Une belle fête, malgré tout

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Les rideaux sont tombés dimanche dernier sur la 33e édition de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), avec le sacre du Sénégal. Ce qu’il faut en retenir est que malgré les inquiétudes sur les capacités réelles du Cameroun après deux reports consécutifs, à organiser cette grande messe du football continental, la compétition fut une belle fête avec un beau champion ; en dépit de quelques ratés et de grosses polémiques.

C’est dans l’écrin du stade Olembé, sorti de terre pour l’occasion que la CAN 2022 a rendu son verdict. Dans une opposition de style et un match sans but mais engagé, le Sénégal est venu à bout de l’Egypte, après les séances aléatoires de tirs aux buts. Si l’issue fut cruelle pour les Pharaons, il faut tout de même dire que les Lions de la Téranga, plus volontaires et plus déterminés, n’ont pas volé leur victoire.

De fait, les poulains d’Aliou Cissé très critiqué et sur un siège éjectable avant la compétition, font des champions méritants pour leur première étoile sur leurs maillots, après 16 participations et 3 finales, en presque 60 ans.

L’engagement au plus haut sommet de l’Etat camerounais pour la réussite de ce rendez-vous  démontre que la CAN est davantage qu’une compétition sportive, et constitue un véhicule d’image et de notoriété pour le pays organisateur.

L’engouement suscité par cette compétition à travers le continent et l’euphorie qui s’est emparée du Sénégal après le coup de sifflet final, à l’origine de la décision du Chef de l’Etat sénégalais Macky Sall de chômer et de payer le jour suivant, expriment le caractère fédérateur de ce sport.

Au point sans doute de faire oublier les gros ratés comme la confusion d’hymnes, les stades vides ou les bagarres, et les vives polémiques sur l’arbitrage, l’utilisation du VAR et les tests Covid considérés par beaucoup comme douteux et destinés à affaiblir certaines équipes ; ce que bien évidemment les autorités sportives camerounaises ont vivement démenti.  Plus grave, ce sont les 8 décès dont deux femmes et un enfant ainsi que les 38 blessés  officiellement enregistrés dans une bousculade qui s’est produite à l’entrée du stade Olembé à quelques heures du début du match qui opposait le 24 janvier le Cameroun aux Comores.

Le bilan, c’est aussi des questions sur le sort des nouveaux stades construits à l’occasion de la compétition : qui financera leur entretien ? L’interrogation mérite d’être posée lorsqu’on se souvient des terrains à l’abandon au Gabon après que ce pays ait accueilli les matchs de la CAN 2017.

D’autant plus que ce sont plus de 500 milliards FCFA que le pays a investis dans les infrastructures sportives et dans l’aménagement du territoire, en vue de la réception de cet événement, dans un contexte économique difficile qui aurait imposé que ces fonds soient alloués à d’autres priorités, selon certains nationaux.Dans la balance des valeurs, où mettre l’équilibre entre les urgences sociales et les dépenses de prestige ?   Peut-être qu’après une si belle fête, il est trop tôt pour aborder ces genres de questions qui fâchent.