Vous avez dit Sébastien qui ?

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Depuis plusieurs mois, un député français s’est « amouraché » du Togo, faisant de l’actualité politique togolaise, l’un des principaux sujets de son travail parlementaire. Il a multiplié les interpellations du gouvernement hexagonal sur l’élection présidentielle 2020 et écrit à Emmanuel Macron pour s’indigner face à ce qu’il considère comme une falsification de la signature de celui-ci au bas du message de félicitations, adressé au vainqueur du scrutin de l’année dernière. A ce jour, pas une seule réaction officielle des autorités de notre pays, face à l’activisme de cet élu, exclu de la République En Marche, la majorité parlementaire et présidentielle en France. A raison ! 

C’est au lendemain de l’élection présidentielle de février 2020 que Sébastien Nadot découvre le Togo et que les sympathisants et autres activistes de la Dynamique Kpodzro (DMK)  eux aussi, le découvrent.Ils en ont fait dès lors une icône de leur cause, presque heureux qu’enfin, quelqu’un s’intéresse à leur combat aux côtés du «has been» de la politique américaine Hermann Cohen,  tandis que tout ce que, la sous-région, le continent, les institutions internationales qui comptent ainsi que les partenaires du Togo, ont  tourné pour l’essentiel  définitivement cette page électorale et félicité le vainqueur, Faure Gnassingbé.

De fait, ses sorties restent inaudibles et stériles si ce n’est sur les réseaux sociaux et auprès de quelques déçus de l’échec de la présidentielle, qui rêvent toujours d’un improbable retournement de situation.

Marginal et instable

Il faut dire que la personnalité et la légitimité de l’élu français à intervenir sur l’actualité togolaise ne participent pas à crédibiliser le contenu de ses messages. En effet, élu en 2017  personne ne connaissait à cet enseignant d « ’atomes crochus » avec l’Afrique ou le Togo.Il ne siège pas dans le Groupe d’Amitiés France-Togo et les archives de l’Assemblée nationale française ne recensent aucune intervention portant sur l’amélioration de la coopération entre les deux pays, ou promouvant des actions ou projets au bénéfice du Togo. Les premières sorties sur notre pays de ce « Togophile » de dernière heure, datent de l’année dernière.

Au surplus, c’est un député à la fois  isolé quant à sa prise de position sur notre pays,  non reprise par la France officielle ni par des partis politiques ou des députés de premier rang ; et    marginal quant à son poids politique.En effet, c’est un élu d’une petite circonscription de la  Haute Garonne ( la 10è) dans le sud de la France,  qui compte  122 377 habitants, dont il a recueilli 39,31 % des 55 676 des suffrages exprimés au premier tour des législatives en 2017.

Son parcours politique reste empreint d’instabilité, d’indiscipline de groupe et marqué par des échecs.

Candidat à l’élection présidentielle de 2017, il a tenté de participer à la tête du très confidentiel Mouvement des Progressistes, à la Primaire citoyenne avant d’être recalé par  le premier secrétaire du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis.

Il choisit de se présenter tout de même mais ne réussit pas à recueillir les 500 parrainages nécessaires. Il rejoint alors l’équipe d’Emmanuel Macron futur vainqueur dont il intègre le Conseil politique.  La formation du président élu, la République En Marche (LREM), l’investit lors des législatives.

Un an plus tard, il en est exclu pour avoir voté contre le projet de budget, principal marqueur de l’appartenance à la majorité parlementaire. Depuis, après quelques coups d’éclats sans lendemain, il est désormais affilié au nouveau groupe Ecologie Démocratie Solidarité, qui comprend d’anciens autres membres de LREM.

Approximation

Les petites fiches préparées à Sébastien Nadot pour ses interventions ne sont pas forcément des réussites. Elles le conduisent régulièrement vers des lieux communs, développés et entretenus par la Dynamique Kpodzro.  Pour l’essentiel, l’élu prend à son compte certains développements abondamment relayés par les sympathisants de la DMK dont tous les esprits avertis en connaissent le caractère fallacieux et souvent mensongers.

Dans une de ses questions adressées le 02 février dernier au gouvernement français dans le cadre du parlement et intitulé « France et violation du droit électoral au Togo lors de l’élection présidentielle », dans la rubrique « Politique extérieure », il reprenait ainsi l’imaginaire histoire d’une médiation initiée par Mgr Nicodème Barrigah, à la demande de Faure Gnassingbé et tendant à un partage de pouvoir contre reconnaissance de sa défaite.

Cette pseudo-information a été rapidement et vigoureusement démentie par l’entourage du prélat et tous les avisés savent aujourd’hui comment a été construit et répandu cet épisode abracadabrantesque. Son évocation de la clandestinité dans laquelle vivrait Agbéyomé Kodjo prête aussi à sourire, puisque seul Sébastien Nadot ne sait pas que l’ancien candidat malheureux à la présidentielle a quitté le Togo et s’est installé depuis en région parisienne pour échapper aux poursuites initiées contre lui par la justice pour atteinte à la sûreté de l’Etat.

Pour le reste, la description faite de la situation générale du pays renseigne du peu de connaissance réelle que le député a du Togo, qu’il ne peut vraisemblablement pas situer  sur une carte. On comprend ainsi que la seule réponse que les autorités togolaises aient  choisie de lui apporter depuis le début de son activisme  soit le silence.

 

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