De la nécessité de repenser la gestion des déchets pour la survie du CET

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Passage d’un camion sur le pont bascule à l’entrée du CET

La mise place et l’exploitation du centre d’Enfouissement Technique d’Aképé remet au goût du jour le débat sur la gestion des déchets dans son ensemble. De la pré-collecte à l’enfouissement, il se révèle impératif de changer de paradigme.

Alléger les déchets et les dépenses

La qualité des déchets enfouis conditionne la période de vie du CET d’Aképé. De fait, les déchets enfouis à ce jour sont constitués de plus de 40 % de sable. Alourdissant les dépenses pour la mairie de Lomé qui paye à l’exploitant du site au tonnage de déchets enfouis.

« La gestion du CET représente une part importante du budget de la ville de Lomé, environ 5O%. Et dans le contexte actuel, celui qui tire parti serait l’exploitant qui est payé à la tonne. Nous avons 50 à 60 % du poids de la poubelle qui est du sable qui alourdit les déchets. On dirait que l’on dépense pour enfouir du sable », commente l’expert en gestion des déchets, Edem d’Almeida.

Au-delà du coût, la présence du sable dans les déchets est un facteur pouvant concourir à une saturation du site plus tôt que prévu.

« Le centre est conçu pour enfouir en moyenne 250 et 300 tonnes par an et sur une période de 20 années. S’il advenait que ces prévisions soient dépassées, alors le risque de fermer le Centre avant ces années de vie est imminent », indique le chef division propriété du CET, Kodjo Enoumodji.
Constitués en grande partie du sable, les déchets accueillis au CET d’Aképé ont des chances réduites de valorisation.

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« Nos déchets convoyés au CET ne sont pas de qualité à favoriser une quelconque valorisation, du moins qui puisse être rentable. Le projet de production de biogaz annoncé pourra être un échec vu la composition des déchets qui sont enfouis », indique notre expert.

Face à ces défis, il s’avère important de repenser les modes de vie et des mécanismes de pré- collecte, de collecte, et d’enfouissement des déchets.
Ainsi, urge-t-il de procéder à une éducation de toute la population sur la gestion des déchets afin de parvenir à un changement de comportement général.

« Actuellement, c’est l’un des défis. Il faut que l’on sensibilise les ménages à changer leurs comportements en termes de production de déchets. Partant de plusieurs expériences, il faudrait que la gestion des déchets soit enseignée dans les écoles », conseille le chef division propriété du district de Lomé.

Selon Maréva Matar, l’on devrait procéder à une amélioration des filières de recyclage et amener les populations à trier les déchets dans les ménages afin de réduire les coûts à la mairie. « Dans le contexte actuel, il faut que l’on arrive à réduire les coûts à la mairie en transportant et en enfouissant moins de déchets. Cela est possible en faisant du tri à la base et en améliorant les filières de valorisation des déchets », indique-t-elle.

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Pour alléger le budget alloué à la mairie pour l’enfouissement des déchets, il serait judicieux de repenser le modèle de gestion et celui économique en particulier de la filière de déchets.

« Le CET n’a pas de modèle économique aujourd’hui pour créer des emplois que ce soit ici ou en Europe. C’est une chose qui est claire. Le parallèle qu’on peut faire, c’est que le CET est financé en Europe ou en occident par des taxes, par des dispositifs règlementaires, par des dispositifs incitatifs, par des dispositifs fiscaux mais dans nos modèles ici, cela a manqué ; ce qui fait que le CET ici est conçu aujourd’hui sur un modèle où le financement provient exclusivement de prêts de bailleurs ou de subventions. Il faut donc qu’on parvienne à créer une chaine de valeur autour du CET », soutient un acteur de la filière au Togo.

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