Une richesse naturelle à valoriser

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Un caniveau de déversement d’eaux usées dans la lagune de Lomé

La lagune de Lomé qui s’intègre à un grand système lagunaire de l’Afrique de l’Ouest,  qui va de Dakar au Sénégal jusqu’à Douala au Cameroun, est une richesse naturelle pour les communautés ou pays l’ayant en partage. Elle constitue un atout pour le développement de plusieurs activités lucratives notamment le tourisme durable.

« C’est de l’or que nous négligeons », se désole  le directeur de l’École supérieure des techniques biologiques et alimentaires (E.S.T.B.A).  « J’ai vécu une expérience à Nantes (France). Pour visiter la plage qui est d’ailleurs artificielle, il m’a fallu payer 20 euros. Imaginez le coût si je faisais une visite avec une famille de 5 personnes»  raconte-t-il. Avant de s’interroger :  « pourquoi nous ne pouvons pas réussir  à le faire  chez nous ? ».

Il propose en ce sens que la lagune de Lomé surtout dans sa partie ouest soit aménagée à des fins de tourisme durable. « L’on pourra aménager cet espace, l’entretenir, et y mettre des pirogues et petits bateaux à moteur qui permettraient de générer  des revenus. L’on peut tout aussi installer des boutiques ; une belle  opportunité », est-il convaincu.

Pour les pécheurs, la lagune se rétrécit et l’envasement devient inquiétant en plus de la pollution qu’ils sont obligés d’affronter. Ils espèrent de la part des autorités communales et/ou du gouvernement,  une initiative ou projet de curage et d’aménagement de la lagune. Pour les membres de l’Association des Pêcheurs pour l’Exploitation et le Développement de l’Espace Lagunaire, l’avenir de leur activité de pêche est fortement lié à l’entretien de cette lagune.

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« Il y a de cela plusieurs années,  la profondeur du lac nord, ici où nous pêchons était de 15 mètres.  Mais aujourd’hui, il y a envasement parce  que la lagune n’est pas aménagée. Nous craignons que le niveau de l’eau ne continue à baisser  et que notre activité ne soit davantage impactée. Nous attendons donc une action des autorités. Elles doivent nous aider », plaide le président de l’APEDEL.

Le curage de la lagune se révèle être un moyen de réduction de la pollution et de la contamination des eaux.  «Entre 2008 et 2011, nous avons suivi les travaux de curage de la lagune, et les résultats de nos études ont révélé une réduction de la pollution après les travaux de curage », révèle le directeur du Laboratoire de Microbiologie et de Contrôle de Qualité des Denrées Alimentaires (LAMICODA), de l’Université de Lomé.

De même, l’on devra procéder selon le professeur GNANDI, à l’assainissement de la lagune, surtout dans sa partie ouest. Pour lui, l’assainissement va permettre de limiter les sources de pollution. Les autorités des communes ayant en partage la lagune de Lomé, ainsi que  les ministères en charge du Tourisme, de la Santé publique, de l’Eau et de l’Assainissement sont ainsi interpellés à œuvrer pour  tirer  grand profit  de cet écosystème humide au cœur de la capitale.

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