de la date équivalait à une absence de date,  ni  l’instrumentalisation évidente du Collectif des victimes de Côte d’Ivoire qui déclare vouloir « s’opposer de façon énergique » au retour du fondateur du Front Populaire Ivoirien (FPI)

Cependant et en toute hypothèse, le retour dans son pays de celui qui a présidé pendant presque dix ans aux destinées de la première économie de l’Union Economique Monétaire de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA), est désormais acté ; la stérile polémique sur la date de retour pouvant être considérée comme une ultime tentative de faucons du régime ivoirien d’empêcher une situation inéluctable.  En effet, un verdict définitif a été rendu par la CPI dans l’affaire et la décision est insusceptible de recours.

En outre, conformément aux accords de coopération judiciaire qui régissent les rapports entre la Cour Pénale internationale et les États Parties du Statut de Rome, l’article 185 du Règlement de la Cour dispose que les États ont l’obligation de recevoir sur leur sol toute personne acquittée et d’en assurer le retour sécurisé.

Last but not least, le président Alassane Ouattara himself avait publiquement affirmé lors d’une interview aux confrères français de RFI et France 24 qu’acquitté, Laurent Gbagbo pouvait rentrer quand il le souhaiterait.

De fait, le vrai enjeu à moyen et long  terme de ce retour annoncé sera la place de Laurent Gbagbo dans le jeu politique de son pays. A court terme, il s’agit du caractère massif ou non de l’accueil qui lui sera réservé.  Et il  ne pourrait être que triomphal au vu  des conditions de son arrestation et de son voyage vers la Haye, considérées comme une déportation par ses partisans.

Mais surtout, au regard   de la personnalité même de l’intéressé, très populaire au-delà des frontières ivoiriennes,  en Afrique et dans le monde.

Il sera impossible d’attendre  de la part de celui  qui a été traîné dans la boue,  cloué au pilori pendant de nombreuses années, enfermé dans quelques mètres carrés loin de sa terre natale, et finalement acquitté de  chefs d’accusation les plus infâmants comme le  crime contre l’humanité ou le viol massif de femmes, de revenir chez lui par la petite porte.

Que lui et ses partisans aient envie de pavoiser le 17 juin, est  la  moindre  des revanches qu’ils puissent prendre sur leurs adversaires comme  sur leur histoire.

 

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