Edito : IL N’Y AURA PLUS D’EXCUSES !

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Jean-Paul AGBOH président du CONAPP

Par Jean-Paul Agboh, Directeur de Publication

La tenue des élections législatives le 20 décembre dernier constitue une défaite cinglante pour la Coalition des 14 partis politiques de l’opposition (C14) qui a cru à tort, qu’elle pouvait avec succès défier l’autorité de l’Etat, entraver avec réussite la déclinaison du calendrier électoral républicain, et s’asseoir sur les conseils et avis des dirigeants de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest ( CEDEAO) ainsi que ceux des principaux partenaires du Togo. En se prévalant de moyens dont elle ne disposait pas et en faisant fi, de bonne foi ou aveuglément, des vrais rapports de force politique sur le terrain, elle s’est enfermée dans une logique qui ne pouvait que la conduire à un réveil douloureux, en dépit de ses exercices d’auto-persuasion sur sa capacité, fictive, à changer le cours des choses.

Quoiqu’importante que soit sa dynamique mobilisatrice, une opposition reste ce qu’elle est : une force d’opposition justement, et dans le meilleur des cas, celle de propositions. La responsabilité des gouvernants est de prendre en compte celles-ci dans la définition de leur politique et de leurs actions, parce qu’elles expriment les aspirations de leurs militants et sympathisants, et donc d’une part peu ou prou non négligeable de la population. Mais si les exigences et les positions d’une opposition devraient sans conteste, sans discussions et systématiquement s’imposer, elle ne serait plus l’opposition mais le gouvernement. Pour s’être évadée de cette réalité, la C14 a raté l’occasion, à sa place et dans son rôle, de faire évoluer qualitativement nos institutions et leur fonctionnement, à travers des réformes consensuelles. Pour s’être arc-boutés sur ses diktats à la « terre entière » alors qu’ils ne sont pas au pouvoir, Mme Brigitte Adjamagbo-Johnson et ses amis ont sabordé leur lutte légitime sur les changements constitutionnels et institutionnels, et se sont exclus du jeu démocratique dont les élections sont au cœur ; et par voie de conséquence de plusieurs institutions dans lesquelles ils pouvaient et devaient porter leur voix.

L’optimiste voit dans les difficultés, une opportunité, dit-on. De ce contexte, il faut alors savoir tirer profit. En inscrivant comme la priorité des priorités de la prochaine assemblée nationale dont la première session s’ouvre dans les prochains jours, les réformes. Cette arlésienne qui divise tant les Togolais et pollue depuis plusieurs années le débat politique. Présentés comme les obstacles à la réalisation de réformes consensuelles parce qu’arc-boutés sur leurs populistes « effets » immédiat et rétroactif, les opposants de la C14 ont laissé leurs chaises vides, aujourd’hui occupées par d’autres. De fait, il n’y aura donc plus d’excuses que le texte boudé par les parlementaires de l’ANC, d’ADDI et du CAR qui consacre la limitation de mandat avec la mention « nul ne peut faire plus de deux mandats » ainsi que l’intangibilité de cette disposition sauf par référendum ( une vraie avancée y compris par rapport à la Constitution originelle de 1992) , le mode de scrutin à deux tours pour l’élection du président, la réforme de la Cour Constitutionnelle, et qui souffre depuis le mois de novembre sur le bureau de la Commission des lois, ne soit pas votée. Pour en finir avec les sempiternelles polémiques sur les réformes et ouvrir enfin le débat sur les enjeux économiques et de développement. En tout cas, c’est le vœu que je formule pour 2019. Bonne et féconde année à tous.

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