« Women Power »

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Jamais, au lendemain d’élections, un Premier ministre togolais n’a autant réuni autour de sa personne à sa nomination, un a priori aussi favorable. Tout comme d’ailleurs l’équipe qu’il a constituée. Le choix de Victoire Tomégah-Dogbé n’est pas fondamentalement une surprise, même si d’autres personnalités faisaient l’objet de pronostics d’observateurs avisés de la vie politique togolaise. Il est le résultat d’un parcours exemplaire d’une femme aux compétences établies et aux résultats probants.

Bien sûr, des réserves exprimées ça et là sur cette désignation peuvent être légitimement entendues. En effet, l’unanimité dans la désignation d’un Chef de gouvernement ne peut être espérée que dans le monde de Candide. A ces réserves, peuvent aussi s’agréger les opposants de principe, les tenants du rejet systématique de tout, les « déclinologues » et quelques misogynes refoulés.

Il n’empêche que l’opinion semble, pour une rare fois et pour une bonne partie, être en accord avec le choix de l’ancienne directrice de cabinet, ainsi que le démontrent les commentaires dans les médias et sur les réseaux sociaux. Elle valide d’abord les résultats que cette femme de terrain a obtenus au « Développement à la Base », malgré le déni d’évaluateurs autoproclamés, ne fondant leur sentence que sur leur intime conviction.

Le concept du Développement à la Base a pour ambition d’assurer durablement un accès universel de toutes les communautés et organisations à la base du Togo au minimum vital commun. Il s’agit d’améliorer les revenus des plus pauvres, de réduire la fracture sociale, en promouvant les principes fondamentaux de l’inclusion, de la participation, de la responsabilisation ainsi que de l’autonomisation des populations.

La réduction du taux de pauvreté qui est passé de 67% en 2006 à 49% en 2019 démontre que la voie choisie est bonne. Mieux que les chiffres et loin des développements des grands théoriciens économistes, qui savent tout mais ne proposent jamais rien, c’est la satisfaction des bénéficiaires, de la bonne femme revendeuse de bouillie au cœur de Lomé à la transformatrice du gari à Datcha, en passant par le jeune entrepreneur de Bafilo, qui confirme que le concept est utile pour la cité. Ensuite, le fait que le nouveau Premier ministre soit une femme explique également cette opinion majoritairement favorable.

Même si c’est nécessairement un coup politique, il confirme une tendance lourde de la féminisation des sphères décisionnelles de notre pays, considérée comme une dynamique vertueuse. Ainsi, quatre des institutions de la République sont désormais dirigées par des femmes : l’Assemblée nationale avec Yawa Tségan, le Gouvernement avec Victoire Tomégah-Dogbé, la Commission nationale des droits de l’homme avec Nakpa Polo et le Médiateur de la République dont a la charge Awa Nana-Daboya.
Mais tout cela ne suffira pas à faire perdurer l’état de grâce. Vu les urgences et les énormes défis socio-économiques auxquels notre pays reste confronté, seuls les résultats compteront pour les Togolais, à l’heure du bilan. La Première ministre et son équipe sont taillées pour. Ce qu’il faut maintenant démontrer.

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